
Oyez, oyez bonnes et mauvaises gens ! Voici le troisième album de GRIFFON ! Sorti tout droit d’esprits créatifs et revendicatifs, « De Republica » assène un black metal sévère mais juste, à l’instar des textes qui le composent. Car le fond des chansons de nos compatriotes de l’extrême est toujours indissociable de la forme et on peu dire qu’avec ces six nouvelles compositions, les frappes du quatuor sont puissantes et chirurgicales.
Le black metal de GRIFFON est une véritable mise en scène avec des bruitages, des chants révolutionnaires, des récits, des atmosphères et bien sûr, des blasts beats et des riffs rentre dedans. Dès les premières secondes de "L’Homme du Tarn", qui traite de figure emblématique Jean Jaurès, on se retrouve au cœur d’un décor d’affrontement, avec le fond sonore correspondant et les chants clairs engagés. Puis c’est une musique lourde aux rythmes martelés et aux ambiances marquées qui se met en place. Entre passages rapides et moments acoustiques mélodiques, c’est une entrée en matière des plus percutantes. La révolte est en marche.
Sans surprise, la guerre et la trahison sont à l’honneur dans "The Ides Of March" avec un black metal sombre, martial, on pourrait dire révolutionnaire. Les guitares épiques et les vocaux gutturaux font mouche. Un titre accrocheur.
Le virevoltant "La Semaine Sanglante" et son côté symphonique exacerbé apporte une dimension encore plus poignante, théâtrale, grandiloquente, continuant de peindre une fresque musicale des plus appréciables.
"A L’Insurrection" est sans concessions avec des rythmes blastés, des riffs tourbillonnants. C’est une ode à la République, à la Démocratie, à la voix de l’Homme et un appel viscéral à la justice qui se traduit par une musique adroitement teintée de nuances orchestrales.
"La Loi de la Nation" s’impose comme titre phare grâce à un black metal finement ciselé, des guitares complètement galvanisantes et des lignes de chant habitées. Le titre continue de résonner longtemps et s’harmonise divinement avec le dernier "De Republica" qui vient refermer un album auquel il donne son nom, en donnant aussi littéralement la chair de poule à tout auditeur à l’écoute engagée. Un feu d’artifice digne d’un 14 juillet.
« De Republica » est indéniablement un album de black metal contemporain mais intemporel duquel GRIFFON est un habile instigateur. Profond, nuancé, grandiose et subtil à la fois, il ne fait pas que raconter l’Histoire, il nous la fait vivre et nous fait vibrer au son d’une musique incisive mais captivante.