23 septembre 2022, 9:00

THE DEAD DAISIES

Interview Glenn Hughes


THE DEAD DAISIES, le supergroupe mené de main de maître par David Lowy, est de retour avec « Radiance », sixième album enregistré à Los Angeles avec le producteur Ben Grosse.
Doug Aldrich et Brian Tichy étaient pressentis pour cet entretien et, à notre grande surprise, c'est la légende Glenn “The Voice" Hughes qui apparaît à l’autre bout du zoom, depuis sa chambre d’hôtel à New York. 

En véritable gentleman que l'on connaît, il nous parle de cet album, du groupe et de son avenir dans une atmosphère pour le moins... lumineuse.
 

« Radiance » est votre sixième album studio. Comment le considères-tu par rapport aux autres albums de THE DEAD DAISIES ?
Il est un peu différent des précédents albums, je pense. Il est plus heavy, je trouve, et surtout, il possède cette sonorité très british. Il marque clairement une évolution dans la discographie des DEAD DAISIES.

Le mot "Radiance" - clarté - véhicule une notion très positive. Peux-tu nous en expliquer plus précisément le concept ?
En effet, tu as raison. A la base, la chanson présente un riff très heavy pour moi. Ce riff, je l’ai écrit. Je voulais dessiner le portrait de quelque chose avec plein d’énergie et de spiritualité. Une spiritualité énergétique. "Radiance", c’est l'éclat de la lumière, le fait de briller. C’est l’amour universel, à mes yeux. Apporter de l’amour aux êtres spirituellement, vivre l’expérience humaine. Nous avons traversé des périodes difficiles en tant qu’êtres humains. Il y a donc, comme tu le mentionnes, ce côté émotionnel positif pour nous, toutes et tous. Je parle de la lumière, de reflets brillants au sens positif du terme. Cet éclat de lumière, c’est aussi la traduction actuelle de ma vie.    

Les DEAD DAISIES incarnent aujourd'hui une sorte de grande famille rock avec des changements perpétuels de line-up et, en même temps, presque paradoxalement, une stabilité, une constance musicale de qualité. C’est ton second album avec le groupe et tu as réussi à créér quelque chose de différent, une forme de continuité dans la rupture...
C'est vrai, les gens vont et viennent. John Corabi est parti. Brian Tichy est revenu. Moi, c’est mon second album. Les membres du groupe sont des amis et c’est une belle famille. Les fans doivent se familiariser au fait que l’on ne sait pas qui sera dans ce groupe. Nous ne le savons pas nous-mêmes (rires) ! A la base, David Lowy m’avait demandé de venir écrire des chansons pour le groupe. Ce que j’ai fait. Je suis un compositeur. C’est ce que j’apprécie le plus. J’aime écrire et composer.

L'album précédent, "Holy Ground", avait été enregistré en France. Pour “Radiance”, c’est à Los Angeles qu'il a été réalisé, mais toujours avec Ben Grosse comme producteur.
Au départ, nous voulions revenir en France, aux Studios de la Fabrique. Nous y avions passé un super moment, mais il nous était très difficile, très compliqué de voyager à ce moment-là. Nous espérons y retourner prochainement. Cette fois-ci, nous l’avons fait effectivement à L.A. avec Ben. Il possède deux studios, l'un à Burbank, l'autre sur North Hollywood. C’était beaucoup plus simple pour nous tous d’enregistrer ce nouvel album dans ces conditions. Les chansons étaient déjà toutes écrites avant que nous rentrions en studio. Doug Aldrich et moi nous en étions chargé. Nous nous sommes retrouvés tous les deux dans une salle avec Ben et ce dernier donnait son avis sur ce qui fonctionnait et ne fonctionnait pas. C’est comme ça que tout s’est créé.

C’est quoi le mode d’emploi créatif de Glenn Hughes ?
Cela débute toujours par une idée qui surgit. Je l’exprime et la mets en valeur dans mon home studio. Je teste les choses et vois comment une chanson peut en naître. Comme je te le disais, j’ai bossé avec Doug sur cet album. Si j’arrive avec une idée, Doug m’aide, tout comme l’inverse est vrai également. J’écris toujours les mélodies et les paroles. Ce processus d’écriture est le même que celui qui s'était naturellement instauré entre nous sur « Holy Ground ».

