
Quelques mois après la sortie de la pépite « I Feel The Everblack Festering Within Me » au début de l'automne, LORNA SHORE est de retour en Europe pour une tournée particulièrement attendue. Le 4 février à Lyon et le lendemain au Zénith de Paris, la bande de Will Ramos aura l'occasion d'entretenir une nouvelle fois sa cote de popularité dans l'Hexagone. À quelques jours de s'envoler pour le Vieux Continent, le chanteur nous raconte sa hâte d'embraser les scènes françaises, tout en démontrant que le groupe Américain est bien devenu l'un des principaux ambassadeurs du deathcore.
Votre tournée démarre dans quelques jours. As-tu des habitudes ou des rituels à l'approche de ces moments-là ?
Will Ramos : C'est surtout beaucoup de temps passé à faire ses bagages, s'assurer que tout soit prêt, préparer tout le matériel pour la scène. On pourrait croire qu'il s'agit simplement de faire ses lacets et c'est parti, mais en fait on a pas mal de boulot devant nous avant de partir.
En septembre, lors d'une précédente interview, tu nous racontais avoir parfois du mal à être excité à l’approche d'une tournée. Qu'est-ce qui te donne envie de jouer ces nouveaux morceaux en particulier ?
On a déjà commencé à jouer certaines chansons en live donc j'ai une idée de la difficulté que cela va représenter. Pour ma part, jouer quelque chose de nouveau et frais me donne toujours hâte. On y est presque : on voyage vers l'Europe dès le 15 (janvier), donc ça va venir vite !
Lors de votre dernière venue en Europe l'été dernier, seul "Oblivion" faisait partie de la set-list. Quelle place allez-vous faire à « I Feel The Everblack Festering Within Me » cette fois ?
On va jouer plusieurs nouveaux titres que l'on n'a jamais joués en live. Je ne te dirai pas lesquels pour ne pas gâcher la surprise, mais c'est déjà un bel indice ! J'espère qu'on aura le temps de répéter avant tous ensemble parce que ce sont des chansons que l'on n'a absolument jamais jouées (rires). J'ai hâte, y compris parce que ce sont des chansons que les gens réclament souvent.

Dans ce nouvel album, tu abordes des sujets personnels, notamment à travers les paroles. Comment penses-tu que cela va se traduire en concert ?
J'ai le sentiment que beaucoup de gens utilisent le scream comme un instrument pour faire semblant d'être en colère ou se donner un air malveillant, ce genre de conneries. Mais je suis persuadé que cela permet aussi d'exprimer un sentiment de désespoir, de montrer que l’on est triste. Il y a tellement de moyens de l'utiliser... Dans cet album, j'ai vraiment essayé de pousser ces curseurs au maximum : si je dois avoir l'air désespéré, autant avoir l'air super désespéré. Même si les gens ne comprennent pas les paroles, j'espère que les émotions passeront par la voix elle-même.
En France, on vous verra donc à Lyon puis à Paris les 4 et 5 février. Que peut-on attendre de ces deux dates ?
Beaucoup plus d’interactions en français de ma part ! « Cassez votre cou ! » Je crois que c'est ça, non ? « Break your neck ! » Je passe beaucoup de temps sur mon Duolingo et bien sûr, ma copine est française : elle me demande tout le temps de parler français et je crois que je fais de vrais progrès ! Tout le monde se moquera certainement de moi, mais je vais essayer. Plus sérieusement, il y aura une grosse production, probablement la plus importante que l'on ait jamais eue. Chaque fois que l'on repart en tournée, c'est quelque chose de différent, donc ce sera intéressant.
J'ai eu la chance de vous voir plusieurs fois en concert et l'été dernier au Hellfest. J'ai eu l'impression que vous aviez franchi un nouveau cap dans votre notoriété ici, en France. Ces deux concerts sont-ils l'occasion rêvée d'entretenir cette dynamique ?
J'adore jouer en France, passer du temps dans votre pays et ça m'aide à mieux performer sur scène. Là où il y a du confort, il y a la capacité de mieux faire donc c'est super. Ça va être fou de jouer deux fois dans le même pays.
Comment avez-vous choisi les groupes qui seront en première partie comme WHITECHAPEL, SHADOW OF INTENT et HUMANITY'S LAST BREATH ?
J'adore WHITECHAPEL. On a tourné plusieurs fois ensemble, c'est un groupe incroyable. Ce sont des bêtes, impressionnants sur scène. En plus, ce sont de bons gars, très professionnels donc on les aime. On dirait presque un festival à la maison parce que SHADOW OF INTENT fait également partie des groupes avec lesquels on est parti en tournée un million de fois. Il y a ici plusieurs représentants d'une des versions les plus heavy du deathcore. Plus personnellement, j'ai aussi grandi en voyant SHADOW OF INTENT devenir un groupe majeur sur la scène metal. Pour ce qui est de HUMANITY'S LAST BREATH, on n'a jamais eu la chance de jouer avec eux, mais eux aussi sont incroyables.
Étant donné que vous vous connaissez déjà, qu'est-ce que cela fait de repartir en tournée ensemble ?
Il y a un certain « je ne sais quoi » (en français dans le texte) à ce sujet. Ce n'est pas juste du travail, mais du travail avec des amis au côté desquels tu te sens bien. Quand tu te réveilles le matin dans la salle de concert suivante et que tu sens épuisé, voir une tête familière n'est pas la pire manière de commencer la journée.

Pour en revenir à votre passage au Hellfest l'été dernier, tu étais monté sur scène avec de drôles de lunettes. Est-ce que tu nous réserves d'autres surprises côté "outfit" cette fois ?
(Rires) C'était une manière de s'amuser un peu. Tu es au travail, et même si c'est le job le plus cool du monde, personne n'aime trop ça donc autant y mettre un peu de fun. Peut-être que la prochaine fois je mettrai une fausse moustache, mais je ne vais pas te révéler tous mes secrets maintenant.
Quelle est la première chose qui te vient à l'esprit en pensant à la France ?
J'ai rencontré ma copine en France ! C'était lors d'un concert qu'on a joué il y a plusieurs années. Pour cette raison, la France aura toujours une place à part dans mon cœur. On passe à chaque fois par Paris et on va manger à Kodawari : c'est l'un de mes restaurants de ramens préférés dans le monde. On se croirait vraiment au Japon dès qu'on y entre, c'est incroyablement bon. J'apprends toujours un peu plus de vocabulaire en français et ça se passe toujours à merveille sur scène. C'est assez fou de se sentir immergé dans cette culture à la fois si semblable et différente.
Une nouvelle année vient de commencer alors que 2025 a été assez folle pour vous. Au-delà de votre succès, quelle a été ta principale source de fierté lors de l'année écoulée ?
Honnêtement, ma plus grande fierté de l'année est d'avoir sorti cet album. On a tous travaillé tellement dur pour y arriver, pendant tellement de temps. C'est l'album qui nous a pris le plus de temps dans toute notre carrière. On a fait plein de trucs cools, on est allés au Japon, mais la plus grande fierté, c'est celle-là. L'année qui vient promet d'être encore plus folle. J'espère qu'elle nous amènera encore plus loin, quoi que cela puisse vouloir dire. Du moment que l'on continue de s'amuser en faisant ce qu'on fait, c'est le plus important.
En dehors de la tournée à venir, que peut-on vous souhaiter pour 2026 ?
Plus d'Europe, disons-le comme ça. Sachez déjà que l'on reviendra avec VENGEANCE, pour les festivals de nouveau et qui sait quoi d'autre encore. Ce sera l'année des tournées, on ne va pas s'arrêter et on va visiter le plus d'endroits possibles.

