Après avoir fait ses armes au sein de TREMONTI et tracé son chemin en suivant les pas de son père et de son oncle qu’il secondait à la basse au sein de VAN HALEN, le temps était venu pour Wolfgang d’aller de l’avant. S’il a commencé sa carrière solo, sur le même schéma, avec deux albums intitulés "Mammoth WVH" (2021) et "Mammoth II" (2023) sous le nom de MAMMOTH WVH – rappelant l’importance de l'héritage – le musicien a su montrer qu’il n’est pas simplement le fils d’Eddie Van Halen, mais bel et bien un multi-instrumentiste doublé d’un compositeur inspiré.
En mai dernier, le prodige revient avec le premier single qui donne son nom au nouvel album : « The End ». Loin d’annoncer la fin, cette chanson enflammée marque le début d’un nouveau départ. L’envol, tout feu tout flamme, d’un surdoué que les singles "The Spell" et "The Same Old Song" ne font que confirmer. « The End » est en quelque sorte la fin d’un deuil, et le temps est venu de se libérer du poids de l’héritage pour laisser le talent s’exprimer. Rapidement après une introduction en arpège triste, "One Of a Kind" se révèle être un titre énergique et puissant qui confirme que Wolfgang est unique en son genre.
Lorsque vient le moment de découvrir "I Really Wanna", nous n'avons qu'une seule envie : que le plaisir auditif délivré par les quatre précédents titres se poursuive. "I Really Wanna" dégage manifestement une volonté partagée de se faire plaisir. Plus mélancolique, "Happy" n’est pas sans rappeler l’esprit grunge de NIRVANA, prouvant que l’héritage culturel de Wolfgang ne se limite pas à celui de son patronyme. Avec son riff accrocheur et son rythme entraînant, "Better Off" continue de nous ravir. Si « The End » n’est pas musicalement révolutionnaire, il apporte bien quelque chose de nouveau, comme le confirme "Something New" à travers sa fraîcheur et son énergie qui véhicule une bonne humeur communicative.
L’art de la composition est certainement un acte d’égoïsme qui pousse l'auteur-compositeur à se faire avant tout plaisir. Toutefois, lorsqu’il offre le résultat au public, cet acte d’égoïsme est susceptible de se transformer en altruisme. C’est exactement le genre de réflexion que l’écoute de "Selfish" nous inspire. "All In Good Time" vient conclure magnifiquement un album lumineux, chaleureux et riche d’un positivisme addictif. Comme quoi tout arrive au moment opportun pour celui qui sait attendre.
Si, depuis la disparition de son père, Wolfgang nous a montré qu’il est capable de ne pas vivre dans l’ombre de son géniteur, il confirme avec ce 3e album qu’il est en mesure de faire vivre de manière subtile et intelligente son héritage, faisant de MAMMOTH un préquelle musical promis à un bel avenir. Comment pourrait-il en être autrement quand un musicien multi-instrumentiste, qui maîtrise aussi l’organe vocal, est capable de faire oublier le poids de son patronyme au profit de son talent ?