17 janvier 2026, 17:30

CREEPER

Interview William von Ghould


Quasiment inconnu en France avant la sortie de « Sanguivore » en 2023, CREEPER est revenu en grande pompe en 2025 avec « Sanguivore II: Mistress Of Death », un album aussi varié que grandiloquent, aussi original que réussi. À l’occasion du passage du groupe à la Salle Pleyel avec ICE NINE KILLS et THE DEVIL WEARS PRADA, nous avons pu rencontrer William Von Ghould, leader du groupe de vampires britanniques.
 

« Sanguivore II: Mistress Of Death » est sorti il y a quelques semaines et il a reçu énormément de retours de la part des fans et des médias. De manière générale, que penses-tu de ces retours ?
William von Ghould : Ils m’ont dépassé. Je le dis beaucoup en ce moment, mais c’est bizarre parce qu’on est un groupe étrange et qu’on fait les choses de manière un peu différente. Nos albums sont plutôt à l’ancienne et notre style musical n’est pas nécessairement à la mode. Donc le fait de voir de jeunes enfants enthousiastes pour quelque chose qui sonne comme cet album est vraiment prometteur ! Je trouve très encourageant que de la musique comme celle-ci soit également consommée de cette manière. C’est très cool !

Le premier « Sanguivore » devait marquer la fin d’une époque pour le groupe. Qu’est-ce qui vous a fait continuer et vous a permis de vous lancer dans « Sanguivore II: Mistress Of Death » ?
Eh bien, ce qui est étrange, c’est que quand on a commencé ce cycle, ma copine qui s’occupe de notre maquillage nous a maquillés pour un clip dans lequel on voulait représenter, de façon très exagérée, des vampires un peu kitsch, un peu comme « Floor Show » de la comédie musicale Rocky Horror Picture Show : à la fin, ils ont de grands cercles sur le visage. David Bowie a d’ailleurs repris ce maquillage sur la couverture de « Pin Ups ». C’était un maquillage très exagéré qui ne devait servir que pour le clip. Puis on a joué les concerts pour la sortie de l’album et on voyait des gamins venir avec le même maquillage. Dans le public, on voyait tous ces enfants avec le maquillage et les costumes du clip alors qu’on ne les portait pas sur scène. On s’est donc dit qu’on devrait commencer à le faire. C’est ce genre de choses, des idées qui se sont enchaînées et qui nous ont fait réaliser que les gens se sentaient connectés à cet album. J’ai eu du mal à croire à quel point les gens étaient à fond dans ce truc ! Ce sont vraiment les retours de ces gamins qui nous ont fait nous dire : « Okay, peut-être qu’il y a plus de choses à faire avec ça ». Et puis on s’amusait trop pour arrêter ! L’histoire de « Sanguivore II » est une belle histoire : c’est l’album que les fans nous ont demandé de créer, ce qui n’était jamais arrivé avant. On est vraiment chanceux que ça ait été le cas et que les gens s’y intéressent assez pour nous pousser à le faire !

L’album est construit autour d’une histoire de vampires des années 1980 : des vampires "sleazy" sont poursuivis par la "Mistress Of Death". Comment étaient les sessions d’écriture pour arriver à un scénario aussi flamboyant ? Est-ce que c’était comme du théâtre d’improvisation dans lequel on rajoute des détails au fur à mesure ?
Non. Pour être honnête, il a été écrit plutôt de la même manière que le premier. Souvent, je m’asseyais au piano chez moi et j’assemblais des idées de refrains. Je les enregistrais sur mon téléphone puis on se posait chez Tom Dalgety, notre producteur qui a travaillé sur l’album. Parfois, il avait des idées de riffs et on échangeait autour de ça. Mais l’idée de ce concept est venue de notre tournée aux États-Unis : je me suis demandé ce qui ferait un bon album et ce qui imiterait assez la réalité. À l’époque, on jouait des chansons un peu dans le style des années 80, déguisés en vampire au beau milieu des États-Unis (rire) ! L’histoire s’est assemblée assez naturellement donc je me suis dit qu’on allait faire un album de rock des années 1980 en étant des vampires à cette époque (rire) ! C’était déjà le "moodboard" avant même qu’on commence !

Quand on écoute des opéras rock comme celui-ci, « The Black Parade » de MY CHEMICAL ROMANCE, ou même « American Idiot » de GREEN DAY, on se demande toujours ce qui a été écrit en premier : avez-vous écrit l’histoire avant la musique en adaptant celle-ci au scénario, ou plutôt l’inverse ?
Généralement, j’écris une grande narration puis on écrit des chansons qui s’adaptent à l’histoire. C’est plus facile de faire comme ça. À chaque fois qu’on a essayé de faire l’inverse, on a fini avec un résultat un peu compliqué et confus. Cette fois, on avait une histoire et on savait qu’il fallait écrire des chansons qui correspondaient à des parties de la narration. C’était donc très structuré.