Pour « Radiance », j’ai entendu que vous l’aviez enregistré dans les conditions du live. C'était une démarche intentionnelle ou le fait du hasard ?
Yeah ! (sur un ton enjoué) J’adore enregistrer live. C’est mon mode de fonctionnement. Nous étions tous les jours dans la même pièce. C’était la même chose quotidiennement. Nous jouions les titres et c’était un super moment. Je ne suis pas fan d'envoyer des fichiers musicaux par ordinateur. J’ai bien essayé de changer, mais ça ne marche pas, ça ne me convient pas. En 2005, j’avais enregistré « Soul Mover » avec mon ami Chad Smith, le batteur des RED HOT CHILI PEPPERS. Il m'avait suggéré que nous jouions live, chose que je faisais déjà avec DEEP PURPLE bien évidemment sur « Burn » et « Stormbringer ». Mais il m'aura fallu 20 ans pour rejouer live en studio à nouveau. Franchement, c’est ce que je préfère !
 

"J’adore enregistrer live. C’est mon mode de fonctionnement. Je ne suis pas fan d'envoyer des fichiers musicaux par ordinateur. J’ai bien essayé de changer, mais ça ne marche pas, ça ne me convient pas."


Fait étonnant : il se trouve que les quatre premiers singles qui ont été présentés au public sont les quatre premières chansons de l’album. C'est assez inhabituel !  
Ce n'est pas moi qui ai choisi l'ordre de parution de ces singles mais néanmoins, ces chansons sont de grandes chansons. Je peux sentir quand des chansons vont donner quelque chose.

Quelles sont justement tes chansons préférées sur « Radiance » et, plus globalement, les points forts de ce dernier ?
(il réfléchit) Il y en a tellement selon moi. Le titre éponyme est groovy, hard rock. Un grand moment et un super titre à jouer en concert. "Hypnotize Yourself" est fantastique : il sonne comme un titre des années 1970, avec de formidables vibrations. "Face Your Fear" possède ce côté classic rock des années 1970 également. Quand j’ai amené ce riff, je me suis senti complètement moi-même. Et puis, j’adore la dernière chanson, "Roll On".

"Roll On" clôture justement l’album. C’est un titre absolument magnifique, empreint d'une multitude d'émotions... On peut se pencher un instant dessus ?
Évidemment. A Noël dernier, le manager du groupe m’a contacté pour me demander d’écrire une chanson taillée pour la radio. J’ai tout de suite eu l’idée et écrit ce qu’allait être "Roll On". Le titre s’est présenté à moi, comme ça. Je ne savais pas si le groupe allait l’apprécier. Je leur ai fait écouter, ils ont aimé et j’ai alors achevé la composition. L'idée, c'était le fait de rouler, d’être sur une autoroute, de laisser tous ses problèmes derrière soi, de poursuivre sa vie, de respirer… de continuer à respirer. C’est ce que j’ai voulu exprimer sur ce titre.

Concernant "Hypnotize Yourself", je me suis demandé si tu pratiquais l’hypnose, la méditation ou quelque chose comme ça ?
Je médite tous les jours. J’utilise ma respiration. Ce titre part plutôt sur l’idée de mettre son esprit en veille. L’esprit est un endroit dangereux, non ? (rires) Penser à quelque chose trop longtemps ou obsessionnellement, ce n’est pas bon à terme. Je préfère être dans un mode de "non-pensée", que de réfléchir sans cesse. "Hypnotize Yourself" sous-entend mettre son esprit dans un état de tranquillité, d’apaisement.

Vu cette capacité créative assez incroyable, de vos sessions de composition et d'enregistrement, avez-vous laissé des chansons de côté qui apparaîtront tôt ou tard en bonus ?
Oui, deux, et elles sont franchement fantastiques. Vous allez pouvoir les écouter prochainement. L'une s'intitule "Let It Set You Free" et l’autre "The Healer". Ce sera disponible dans quelques mois et j’espère que vous apprécierez !  

