29 mars 2024, 17:14

LABELS ET LES BÊTES

"Le coté obscur de la force métallique" - épisode 78

Blogger : Clément
par Clément


Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiance actuelle n’est pas à la franche déconnade. Nous vous épargnons la liste longue comme le bras des mauvaises nouvelles qui tombent jour après jour dans les différents médias pour tenter d’apporter un soupçon de légèreté dans ce contexte difficile. Et quoi de plus adapté qu’une bonne déferlante de metal viril dans les enceintes pour combattre la morosité ambiante, hein ? Vos trois émissaires du côté obscur de l’HARD FORCE ont donc une nouvelle fois rameuté ce qui se fait de mieux dans les contrées hostiles du metal qui tâche, histoire de garder une santiag en hiver pour la Rock'n'Roll attitude. Allez, maintenant on éteint la téloche, on respire un grand coup et on monte le son... à fond les ballons !
 

JUNON : « Dragging Bodies to the Fall » (Source Atone)

Nous avions laissé les Lillois JUNON il y a quasiment trois ans jour pour jour avec dans les feuilles un EP prometteur, « The Shadows Lengthen », qui constituait déjà une sacrée carte de visite pour les ex-membres de GENERAL LEE. Rebelote et dix de der avec cette fois un album, « Dragging The Bodies To The Fall », qui confirme tout le bien que l’on pensait d’eux.
Tout d’abord, le groupe manie toujours avec doigté le contraste entre parties mélodiques de toute beauté ("Caught In Hypocrisy Loops", "Halo of Lies") et furie hardcore-metal à en déchausser les molaires ("Dead Ends lead to Somewhere", "Another Bar To Your Cage"). Le souci du détail hante chacun de ces 9 morceaux où les musiciens livrent toute leur science du riff qui claque et du bastonnage de peaux. Mais le tout est fait avec amour, bien entendu.Tout comme en témoigne cette production réalisée de A à Z par Francis Caste dans ses forges du Studio Sainte-Marthe qui apporte un niveau d’intensité que j’ai rarement eu l’occasion de savourer sur une production hexagonale.Bravo l’artiste !
Cerise sur le gateau, l’artwork signé par les mimines expertes de Martin Catoire (guitare) et Emmanuel Poteau est juste magnifique. Avec tous ces atouts en poche, je vous garantis qu’on va parler de JUNON en 2024...
(Clem)


ACATHEXIS : « Immerse » (Amor Fati / Extraconscious)

Formé en 2016 autour d’une somptueuse triplette – Jacob Buczarski (DET EVIGA LEENDET et MARE COGNITION) derrière les fûts, Déhà à la guitare et à la basse, actifs dans une bonne vingtaine de groupes différents, et Danny Tee (LOS MALES DEL MUNDO) au crachoir –, ACATHEXIS fait son grand retour après six ans d’absence avec un deuxième album implacable.
Composé autour de 4 longs morceaux d’un black metal aux ambiances incroyables, la confrérie américano-argentino-belge a le chic pour faire naître le frisson chez l’auditeur. Et même si la prestation de chacun des membres du groupe a de quoi laisser pantois, c’est une nouvelle fois Déhà qui laisse ici éclater tout son talent pour brosser des climats uniques.
De ceux qui reflètent une mélancolie palpable, une puissance viscérale entraînant ce black metal glacé, épique dans ses tous derniers retranchements. Superbement produit par Jacob et mastérisé par Déhà, « Immerse » met la barre indécemment haut sur cet album qui tutoie la perfection à tous les niveaux.
L’une des plus belle illustrations en est cette magnifique couverture troussée de main de maître par Kieran Wakeman. J’ai beau chercher, je ne vois rien, rien n’est à jeter ici : l’immersion est totale dans cet univers à la fois d’une beauté et d’une puissance émotionnelle uniques. Rarement un album... aura aussi bien porté son nom.
(Clem)


ABOVE AURORA : « Myriad Woes » (War-Anthem Records)

Les Polonais ABOVE AURORA n’en sont pas à leurs premiers pas musicaux puisque « Myriad Woes » est déjà leur troisième album. Si le duo est passé sous nos radars auparavant, les 5 titres présentés cette année nous rappellent vivement à l’ordre.
En effet, leur black metal lourd et implacable nous percute de plein fouet grâce à des mélodies dissonantes, des riffs hypnotiques, des passages doom et atmosphériques et des rythmes parfois blastés, parfois plus groovy. Dès les premières ambiances sinistres mises en place sur le presque instrumental "Inner Whispers", on sent que l’expérience musicale va être intéressante.
Le très envoûtant "Efforts To Fail" empreint d’une grande mélancolie avec ses growls transcendés et ses guitares drone black rivalise d’intérêt avec le plus brut "Horns Of Dread". Mais c’est bien le dernier, "No More Shall The Boulder Dscend", qui donne un goût de reviens-y à l’album.
En effet, ses passages récités, ses riffs cinglants et ses mélodies addictives referment l’album sur une touche de mystère, de mysticisme même, des plus appréciables. Le black metal d'ABOVE AURORA est transcendant, mais sans artificialité aucune. « Myriads Woes » est juste, précis, efficace. A découvrir sans hésiter.
(Aude Paquot)


