1 février 2026, 00:22

LABELS ET LES BÊTES

"Le coté obscur de la force métallique" - épisode 99

Blogger : Crapulax
par Crapulax


Vous savez comment on appelle Joe Duplantier qui court comme un dératé sur une pelouse la tête en l'air ?
Un Gojirafe.
Voilà, voilà... Tant qu'à démarrer l'année, autant le faire d'une manière totalement lamentable, ça laisse un délai d'un an suffisant pour s'améliorer ! C'est pas mieux que ceux qui l'ont commencée en commettant l'erreur de se peser ou ceux qui en sont à leur quinzième galette des rois et qui n'ont toujours pas eu la fève, non ?
La rubrique des Labels & Les Bêtes démarre donc 2026 avec ce pétard mouillé d'un humour potache style blague Carambar mais comme il s'agit du numéro 99, on peut encore se le permettre !
Cela signifie surtout que le mois prochain s'annonce d'un tout autre NIVEAU ! Un niveau festif plein de surprises et de cadeaux (mais sans la compilation des 2 meilleures blagues annuelles de Crapulax, promis !) D'ici là, bonne écoute à vous avec cette nouvelle fournée de croustillantes nouveautés !
 

YELLOW EYES : « Confusion Gate » (Sibir Records)

Shame on me ! Oui, je suis en effet passé à côté du septième album du clan New-Yorkais paru fin octobre dernier chez le désormais défunt Gilead Media. Qu’à cela ne tienne, il n’est jamais trop tard pour croiser le fer ! Surtout lorsque l’on a affaire à l’un des représentants les plus affûtés de la scène black metal américaine actuelle. « Confusion Gate » s’inscrit ainsi en contre-plongée de son grand frère « Master's Murmur », qui baladait l’auditeur dans les sombres recoins du dungeon synth, puisqu’il renoue avec les racines féroces et complexes d’un style bien à lui. C’est donc à grands coups de mélodies épiques et dissonantes que YELLOW EYES remet le couvert, usant en plus de ces traditionnelles rythmiques, dont raffolent ses compatriotes KRALLICE et WOLVES IN THRONE ROOM, des synthétiseurs et des instruments d'époque qui renforcent son caractère archaïque et mystérieux. Presque mystique. Il flotte ici une atmosphère d’un autre temps : le son y est organique, brut, bardé de mousse et de lichens, enveloppant ainsi cette œuvre d’une mélancolie rurale, archaïque.
YELLOW EYES ne se contente pas de livrer un nouvel album : il parachève ici une mutation entamée avec « Master’s Murmur ». Et si son prédécesseur explorait des textures ambient et médiévales, ce nouvel opus les réintègre dans un maillage black metal d’une complexité vertigineuse. Un "must have", tout simplement !
(Clément)


TURPITUDE : « Mordoré » (Autoproduction)

Véritable stakhanoviste de la scène black metal Québecoise, Alice Simard est à la tête de pas moins d’une quinzaine de projets qui explorent toutes les facettes du genre avec une abnégation, une passion qui a de quoi laisser pantois. TURPITUDE, l’entre d’entre eux, compte déjà trois albums parus en trois ans et ce quatrième méfait démontre l’amour évident de la jeune femme pour un style débridé, furieusement dissonant qui évoque les froides contrées Ukrainiennes. L’on retrouve en effet le charme des vieux DRUDKH, une pincée de HATE FOREST, un soupçon de WINDSWEPT, les climats rudes et enneigés d’une terre brûlée.
Mais si la base reste bel et bien ce black metal rugueux et habité, Alice y injecte une lumière nouvelle, une couleur « mordorée » qui vient réchauffer la noirceur habituelle de ses compositions. Ses vocalises, toujours aussi viscérales, semblent lutter contre les éléments. L’on ressent ici une influence plus marquée du post-black, non pas dans un polissage excessif du son mais dans l'ampleur des structures et l'émotion brute, déchirante, juste, qui s'en dégage.
« Mordoré » est un album qui indique une maturité palpable dans la mise en place de ses compositions, sa conceptrice y confirme un vrai talent pour créer une œuvre profondément personnelle où la rugosité du son n'est finalement qu'un subterfuge pour laisser exploser une sensibilité artistique à fleur de peau. Vite, la suite !
(Clément)


AKERIUS : « A Secret Shelter At The End Of A Long Journey » (Autoproduction)