Quels sont les livres ou les films qui ont inspiré « Mistress Of Death » ?
Il y a eu beaucoup de supports visuels pour celui-ci. Il y avait The Lost Boys et le film Near Dark avec Bill Paxton. C’est un super film de vampires qui est sorti à peu près au même moment que The Lost Boys. Une grande part de notre look, que ce soit le violet, les lunettes de soleil ou les vestes en cuir, venait de Near Dark. David Bowie et The Hunger étaient aussi une grande influence sur cet album. Pour la "Mistress" elle-même, on voulait en faire une sorte de monstre de film d’horreur classique. Un mélange entre Van Helsing et la créature de Frankenstein. C’est un peu comme un bourreau hyper musclé, qui est d’ailleurs une figure récurrente dans le heavy metal. L’idée, c’est que dès qu’on entend les chansons et le titre de l’album, « Mistress Of Death », on se dit qu’elle est beaucoup plus sexy qu’elle ne l’est vraiment alors qu’en réalité, elle est vraiment très musclée et terrifiante. On pensait que c’était une manière plutôt marrante de détourner ces clichés classiques.

C’est vrai que la pochette est frappante : quand on la voit chez le disquaire, on se dit : « Oh, ça, ça doit être hardcore ! » (rire)
Ouais (rire) ! C’était une des choses les plus drôles de cette couverture. Je savais que je voulais une bodybuildeuse dessus, et j’ai été à une convention de catch professionnel à Manchester. Puis j’ai rencontré cette fille qui s’appelle Sarah : elle faisait un cosplay de la catcheuse Chyna qui avait du succès des années 1990. Je l’ai appelée et on a fait ce shooting de dingue, ça avait l’air super cool ! Ça donnait l’impression d’une couverture d’album classique des années 1980. En plus, je trouvais que la couverture semblait plus hard que l’album lui-même (rire) ! L’album était très théâtral et démesuré, mais encore une fois, on voulait jouer avec les attentes autour de l’album.

Comme tu l’as dit, c’est très démesuré et dense. Ça m’a fait penser à THE CRAMPS qui jouerait « The Rocky Horror Picture Show » après avoir écouté beaucoup de GHOST et de THE 69 EYES (rire) !
Génial ! J’adore ça, je le prends pour un compliment ! J’adore THE 69 EYES aussi ! J’ai chanté avec eux sur scène le mois dernier en Angleterre quand ils jouaient à Manchester. Je connais Jyrki via Internet et quand il a su que je venais, il m’a demandé si je voulais chanter "Lost Boys", j’ai tout de suite dit oui (rire) ! J’adore ce groupe, c’est une grande influence sur cet album.

Comment avez-vous réussi à capter l’essence des années 80 en seulement 42 minutes ?
Je pense que c’est parce qu’on aime vraiment la culture des années 1980 en Amérique, en particulier du rock des années 1980. C’était vraiment énorme pour nous. Donc je ne sais pas trop comment, mais j’imagine que c’est parce qu’on a écouté énormément de metal et de pop des années 1980 comme Billy Idol par exemple. Il y avait une vraie richesse dans ces chansons. Je pense que le fait de nous entourer de ça et de regarder beaucoup de films de cette époque, ça a fait que l’album est devenu ce qu’il est. On s’est un peu imprégnés de tout ça.

Il y a effectivement énormément de ces influences là-dedans, avec quelques riffs un peu revisités comme sur "Blood Magic" qui rappelle "Heaven Is A Place On Earth" de Belinda Carlisle. Selon toi, quel est l’élément qui indique qu’il s’agit de votre son et pas de celui de Belinda Carlisle par exemple ?
Je pense que c’est grâce à notre côté joueur : on ne se prend pas au sérieux. Beaucoup de groupes sont très sérieux à propos de leur travail mais je trouve que cet état d’esprit est un peu artificiel. Dans le groupe, on essaie de ne pas être artificiels. Ensuite, on trouve notre sincérité derrière le maquillage et le côté stupide. C’est vraiment le cœur du projet. On essaie d’adopter une démarche qui soit à l’inverse de celle de la plupart des groupes. C’est intentionnellement stupide et démesuré. C’est censé faire rire et, si on fait bien les choses, ça fera pleurer aussi. C’est ce qu’on essaie de faire.

