17 juin 2024, 16:57

JASTA

"...And Jasta For All"

Album : ...And Jasta For All

Séance de rattrapage avec Jamey Jasta et son side-project JASTA, notre fou furieux de HATEBREED vient d’autoproduire « ...And Jasta For All ». Joli clin d’œil à une des pièces maîtresses de METALLICA, jusque dans la pochette où dame Justice devient sieur Jasta. Allons écouter si la sonorité à également un lien musical avec l'album des piliers du thrash.

Incroyable est ''TheySee Us As Prey'', avec son introduction classieuse et instrumentale, où claque la batterie alors que les riffs renâclent dans leurs boxes, jusqu’à un départ pour un clash-thrash of the titans. De la fulgurance, de la violence, des moulinets dans les cordes huileuses oui, l’audace de faire référence à METALLICA n’est en rien prétentieuse, le morceau claque dans notre trognes sceptiques avec aisance et force. Magnifique dans son inspiration qui puise dans toute le thrash de la Bay Area. D’ailleurs, d’extrait en extrait nous voyons défiler les guests-stars du genre.

"Armor Your Mind" vient tabasser très lourdement nos oreilles façon grand saigneur, Kerry the King pourrait être à l’œuvre, avec la pointe hardcore de Jamey Jasta. Dieu que c’est bon, et efficace ! "Create The Now" poursuit avec Chuck Billy de TESTAMENT et nous secoue comme il faut, avec l’exacte dimension épique de ce metal dont l’insolence sauvage remonte à 1981.

"R.M.P.C" conjugue la sauvagerie du chant hardcore avec les riffs thrash-punk de Scott Ian d’ANTHRAX. Encore une fusion réussie, vive et fracassante. Loin d’être un clin d’œil, le genre est subtilement utilisé pour le propos du poète urbain. "Suicidality" succède avec un pamphlet metal lourd et épileptique, avec Phil Demmel à la guitare... sauvage. C’est d’un savoureux mes amis, ce skate-thrash ! Puis retour à un thrash épique avec la voix hargneuse de Steve ''Zetro'' Souza, la EXODUS touch fait son effet.

Passés les invités de luxe, JASTA poursuit sa route dans un "Ring Of Truth" gorgé de thrashcore et avec une rythmique dantesque qui jamais ne relâche la pression.  Cap sur "Terminal Lucidity", où la musique tonne en introduction comme le chantait Jean-Jacques Goldman, avant que les riffs n’arrachent du sol un paquet de décibels merveilleusement secoués comme un Orangina rouge. "No Dream Is Free" est un hymne ultime, rapide et définitif, du hardcore old-school, frappé par des soli hennissants. Le frontman de ce JASTA est, à l’instar de Kerry King, grand saigneur. Les salutations seront très distinguées avec "The Phoenix Way", morceau savamment calculé pour offrir une dimension Jastallica qui zone un peu au ''South Of Heaven'' avant de plonger tête la première ''Into The Pit'', l’hommage ou le détournement, le choix est laissé à l’appréciation de chacun, fait de cet album une pépite, un étendard musical référentiel de l’âge d’or du riff thrash.

Bravo à Jamey Jasta et son JASTA pour ses compositions magistrales, j’espère que cet outsider ne passera pas inaperçu, car il s’agit d’un must have. Il faut lui rendre Justice !

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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