Fort de ses nombreuses inspirations musicales, le réunionnais Aker Aeon revient avec la plus médiévale et ambiant : AKERIUS. Il n’en est évidemment pas à son coup d’essai puisque « A Secret Shelter At The End Of A Long Journey » fait partie d’une longue liste d’albums d’un dungeon synth largement inspiré de l’univers de Tolkien. Mais il est très à propos en cet hiver rigoureux avec une bande son envoûtante et réconfortante à écouter à la lueur d’une bougie. Les passages d’arpèges à la guitare acoustique, les synthés aériens, les atmosphères éthérées lui confèrent une réelle aura, sombre mais ensorcelante. Même l’entrée dans la Moria et la rencontre avec le Balrog semblent être une formalité avec les notes de piano et les effets sonores légers. Le vol des Nazguls est fluide et le voyage en Terre du Milieu semble sans encombre. Bref, grâce à AKERIUS, on vit une aventure épique mais sereine, sans heurts. Le voyage s’achève à l’abri d’un refuge réchauffé par un feu dans l’âtre, guitare acoustique à la main et des idées d’histoires futures plein la tête, les rires le prouvant. Et on compte bien sur Aker Aeon pour nous amener au loin, encore et encore.
(Aude Paquot)


MASCHARAT : « Ars Aurea Mortis » (Remparts Productions)

MASCHARAT, originaire de Milan en Italie, est un groupe de black metal dont le deuxième album, « Ars Aurea Mortis » sort chez Remparts Productions en ce début d’année. Concept album dont les racines puisent dans la tradition des masques vénitiens et la symbolique de la transformation de l’être par le costume, il contient huit titres d’un black lourd et ésotérique. Car au-delà de la mutation corporelle, « Ars Aurea Mortis » nous parle avec savoir de l’alchimie, de la transformation des métaux et de la matière en général sur fond de riffs sourds, de rythmes rapides et de vocaux caverneux. Si chaque morceau a ses propres caractéristiques et véhicule un message particulier, notamment les quatre titres centraux, l’ensemble de l’œuvre constitue une fresque à écouter sans discontinuer avec la consistance d’une atmosphère ritualiste et ancrée dans la philosophie. Un voyage initiatique entre alors en scène entre le Masque et son fidèle, comme s’ils ne faisaient qu’un et bien évidemment, on se laisse prendre au jeu. MASCHARAT a cette faculté de nous captiver, nous enrôler presque. On est séduit par la musique sombre, l’esthétique recherchée et le sens profond. A méditer.
(Aude Paquot)


SKULLD : « Abyss Calls To Abyss » (Time To Kill Records)

Après un premier album répondant au doux nom de « The Portal Is Open » sorti en 2024, les italiens remettent enfin le couvert !
Au menu est proposé en entrée : "The Blink", un plat très épicé à base de death metal underground vigoureux qui ravivera vos papilles.
Ensuite on vous propose "Wear The Night As A Velvet Cloack" comme plat principal à base de grosses patates à la batterie sur sauce rythmique graveleuse qui risque de faire du dégât dans tout circle-pit qui se respecte. Ou bien "Healing The Wound" excellent en bouche et montant en saveur au fil des minutes. Il passe plutôt bien avec du blanc, mais un vin rouge peut aussi convenir.Du "Accabadora" ? Un peu âpre au palais mais c'est un bon choix !
En dessert, et pour terminer sur une note parfumée plus douce, "Mother Death" saura assurément vous surprendre par son début lancinant syncopé qui tranche avec les rythmes chaotiques qui s'ensuivent, parfois plus thrashy, parfois plus frénétiques.
Un double expresso "Sacred Fires" très fort en arabica pour terminer la dégustation ?
(Crapulax)


SACRIFICIAL DEATH : « Absolute Katharsis » (Soman Records)

La Grèce est à l'honneur en ce début d'année avec ce quator athénien qui sort là le tout premier album de sa courte histoire.
Un album de thrash metal mâtiné de death (essentiellement pour les vocaux) qui n'est pas sans rappeler les premiers pas de SLAYER dans la façon de composer (écouter le début de "Eternal Damnation" ou "Baptised In Blood And Fear"). Une nouvelle plutôt bonne qui va d'emblée combler nombre d'entre nous, à minima susciter notre curiosité, et dont la production assez modeste vient renforcer ce côté old-school à l'ensemble.
Excellentes parties solo à noter également ("Fetch Us Their Souls", "Abysmal Wrath"), assez proches de ceux de Gary Holt dans SLAYER toujours mais période « Repentless » cette fois.
Bref un démarrage sympathique et enthousiasmant pour SACRIFICIAL DEATH qui n'a pas choisi le style qui marche le mieux en ce moment mais visiblement celui qui leur tient le plus à cœur et c'est ça qui plaît. Une découverte que l'on doit à Soman Records (SHAOLIN DEATH SQUAD, BLUDY GYRES), un label bordelais bien de chez nous au nez creux !
(Crapulax)

Blogger : Crapulax
Au sujet de l'auteur
Crapulax
Véritable touche-à-tout venant du metal underground : ancien animateur radio de l'émission TRANSAM ROAD (1989/1995), rédacteur de fanzines (CREME D'ANDOUILLE), ex-chanteur et guitariste rythmique au sein du groupe de Post-Hardcore SCREAMING SHORES (2006/2011). Également artiste graphique : affiches de concerts, jaquettes de démos, logos, caricatures de stars du Metal et divers comics (SEXUAL TENDENCIES, PAPY METAL, NEOBLASPHEMATEURS).
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