24 novembre 2025, 23:13

Sari Schorr

@ Paris (New Morning)


Cela fait maintenant plus d’un an qu’on attend un nouvel album studio de Sari Schoor. La chanteuse américaine, après une longue carrière de choriste, notamment auprès de Popa Chubby, Taj Mahal ou Walter Trout, s’est lancée en solo en 2016, et a depuis sorti deux disques studio et un live, dans un registre blues rock, qui peut virer vers le hard rock/classic rock. 
Si vous faites partie de ceux qui regrettent le virage de plus en plus jazzy pris par Beth Hart ces dernières années, Sari Schorr peut vous parler et saura vous consoler. Signalons que c’est également elle qui tient le micro sur le fort recommandable « Joyful Sky » de Robin Trower, publié en 2023. 
L’artiste nous avait donc promis un album en 2025, lors de son concert donné au New Morning de Paris, en novembre 2024.
Hélas, elle revient les mains vides, pile un an plus tard, toujours au même endroit. Ce qui peut sans doute expliquer la faible affluence en ce lundi soir dans la capitale. 
Heureusement, Sari Schorr et ses accompagnateurs, parmi lesquels l’excellent guitariste britannique Ash Wilson, et le claviériste Bennett Holland (vu par le passé auprès de Manu Lanvin), n’en ont cure. Eux ont plutôt envie de fêter dignement ce soir le concert de clôture d’une tournée européenne de deux mois, qui a l’air de s’être bien passée, puisque "nous n’avons même pas été arrêtés", plaisante Sari Schorr. 
En tout cas, Sari, toujours aussi enjouée et sympathique, n’en rate jamais une pour se mettre le public dans la poche. Comme lorsqu’elle explique que, puisqu’elle est à Paris, elle a enfilé sa plus belle lingerie, celle qui lui a coûté plus cher que sa première voiture ! Précisons toutefois que nous sommes obligés de croire la dame sur parole, car c’est quand même dans un ensemble pantalon/veste "noir de chez noir" et bien rock qu’elle monte sur les planches.
Grande dame du blues rock, Sari Schorr revendique immédiatement son titre par deux chansons emblématiques de son registre, « Ain’t Got No Money » et « Demolition Man ». Et même si la troisième de la soirée, une reprise du « Ready For Love » de MOTT THE HOOPLE (devenu plus tard un classique de BAD COMPANY), est une ballade, Sari la truffe de vocalises haut perchées à forte teneur décibélique.
Mais la chanteuse vient du blues, et nous le rappelle de fort belle manière lors d’une autre reprise, celle du « Call I Stormy Monday But Tuesday Is Just As Bad » de T-Bone Walker, plein d’émotion. Bien sûr, les musiciens remettent le turbo juste derrière avec un excellent « Love The One You’re With », un titre accrocheur qui devrait figurer dans le prochain disque.


Retour au blues avec « Joyful Sky », en provenance du répertoire de Robin Trower, avant un nouvel inédit, à nouveau fort intéressant, « Highway 69 », testé sur scène depuis déjà pas mal de temps. 
Si Sari Schorr est la vedette incontestable de la soirée, elle laisse tout de même une large place à ses musiciens. Sur le « Oklahoma », en début de show, le bassiste se lance soudain dans un exercice funky à base de basse slappée. Sur la reprise du célèbre « I Just Wanna Make Love To You », de Willie Dixon, ce sont tous les zicos qui ont droit à leur 3 minutes de gloire, chacun pondant son petit solo qui va bien. 
C’est bien foutu, plutôt rapide, on n’a pas le temps de s’ennuyer mais, honnêtement, nous ne sommes pas encore prêts à revendre notre « Live » de FOGHAT qui contient une déclinaison du morceau nettement plus directe.
Le concert se termine avec « Ordinary Life », « Damn The Reason » où la voix de Schorr file littéralement des frissons, puis un remuant « Valentina », à l’issue duquel l’Américaine invite les spectateurs à envoyer leurs photos et films de la soirée sur ses réseaux sociaux. 


Les musiciens sont alors sur scène depuis une heure 40, mais en ont encore sous le capot. Le public aussi, qui réclame le retour des ménestrels en chantant le riff du « Seven Nation Army » des White Stripes.
Sari remonte donc sur les planches en nous promettant une surprise, qui n’est autre qu’une reprise du « Rock And Roll », de LED ZEPPELIN, dans une version vraiment sauvage. Ce qui est ici pour nous l’occasion du seul petit coup de griffe de ce report : ce morceau, aussi génial soit-il, n’est absolument pas une surprise, puisque la formation le joue tous les soirs sur cette tournée. Pourquoi donc le présenter ainsi ?
Nos hôtes terminent avec une jolie ballade, la bien nommée « Beautiful », allongeant la prestation jusqu’à presque 2 heures.
Pas mal pour une fin de tournée, même si quelques dates auparavant ont eu droit à un morceau de plus… Et on attend donc de pied ferme un nouvel album studio, Mme Schorr !

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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