Sur un plan plus personnel, tu as passé il y a quelques mois des moments compliqués à la fin de la tournée européenne des DEAD DAISIES à cause du COVID. Et il faut avouer que les fans étaient déçus de ne pas vous avoir au Hellfest !
Je sais... Et moi, donc ! David Lowy l'a attrapé le jour où nous devions nous produire au Hellfest. Nous étions en France, en transit, et moi je l’ai eu à Paris.

Tu as réussi à vite récupérer ? 
Cela a duré deux semaines, quand même, j’étais positif 9 jours ! Mais tout va bien maintenant. 

Mais avant que cela arrive, comment se passait cette tournée ?
Super, l’esprit du groupe et de l'équipe était vraiment super ! La tournée était un moment formidable et même si elle était longue - 11 semaines sur la route -, c’était fantastique !


Comment finalement ont été engagés Dino Jelusick au chant et Yogi Lonich à la basse pour les derniers shows ? Deux hommes pour un Glenn !
Yogi est connu du groupe. David le fait jouer de temps en temps quand il ne peut pas être présent. Quand je suis tombé malade, ils ont décidé de continuer et de remplir leurs obligations contractuelles. Il restait 7 shows. Ils ont demandé à Dino de venir chanter sans préparation préalable. C’est un jeune et bon chanteur. Il a été engagé et ils ont fini la tournée. 

Quels titres de « Radiance » allez-vous privilégier sur scène ?
Ce sera "Shine On", "Hypnotize Yourself", "Face Your Fear" et "Radiance", les quatre singles préalablement mis en ligne. Il faut aussi jongler avec le reste du répertoire du groupe !

Parlons un peu projets à présent…
Pour l’instant, comme tu le vois, je fais la promo de « Radiance », de la future tournée qui arrive et je me prépare à entrer dans un cycle de concerts sur une année probablement. Après, je vais probablement retravailler avec Joe Bonamassa, Jason Bonham, Derek Sherinian. A l’heure où je te parle, il n’y a aucun plan, mais nous le ferons, ce numéro 5 de BLACK COUNTRY COMMUNION.

Après toutes ces années, tant de disques, de groupes, de contributions, as-tu encore des rêves pour des projets que tu n’as jamais encore réalisés ?
Je crois... je pense que la fin de ma carrière s’orientera vers quelque chose en solo. Je ne peux pas dire quand, en revanche. Pour le moment, je suis concentré sur les DEAD DAISIES. Je sais que j’ai encore d’autres chansons à écrire, plein de concerts à jouer et j’attends cela avec impatience. Il y a 10 ans, j’ai sorti mon autobiographie. Je pourrais réactualiser ce livre ou en écrire un autre, plutôt. Je sais que j’en ai un en moi qui ne demande qu'à voir le jour. Ce serait autour de la progression spirituelle de ma vie. 

A quoi consacres-tu ton temps lorsque tu n’es pas en studio, ni en tournée ?
Je nage. J’adore ça ! Je lis des livres. Je suis à fond dans la spiritualité et mes lectures vont dans ce sens. Je suis dans l’ouverture des shakras maintenant. Je reste attaché à l’instant présent, la méditation y contribue, en me consacrant à de jolis buts. J’ai changé de vie il y a 30 ans, époque où je fumais du tabac, buvais de l’alcool et consommais des drogues. Je suis heureux dans mon mariage. J’adore la musique. Je suis surtout reconnaissant de pouvoir respirer (rires).
 

"J’ai changé de vie il y a 30 ans, époque où je fumais du tabac, buvais de l’alcool et consommais des drogues. Je suis heureux dans mon mariage. J’adore la musique. Je suis surtout reconnaissant de pouvoir respirer."


​Ma dernière question : je suis psychiatre dans une vie parallèle. Quelle est ton addiction positive ?
Formidable ! (Il réfléchit) Comme je le disais : simplement respirer. Respirer, c’est un tout, si nous prenons juste le temps de le faire en nous réveillant. Respirer nous recentre. Si tu oublies de respirer le matin, tu empruntes un mauvais chemin. Donc, pour moi (il se met à respirer comme dans un exercice de méditation), c’est simplement de res…pi…reeeerrrr ! C’est central dans ma vie !

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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