1 mai 2013, 12:23

MOONSPELL - INSOMNIUM @ Toulouse (Le Bikini)

 

MOONSPELL et Toulouse : une belle histoire d’amour qui dure depuis déjà 18 ans : c’est bien simple, depuis le 22 octobre 1995 chacune de leur tournée (allez, à une ou deux exceptions près on va dire), a fait escale dans la ville rose ; et toujours en compagnie d’autres groupes non moins prestigieux : MORBID ANGEL en ‘95, THERION en ‘98, KREATOR en 2000, les locaux d’AERIA MICROCOSME en 2007, CRADLE OF FILTH et TURISAS en 2009 et aujourd’hui INSOMNIUM, pas mal du tout en-effet ! Oui, si vous savez bien compter, c’est donc le sixième passage des lusitaniens dans notre ville : dans le genre, seul PARADISE LOST a fait mieux, à la différence près que MOONSPELL ne m’a jamais déçu et a toujours su renouveler ses prestations. Le cru 2013 ne fera pas exception à la règle.

 

 
 
C’est devant un parterre de fans plutôt clairsemé qu’INSOMNIUM entre en scène. Ne les ayant encore jamais vus jusqu’à présent, j’avais hâte de les découvrir "en live" : ils ne m’ont pas déçus ! Certes, leur Metal est loin d’être révolutionnaire, mais ce son si typiquement finlandais et cette exécution irréprochable (niveau technique élevé), de leurs titres est plus que convaincante. Incisif, leur Death mélodique est joué avec une grande précision ; un Metal souvent mid-tempo assez nostalgique et parfaitement rôdé (plus de 15 ans d’ancienneté tout de même, ce ne sont pas non plus des nouveaux venus). Malgré ces qualités indéniables et le fait que
 
pas mal de monde se soit visiblement déplacé exprès pour eux aussi, étrangement le public ne se déchaînera pas, loin de là : attentifs, observateurs, applaudissant poliment entre les morceaux, l’ambiance reste encore très timide. Certes, c’est pratique pour aller prendre des photos au plus près sans être bousculé (en l’absence de "pit" pour les photographes), mais bon… Un groupe a beau se donner à fond, si en face il n’y a aucun répondant l’alchimie ne peut fonctionner. Un concert ne se déroule pas que sur scène, il faut qu’il soit dans la salle entière pour qu’il puisse y avoir une vraie osmose, une étincelle de magie : bref, le principe du live en quelque sorte ! A revoir dans d’autres conditions. 
 

Et ce sentiment de malaise est également perceptible pendant les vingt bonnes premières minutes de MOONSPELL : oui, la chaleur monte avec l’arrivée sur scène de la bande à Fernando, mais c’est encore très tiède… Et pour que nos Portugais préférés  parviennent à transformer les quelques 350 personnes présentes (finalement assez peu pour un groupe de cette envergure), de simples spectateurs à de véritables acteurs du show, il leur faudra se dépenser sans compter, ce qu’ils feront assurément.
 

Pas d’écran vidéo cette fois, mais les magnifiques illustrations de Seth Siro Anton (de SEPTICFLESH) habillent avec classe une scène sobre et dépouillée.
 
Le groupe démarre avec « Axis Mundi », titre d’ouverture au rythme martial de leur dernier album, le sublime  « Alpha Noir ». Le chanteur, Fernando, portant le masque de Maximus (du film Gladiator) et scandant ses « Ipso Facto, Axis Mundi ! » dans un micro monté sur une épée ! Un peu kitsch, mais ça fait son petit effet. Comme indiqué plus haut, malgré tout le talent déployé par MOONSPELL, le public reste encore assez frileux en ce début de concert et il faudra attendre « Finisterra », son riff énorme et sa double grosse-caisse monstrueuse, pour qu’enfin la sauce prenne ! J’ai presque eu peur, mais désormais la symbiose sera totale : bon faut pas non plus s’attendre à des circle pit endiablés, du slam et pogo à tout va, mais la participation du public est enfin bel et bien là… 
 

Surtout avec la set-list de rêve qui nous attend ! Car si le groupe propose logiquement pas mal d’extraits de son dernier album (« Lickanthrope », « Em Nome Do Medo », « Alpha Noir » ou encore « Love Is Blasphemy »), tous aussi bons les uns que les autres, ce sont les fans de la première heure (n’est-ce pas Sire Cédric ?!) qui vont halluciner… On sait pertinemment qu’on aura droit à leur incontournable « Vampiria », placé soit en milieu de set, soit en rappel, c’est selon… En revanche, on ne s’attendait pas à ce qu’ils jouent pratiquement en entier (!!!)  « Wolfheart » , leur cultissime premier album, ainsi que bon nombre d’extraits de leur second méfait  « Irreligious » ! Set-list de rêve je vous disais… La première énorme surprise pour moi sera d’entendre Fernando annoncer « Ataegina » (qui au départ ne figurait même pas sur  « Wolfheart », ce fut un titre rajouté en bonus sur la réédition digipack de Century Media Records !). Ce morceau, aux accents pagan avant l’heure (1995, je le rappelle…), me replonge des années en arrière ou ce genre de sonorités « exotiques » était totalement inédit à l’époque ; quelle belle surprise d’entendre ce morceau aujourd’hui, en 2013, surtout qu’« Ataegina » sera suivi de sa "petite sœur" (dixit Fernando, qui fera pas mal d’efforts pour parler français) « Trebaruna » ! 
 

Et ce n’est pas terminé avec l’enchaînement du fameux « Vampiria » et la montée sur scène de la désormais célèbre danseuse Johanna (d’origine libanaise, on l’a déjà vu se mouvoir avec grâce sur scène aux côtés d’ORPHANED LAND, THERION ou encore Marty Friedman entre autres… Mais ses talents ne s’arrêtent pas là puisque c’est également elle qui chante la reprise de « Initials BB » de Gainsbourg sur le dernier THERION !), déguisée pour l’occasion en sombre vampire : effet garanti !
La série  « Wolfheart »  va se poursuivre avec les titres « Wolfshade », « An Erotic Alchemy » et en rappel l’indéboulonnable hymne « Alma Mater », c’est dire l’importance de ce premier album… Et concernant les titres de l’album  « Irreligious » , on aura droit à « Opium », « Awake ! », « Mephisto » et « Full Moon Madness », rien que ça !
Alors si le début de la soirée a eu du mal à démarrer, ce concert s’est fini en véritable apothéose, j’imagine si cela avait été devant le double de monde… Comme pour SPIRITUAL BEGGARS il y a quelques jours, (voir mon live-report), même si déjà vu ici à Toulouse, j’irai sûrement revoir MOONSPELL le mois prochain au Hellfest… Et lors de leur septième passage sur Toulouse !
 
 
(Plus de photos du concert dans les jours qui suivent !)
 
Blogger : Ludovic Fabre
Au sujet de l'auteur
Ludovic Fabre
Ancien collaborateur de Christophe Droit dans l'émission "Altirock" (de 1989 à 1999), Ludovic Fabre, alias "Maître Ludo", s'est ensuite fait connaitre en tant qu'animateur radio avec sa propre émission "Nocturnal Tears" (de 1995 à 2010), ainsi que pour sa collaboration, douze années durant, au sein du magazine Metallian. Toujours aussi passionné, il se consacre aujourd'hui à la photographie pour HARD FORCE, ainsi qu'à la rédaction de live-reports et de chroniques d'albums.
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