Aujourd’hui nous allons parler de ARCHVILE KING, et l’écouter évidemment, un groupe français qui a attiré mon attention. Son nouvel album est « Aux Heures Désespérées ».
Une charge de blasts qui sort d’une brume un froid d’hiver glacial, avec autant de riffs possédés, voici "Riposte". Une voix rauque qui glisse sur une devanture en velours et nous scotche tels des mouches dans une toile gluante. ARCHVILE KING, avec le nommé Baurus, seul aux commandes, s’est révélé sur son premier album. Voici qu’il développe son atmosphère black/thrash metal avec un cachet qui lui est propre, une sombritude habillée de médiévale attitude. Le genre d’unicité qui me rappelle l’authenticité de HOULE et AEPHANEMER. Une french-touch dans un genre si nordique habituellement. Alors que retentit "Le Chant des Braves" la musique s’aventure vers un côté assez entraînant, une gigue black mélodique du plus bel effet, où les riffs déchirent le masque mortuaire qu’imprime les éclats de la rythmique. Je suis toujours autant fasciné.
ARCHVILE KING fait entrer "L’Excusé" sur un balancement obsédant digne du pendule d’Edgard Alan Poe. Les guitares dans leurs folles évolutions se font aériennes, la voix est chaude et profonde. Je pense à KANNONENFIEBER car c’est très épique dans son déroulé. "Le Carneval du Roi des Vers" s’annonce dans une série de craquements sinistres, pour entamer une chevauchée furieuse de blasts et de coups de pinceaux thrash. Ce compositeur français a déjà une identité black maîtrisée, cela ne doit pas tenir à grand-chose pour que les programmateurs lui fassent la cour pour dévaster leurs salles (cette chronique pourrait-elle être ce "pas grand-chose" ?) "Sépulture" émerge d’un champ gelé sur une mélodie synthétique façon Hammer Films, avant un labourage dudit champ avec les sabots rageux de l’imposantes batterie et des riffs tranchants. Et le chant, mortuaire au possible, dissipe la brume avec sa limpide précision. Classieux et cérémoniel, peut-être même Emperor-ial ?
Voilà "Aux Heures Désespérées". Une gigantesque fresque qui balance son hurlement black râpeux (pas rapé attention) sur l’autoroute qu’ouvre des secousses rythmiques et des riffs frénétiques. Quelques breaks, on respire de mélodieuses déclinaisons de metal ciselé, avant de nouvelles déferlantes, puis on est submergé par cette musique païenne et sauvage. Enchaînement vers la conclusion qu’est “À ces Batailles Abandonnées“, ARCHVILE KING lâche de toutes ses forces une ultime déclaration d’amour au black metal. Rugissements des corps et des cris, déchaînement des instruments. Nous nous disons au-revoir sur "...Et Aux Hommes Misérables“, un instrumental intimiste glissant sur des cordes sèches qui nous amène à une réflexion sur les moments furieux qui ont précédés. Voilà qui est fort bien pensé, et pesé.
J’ignorais tout de ARCHVILE KING. Ce deuxième album est une tuerie interstellaire comme on dit chez moi. Jetez-vous dessus !