27 novembre 2022, 15:00

Joe Lynn Turner

"Belly Of The Beast"

Album : Belly Of The Beast

Quand un chanteur légendaire aux 46 années de carrière, au CV dingue, une icône du hard rock et du heavy metal rencontre un artiste, compositeur hors pair et producteur reconnu, cela donne « Belly Of The Beast », un mariage artistique inédit et étonnant entre Joe Lynn Turner (FANDANGO, RAINBOW, Yngwie Malmsteen, DEEP PURPLE...) et Peter Tägtgren (HYPOCRISY, PAIN, ex-LINDEMANN). Leur rencontre se fait fortuitement en 2017 lors d’une réunion non prévue. Qui aurait pu penser que deux artistes aux background si différents auraient pu réliser une telle pièce de heavy metal ? L’association paraissait contre nature au départ et aurait pu voir Turner s’aventurer dans un nouveau style de metal expérimental. Il n’en est rien, bien au contraire ! A 71 ans, le chanteur nous sert une pièce de heavy metal hors pair, puissante aux sonorités modernes et au style old-school. Il nous révèle aussi son vrai visage, physiquement parlant, à l’allure d’un pharaon égyptien et sa souffrance enfouie due à une alopécie depuis l’âge de 3 ans.

La chanson qui donne son nom à l'album ouvre le disque comme un rouleau compresseur façon JUDAS PRIEST, époque « Painkiller ». Des riffs puissants combinés à une section rythmique qui défonce tout sur son passage. Des références bibliques combinées à une réflexion personnelle sur le monde sont lyriquement exprimées par Joe Lynn Turner. "Black Sun" poursuit dans un style heavy-rock, du RAINBOW moderne, et une introduction mélodique couplant claviers et riffs mid-tempo. Les mélodies sont somptueuses et envoutantes. "Tortured Soul" a ce côté symphonique et mélancolique dans l’approche du chant de Turner. Le côté sombre et mystique du titre est prenant et contraste avec ce refrain épique. "Rise Up" a cette structure musicale très moderne avec des riffs d’acier qui peuvent rappeler RAMMSTEIN. Turner brille encore de mille feux. La montée lyrique est exponentielle et les chœurs symphoniques apportent un plus à l’expression du chanteur. Le titre nous emporte. Tout est millimétré et la production magistrale.

"Dark Night" voit tout le talent mélodique sur un mid-tempo s’exprimer. "Tears Of Blood" évoque la crucifixion de Jésus-Christ et est dans la même architecture sonore que "Rise Up" avec un refrain explosif et très eighties... le « Give me a kiss like Judas » est puissant. Tägtgren fait encore ici preuve d’un talent de producteur et de chef d’orchestre hors norme. Du très grand travail artistique. "Desire" est un pur hit heavy metal. Une introduction aves ses arpèges pseudo-saturés, puis Turner fait une véritable prière sur les couplets, Tägtgren crée un raz-de-marée sonore et mélodique qui croit au fur et à mesure que la chanson se déroule. Une intensité puissante ! "Don’t Fear The Dark" a ces arrangements aux synthés répétitifs et ce côté agressif thrashy tout au long du titre. Le musicalement épique est encore plus présent que sur les autres titres de l’album. "Fallen World" est très germanique dans sa structure avec ses rimes en "tion" dans le texte. Le refrain est marqué encore par des chœurs aux allures symphoniques. "Living The Dream" est le titre heavy metal mélodique par définition avec de nombreux éléments Hard FM des anées 80 avec une production upgradée années 2020. Turner aurait pu la chanter de façon différente à toutes les époques de sa brillante carrière. "Requiem" a cette introduction très BEATLES. Ce mid-tempo très mélodique, cette ballade très moderne voit Joe Lynn Turner nous montrer un autre aspect de son registre vocal qui rappelle ce qu’il faisait avec Yngwie Malmsteen.

« Belly Of The Beast » est un chef d’œuvre musical avec ses 11 chansons qui forment un bloc musical, mélodique et épique unique. Cet album est une surprise inattendue et un joyau dans un style couplant du hard rock old-school à un metal moderne avec une production dantesque. Joe Lynn Turner et Peter Tägtgren ont marqué l’histoire du heavy metal avec « Belly Of The Beast ». Un album à avoir absolument dans sa discohèque.

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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