8 novembre 2025, 23:59

THE OFFSPRING + SIMPLE PLAN + DYNAMITE SHAKERS

@ Nanterre (La Défense Arena)

Blogger : Tom Binet
par Tom Binet


C'est ce que l'on peut appeler un retour en force. Après plus de 40 ans de carrière, THE OFFSPRING continue de faire pogoter le monde entier sur ses hymnes devenus universels au fil du temps, le tout avec une ardeur largement retrouvée ces dernières années. Nouvelle illustration de ce renouveau pour Noodles et sa bande : ce concert complet au sein d'une Défense Arena bondée des heures avant les hostilités, prête à en découdre. Une soirée pour se remémorer sa jeunesse pour certains, la prolonger comme on peut ou la vivre à fond pour d'autres. Et célébrer le punk rock, plus vivant que jamais.
 

C'est le premier constat qui s'impose en arrivant aux abords de la Défense Arena, plusieurs heures avant le début du concert : 41 ans après ses débuts, THE OFFSPRING parvient aujourd'hui à réunir aussi bien des quinquagénaires qui ont vécu leurs heures de gloire depuis les premières loges, que des plus jeunes, heureux de continuer à faire vivre des légendes du genre. Un public diversifié qui découvre d'abord les Vendéens de DYNAMITE SHAKERS. Ou les redécouvre, la jeune bande menée par Elouan Davy – célébration de la jeunesse dans une soirée placée sous le signe du revival des anciens bien établis – ayant déjà ouvert pour SUM41 dans ces mêmes lieux il y a à peine un an. Sept titres et une petite demi-heure d'un rock dans sa plus pure tradition qui génère un engouement modéré au sein d'une salle encore en train de se remplir. Et qui économise un peu d'énergie, bien consciente de ce qui l'attend par la suite ?

La suite, justement, s'appelle SIMPLE PLAN. Son énergie communicative, sa bonne humeur à toute épreuve et ses tubes sont connus de tous. À en juger par le nombre de déguisements de Scooby-Doo dans la foule, les Canadiens sont eux aussi très attendus. Et ne se gênent pas pour faire monter l'ambiance de plusieurs crans d'un coup, exigeant des gradins qu'ils se lèvent dès "Jump" et enchaînant les hits, repris en cœur par plus de 40.000 personnes. "Jet Lag", "Addicted" ou encore "Welcome to My Life" permettent au public de se chauffer les cordes vocales, avant de s'amuser comme des enfants avec les ballons envoyés pour accompagner "Summer Paradise". Une euphorie collective malheureusement interrompue par un sérieux message de sécurité... pour l'habituel running gag de "What's New Scooby Doo ?" avec l'arrivée sur scène de plusieurs performeurs vêtus du costume du célèbre personnage, venus électriser la scène.

Pierre Bouvier et sa bande ne manquent pas non plus l'occasion d'interpréter "Nothing Changes", composé pour la bande-son du documentaire « Simple Plan : The Kids In The Crowd », sorti l'été dernier sur Amazon Prime et qui retrace les 25 ans de carrière du groupe. Un concert « incroyable », comme le répète le vocaliste à de nombreuses reprises, qui atteint son climax avec "I'm Just a Kid" et ce slam du batteur Chuck Comeau, devenu chanteur pour un instant, vêtu d'un maillot du PSG floqué à son nom. Ne reste alors plus que "Perfect" pour clôturer cette démonstration, avant de donner rendez-vous au public parisien le 31 octobre 2026, du côté de Bercy.


L'attente touche alors à sa fin avant que n’arrive THE OFFSPRING. Le temps d'une entracte assez improbable à base de kiss cam, booty cam et autre look-a-like cam avec des ressemblances plus ou moins tirées par les cheveux. Survolée pour la première fois de la soirée par un drone dirigeable « Intermission », la foule s'amuse et monte en pression jusqu'à l'arrivée sur scène des petits gars du Comté d'Orange. Et cette fois, l'Arena s'embrase pour de bon. Devant des écrans tantôt cartoonesques, tantôt psychédéliques (tantôt les deux à la fois), Dexter, Noodles and co démarrent pleine balle, avec la même ferveur qui leur avait permis de retourner la Mainstage 2 du Hellfest à l'été 2024. Les fans ne s'y trompent pas et hurlent leur plaisir dès "Come Out and Play", sans jamais baisser en intensité par la suite. Le guitariste star de la bande semble particulièrement ravi d'être là, s'amuse, joue avec le public entre chaque titre, sans jamais se départir de son humour décapant. D'ailleurs, bonne nouvelle : la soirée vient de battre un record du monde avec très précisément 4 351 932 personnes présentes !

  
© Lilian Ginet | HARD FORCE


Si l'on est en droit de douter des chiffres avancés par la figure emblématique du groupe, le plaisir, lui, est bien présent. Encadrée par deux squelettes gonflables géants, la petite bande se déchaîne. Au cœur du show, Dexter et Noodles décident de se lancer dans une série de reprises, de BLACK SABBATH ("Paranoid") aux RAMONES ("I Wanna Be Sedated"), en passant par "Crazy Train" du regretté OZZY OSBOURNE. Un moment de calme relatif au milieu de la tempête – avec parfois quelques longueurs, pour qui voudrait chipoter – qui voit notamment les deux squelettes disparaître au fil d'un court solo de batterie offert par le polyvalent Brandon Pertzborn, arrivé dans la formation deux ans auparavant. Et poursuivi dans un instant de grâce quand Dexter interprète "Gone Away" au piano accompagné de 40.000 lumières de téléphones dansant au fil des paroles.

Le temps d'une dernière reprise ("Hey Jude"), et il est déjà l'heure de lancer le bouquet final à deux mille à l'heure. "Why Don't You Get a Job ?", "Pretty Fly (for a White Guy)", avec la venue sur scène de la star du clip sorti il y a plus de 20 ans, Guy Cohen, "The Kids Aren't Alright"... Les fans de longue date en ont pour leur nostalgie. Ils ne sont d'ailleurs pas au bout de leurs émotions, ravivées par un rappel de deux titres : "You're Gonna Go Far, Kid" et bien sûr "Self Esteem" en guise d'apothéose d'une soirée placée sous le signe du revival des années 1990/2000 et des grandes heures du punk rock. Plus que jamais de retour au premier plan.


Photos © Lilian Ginet - Portfolio

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