10 octobre 2025, 10:55

FAETOOTH

"Labyrinthine"

Album : Labyrinthine

Entendez-vous cette musique au loin ? Ce chant si aérien et parfois si terrifiant, cette basse pesante, cette batterie puissante et cette guitare lancinante... Seraient-ce des fées ? Gagné ! C’est le fairy-doom du trio californien FAETOOTH qui lance les hostilités automnales dès le 5 septembre avec son nouvel album « Labyrinthine ». Amateur.ice.s de l’été, faites place ! C’est l’heure des feuilles qui craquent sous les pieds, des jours de pluie qui n’en finissent pas et des histoires de fantômes qui nous terrifient. Si vous ne connaissez pas encore ce trio, il est temps de vous pencher sur le groupe formé par Ari May à la guitare, Jenna Garcia à la basse et Rah Kanan à la batterie. Après un passage remarqué sur la Valley du Hellfest cette année, il y a fort à parier que vous les recroiserez à maintes reprises dans les lieux dédiés au fuzz et aux musiques lourdes.

« Labyrinthine » s'écoute dans un environnement qui permet d’apprécier à sa juste valeur la dentelle sonore proposée par le groupe. Après un premier EP dans lequel la rage qui anime le trio est fortement perceptible et un premier album déjà riche de sonorités lourdes, ce deuxième album nous plonge une nouvelle fois dans le fairy doom du groupe, savant mélange de doom, de sludge et de shoegaze qui flirte par moments avec un post-metal de grande qualité. Les nappes sonores nous enveloppent dans une brume fuzzée en forme de bruit blanc, parfois plus sludgée comme sur le puissant "It Washes Over". La basse est grasse, la batterie apaise le BPM et la guitare se fait plus discrète, comme si elle ne cherchait plus qu’à être un rai de lumière qui transperce l'obscurité de l'album.

Les variations de rythme permettent également d’apprécier toute la palette sonore du groupe, comme un camaïeu de bleu poussiéreux qui se déploie tout au long des 54 minutes de l’album. Après le brouillard sonore de "White Noise", le début du calme "Eviscerate" est saisissant de beauté et le chant clair doucement réverbéré résonne d’autant plus fort qu’il est vite rejoint par les cris. Heureusement, l'album ne se déroule pas d'une traite et on peut compter sur "October" pour ménager une courte pause dans l'océan de détresse et de désespoir que peint « Labyrinthine ». La mélodie y est plus douce et, une fois n'est pas coutume, le trio s'approche davantage d'un rock indie plus classique pour offrir un calme bienvenu aux oreilles avides de sensations fortes.

Enfin, il est important de préciser que les cris qu’on croit inspirés par une possession démoniaque sont bien ceux de Jenna Garcia. Si le single d’ouverture "Iron Gate" nous berce avec sa belle mélodie douce et planante, les cris possédés nous rattrapent bien vite, d’abord par leur présence discrète en fond sonore avant de se faire de plus en plus présents et dérangeants, jusqu’à provoquer des frissons dont les échines se souviendront longtemps. Les cris hantés atteignent l’apogée de leur puissance sur "Mater Dolorosa" et, lorsqu’ils s’unissent au chant clair comme sur "Hole", l’ensemble est presque surnaturel. C’est à se demander si le trio vient tout droit d’un monde parallèle dans lequel les fées ont été torturées avant d’assister à la mort de leurs êtres chers.

Blogger : Ivane Payen
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