ALKHEMIA : « Abraxas » (Malpermesita Records)

ALKHEMIA est un jeune groupe de black metal mélodique français qui a vu le jour, lui aussi, en 2020. Cinq musiciens ont alors uni leurs efforts afin de retranscrire musicalement leur critique de notre société industrialisée, moderne, mais en perdition.
Leur premier album, « Abraxas », délivre une musique à la fois rapide et captivante, avec des rythmes blastés, mais aussi des atmosphères funestes. Les growls caverneux se confondent à merveille avec les riffs vifs et les passages les plus mélodiques nous plongent dans un univers dystopique fascinant à la George Orwell. Des titres comme "Toxicon" ou "Transhumanization" sont de véritables déferlantes de black mélodique saisissant, riche et entêtant.
L’intro acoustique de "Primaveal Pantheon", qui s’ouvre sur un rythme martial et des riffs secs, font du morceau une petite pépite de black metal qui nous paraît familière, alors que le théâtral "Reminiscence Quintessence" termine l’album de manière grandiose.
Les riffs tourbillonnants, les blast beats et les atmosphères du morceau tiennent l’auditeur en haleine jusqu’à la dernière seconde sans lâcher prise. ALKHEMIA sait capter l’attention et son black metal énergique agit comme le chant des sirènes, faisant de « Abraxas » un album imparable. Alors, vous laisserez-vous séduire ?
(Aude Paquot)


SURGERY : « Living Dead » (Great Dane Records)

Chaque mois, les trois chroniqueurs de la rubrique Labels & Les Bêtes se décarcassent pour trouver dans la sphère Internet les pépites du moment, les albums qui méritent une attention plus soutenue que la moyenne.
Si les découvertes de chefs-d’œuvre s'avèrent ici quand même plus rares (quoi qu'il paraîtrait que Crapulax en a trouvé plus que les autres, information à prendre au conditionnel...), dans les milieux autorisés, on s'accorde à dire que globalement, la rubrique propose d'excellents choix !
Bon à savoir : SURGERY ne dérogera pas à cet avis général tant leur thrash death se montre irréprochable de bout en bout. Dans sa variante la plus old school qui soit, allant jusqu'au choix de la pochette qui rappelle aux bons souvenirs de ceux du « Power and Pain » de WHIPLASH ou du « Fistful of Metal » d'ANTHRAX, SURGERY déploie son art certes classique, mais exempt de la moindre faute de goût et d'une incontestable efficacité.
Les riffs tiennent bien la route, chaque titre possède une empreinte propre même si l'on reste principalement dans du mid-tempo tout le long.
Bref, tous les signes de la maturité pour cet excellent troisième album des Slovaques.
(Crapulax)


SUBLIND : « The Cenosilliacaphobic Sessions » (Autoproduction)

C'est toujours un plaisir de se rendre compte à quel point la vague du metal touche le monde entier et qu'aucun pays n'en réchappe ! Ainsi, le Luxembourg, 660 000 habitants seulement, abrite les thrashers de SUBLIND, groupuscule qui gagne franchement à être connu.
Un groupe petit mais costaud, comme le dirait un slogan publicitaire des années 80, fort de ses titres rapides hyper nerveux qui frisent le crossover (même si l'influence est moins prégnante que sur « Thrashing Delirium », le premier album) et surtout de ses parties solo exemplaires qui fileraient des boutons à n'importe quel guitariste !
Même la splendide pochette représentant une pinte de bière cassée, que ne renierait pas TANKARD (certains textes également !), atteste du niveau d'excellence global dégagé sur ce deuxième album sorti l'année dernière. Dans les pas de CARNAL FORGE niveau intensité, jubilatoire donc, SUBLIND n'a pour seul défaut que de résider dans un petit pays, chose qui pourrait lui porter préjudice en freinant son expansion.
Ça n'en prend pas le chemin puisque les Luxembourgeois ont eu l'occasion d'ouvrir pour pas mal de monde (EXODUS, DEATH ANGEL, WARBRINGER, SATYRICON, BENEDICTION, etc.) mais si par malheur cela arrivait, ça serait franchement dommage.
(Crapulax)

Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
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