Sur ses réseaux sociaux, SEX SHOP MUSHROOMS annonce que l’album « 131217 » sera « + brut + cru + live ». Quand on sait que le quartette composé de Timothée Leporini (voix, guitare), Giulia Vinciguerra (batterie), Cyprien Ortuno (basse, voix) et Victor Cresseaux (batterie) n’est pas spécialement connu pour son calme, une telle formule a de quoi faire monter la barre des espérances. Vous l’aurez compris : ce deuxième album cherche à frapper les esprits et les oreilles. Au programme : guitare qui rembarre, batterie qui crie, basse qui décrasse et voix qui aboie.
L’héritage du grunge de NIRVANA se fait sentir à chaque instant des onze titres de « 131217 ». Mais alors que le premier album de SEX SHOP MUSHROOMS était qualifié de trop lisse pour un disque qui revendique son appartenance à ce style, celui-ci s’approche davantage d’une sonorité sale, pas finie, qui grésille comme un ampli mal réglé. Pas si surprenant quand on sait que l’album a été mixé et masterisé par Jack Endino, personnage légendaire ayant contribué à l’émergence du grunge à Seattle.
Le son du groupe se situe dans cette lignée, entre insouciance de la jeunesse et maîtrise sonore, le tout vêtu d’une apparente nonchalance et surtout d’une forte rage. Il n’en fallait pas plus pour ce deuxième album qui arrive moins de deux ans après son prédécesseur, « God Doesn’t Exist ». Et si vous pensiez qu’il ne s’agit là que d’une façade, vous pouvez foncer sur le site Internet du groupe où l’on peut télécharger le premier album gratuitement. Si le soutien à la scène locale est important, l’accès sans conditions à la musique l’est encore plus.
Une fois ce programme établi, l’album nous plonge dans des sonorités volontiers agressives dont la puissance ne fait que monter. Le ton est donné par "Help Me I’m Cumming" : la voix déraille et les cymbales prennent le pas avant que la basse ne les rattrape, le tout pour exhorter les personnes attentives à sauter de toutes leurs forces. "Juicy Victim" et sa montée en pression complètent parfaitement le premier titre : on a déjà envie de tout foutre en l’air et ça ne fait pas dix minutes que l’album a commencé. Les cris sont nombreux tout au long des 34 minutes et traduisent tout aussi bien l’ironie mordante du groupe dans "Nice Place To Die", que le drame dans "Today My Girlfriend Is Dead". Le groupe parvient toutefois à ménager quelques moments de respiration dans les passages instrumentaux de "Mush" et "131217" dont la ligne hypnotique de guitare et la batterie cathartique amènent un souffle revigorant. Enfin, l’album s’achève sur les titres plus mélodiques, presque doux, que sont "Submerged" et "Your Eyes". Les cris sont là pour exprimer la rage, mais aussi la tristesse et le désespoir.