"Prey For The Night" est un de mes morceaux préférés de l’album, avec un son très hard FM. Peux-tu nous donner l’ingrédient secret d’une chanson addictive comme celle-ci ?
Eh bien tu sais quoi ? Celle-ci est intéressante parce qu’on l’a écrite il y a très longtemps, sur notre deuxième album (« Sex, Death and The Infinite Void », ndlr) ! On était à Los Angeles avec un producteur appelé Xandy Barry. On a écrit une poignée de chansons qui n’étaient pas adaptées à l’album en cours, mais on aimait le refrain de celle-ci et on l’a gardée au chaud pendant très longtemps. Puis on a commencé à écrire cet album avec Tom Dalgety et j’ai dit : « J’ai cette chanson qui date d’il y a très longtemps ». On l’a passée à la moulinette de Tom Dalgety, elle est ressortie en sonnant un peu comme les SISTERS OF MERCY et c’était parfait ! Cet album a été fait un peu à Los Angeles et un peu au Royaume-Uni à travers cette chanson (rire) ! C’est cool d’avoir la combinaison de ces deux albums sur ce titre en particulier.


Une autre chanson que j’ai beaucoup aimée était "Razor Wire" qui a ce côté à la TWIN TEMPLE qui dénote beaucoup avec le reste tout en restant dans votre style.
J’adore TWIN TEMPLE ! On a tourné avec eux aux États-Unis l’année dernière ! J’adore ces gens.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur l’importance de ce morceau dans l’album et sur sa construction ?
J’ai écrit cette chanson pour Hannah (Greenwood, la claviériste et chanteuse du groupe, ndlr). Sur le dernier album, j’avais tenté d’écrire quelque chose pour elle mais je m’y suis pris un peu tard. La chanson que j’ai écrite à l’époque était cool mais sonnait un peu comme du Leonard Cohen donc elle n’avait pas vraiment sa place sur l’album. On l’a mise de côté mais je savais que sur ce nouvel album, je voulais écrire une chanson pour elle parce qu’elle est brillante et que c’est une super chanteuse. À vrai dire, elle est bien meilleure que moi (rire) ! Je voulais vraiment qu’elle soit au centre de celle-ci. J’ai donc essayé d’écrire quelque chose qui ressemblerait à "Edge Of Seventeen" (de Stevie Nicks, ndlr) ou "Black Velvet" (de Alannah Myles, ndlr). Je voulais que ce soit comme d’utiliser un muscle qu’on n’a pas utilisé depuis longtemps, voire qu’on n’a jamais utilisé. Donc on est parti là-dessus et je lui ai envoyé une démo de moi qui chantais la chanson. Ça sonnait comme si j’étais fou ! Je lui ai dit : « C’est ce que je voulais qu’on fasse : tu vas prendre l’identité de la Mistress Of Death ! » et elle a déchiré ! J’ai du mal à croire à quel point cette chanson est belle, c’est incroyable !

On ressent également très fortement l’influence des SISTERS OF MERCY sur l’album. La narration est d’ailleurs assurée par Patricia Morrison, qui a fait partie du groupe de 1987 à 1989 ! Comment s’est passée cette collaboration avec elle ?
C’est une très bonne amie à moi ! Je l’ai rencontrée il y a de nombreuses années parce que j’adore THE DAMNED, c’est un de mes groupes préférés. J’allais à une remise de prix à Londres, Dave Vanian entrait et il fallait que je le rencontre. Donc on a tous signé des autographes dehors, il nous a rejoints et je l’ai rencontré pour la première fois. Je lui ai dit quelque chose comme : « Je suis ton plus grand fan, je viens te voir en concert depuis que je suis tout petit et j’adore ton groupe ! ». Il m’a demandé dans quel groupe je jouais et m’a répondu : « CREEPER ? Oh on est déjà venus vous voir » ! Sa femme était Patricia Morrison et il se trouve qu’ils ont amené leur fille Emily voir CREEPER pendant des années. C’était vraiment génial ! On s’est très bien entendus et on est amis depuis des années. Patricia avait déjà fait de la narration pour moi sur « Sex, Death and The Infinite Void » et quand je faisais cet album de vampires des années 1980, je me suis dit que je devrais peut-être demander à mon amie qui a été une icône gothique des années 1980 et qui serait parfaite comme narratrice. Donc je lui ai envoyé un SMS et elle a dit oui. On est allé chez elle, on l’a enregistrée puis on a mangé un curry et c’était génial (rire) ! Je lui ai donné des notes très minimalistes parce qu’elle est tellement cool naturellement ! C’est une des personnes les plus cool que j’aie rencontrées. Et évidemment, son histoire avec le punk-rock est dingue ! Elle a été membre de tellement de groupes influents comme THE GUN CLUB et THE BAGS. Donc oui, c’était incroyable. Elle l’a fait avec tant d’aisance et si rapidement… C’était à peine croyable ! Puis on a passé la soirée tous ensemble, c’était super cool (rire) !

L’Orchestre Philharmonique de Prague est aussi impliqué dans l’album. Qu’as-tu ressenti quand tu as entendu ta musique jouée par un orchestre ?
Ça ne ressemble à rien d’autre. En particulier pour cet album, qui parle d’excès et qui comporte une sorte de mur de son à la Phil Spector, c’est un énorme bénéfice. Tom avait toutes ces vidéos des musiciens qui jouaient les morceaux seuls, c’était dingue d’entendre ça. J’étais très ému et je pense que ça ajoute ce côté cinématique à l’album. On a l’impression de regarder Le Seigneur Des Anneaux ou quelque chose comme ça tellement c’est énorme (rire) ! Mais c’était super cool !

Ça ajoute aussi ce côté « Bat Out Of Hell » de Meat Loaf à l’album !
C’est un de mes albums préférés de tous les temps. Je pense même que je préfère « Bat Out Of Hell II: Back Into Hell » ! Mais oui, l’album a un côté à la Jim Steinman qui ne se fait plus trop aujourd’hui. Il n’y a pas beaucoup de sons à la Jim Steinman donc on est heureux de porter cette bannière !

On a une expression en français qui dit « jamais deux sans trois ». Est-ce qu’on peut utiliser cette expression et parler d’une trilogie « Sanguivore » ?
C’est une très bonne question ! Je ne sais pas. Il faut savoir que le groupe et moi voulons faire quelque chose uniquement si c’est excitant ou si ça va explorer autre chose. Avec « Sanguivore II », je ne voulais pas juste retravailler « Sanguivore », il y a une croissance artistique entre les deux. Donc si je trouvais quelque chose qui me faisait ressentir qu’une nouvelle progression est possible, même une petite, je serais très intéressé. Mais j’y tiens beaucoup, c’est un peu mon bébé. Je préférerais arrêter le groupe que de faire quelque chose de médiocre. Il faut que je sois inspiré pour le faire mais j’espère que je le ferais car j’aimerais beaucoup. Quand ça viendra, je le saurai et je percevrai l’étincelle de l’imagination. Mais actuellement, je n’ai pas le temps de faire quoi que ce soit parce que je suis constamment en tournée (rire) ! Donc oui, j’espère qu’un jour je pourrai.

C’est vrai qu’avec toutes ces tournées ça doit être compliqué de se poser pour composer !
Exactement ! L’année prochaine sera très active aussi ! J’ai quelques mois au début de l’année prochaine avant que la tournée ne commence donc peut-être à ce moment-là… On verra !

Quelle chanson de l’album correspondrait le mieux à ton humeur aujourd’hui ?
Je dirais "Mistress Of Death", le premier titre. Elle est pleine d’énergie et prête à démarrer !

On imagine que vous reviendrez peut-être en France en 2026… Que peuvent attendre les fans d’un concert de CREEPER en tête d'affiche ?
On adorerait revenir en tête d’affiche ici ! Il a fallu un moment pour que la France embarque avec nous mais maintenant, on sent que le public français commence vraiment à nous soutenir, ce qu’on adore. On adore venir ici, donc mon ambition à long terme est de commencer à proposer à la France et à d’autres pays européens le show qu’on joue chez nous. Souvent, on est beaucoup plus connus chez nous que dans les autres pays donc on ne peut pas venir avec tous les tambours et trompettes que nous avons. On essaie de construire un spectacle à la Alice Cooper en Angleterre et on ne peut pas toujours l’emmener ici. La dernière fois qu’on a joué en France, c’était vraiment super et j’espère que ce soir, on va se faire connaître de plus de gens. Plus on peut amener de monde dans une salle, plus le concert peut être marrant ! Mais même sans les tambours et les trompettes, je pense que c’est toujours un moment spécial de jouer pour des gens qui nous aiment et qui ont un lien avec nous. J’ai hâte de sortir chanter des chansons avec les Français !

Et comment adaptez-vous les deux histoires de « Sanguivore » en live ? Est-ce que vous y donnez un côté « Welcome To My Nightmare » d’Alice Cooper, comme tu viens de le citer ?
J’adorerais que ce soit comme ça ! On n’a pas encore fait le concert complet au Royaume-Uni, c’est toujours en construction. Actuellement, notamment pour le concert de ce soir, on a trente minutes mais tout respecte le lore à la lettre. On prend vraiment des mesures extrêmes pour être en costume tous les jours. Dans le lore, je me suis fait arracher un œil à la fin de la dernière campagne, avec un pieu, donc je dois passer environ une heure et demie à me maquiller avant chaque concert pour respecter cet élément de l’histoire. Ça prend une plombe (rire) ! Puis on joue trente minutes et il faut encore une heure et demie pour le retirer, et ça tous les putain de jours (rire) ! Mais c’est très important pour moi que le concert soit aussi théâtral que la musique, même quand on ne joue que trente minutes. Donc oui, quand on aura la chance de jouer des concerts plus longs, ce sera très théâtral.

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