29 janvier 2026, 19:12

Robin Trower

"One Moment In Time - Live In The USA"

Album : One Moment In Time - Live In The USA (Live)

A bientôt 81 ans, Robin Trower n’a manifestement pas envie de lever le pied. Voici un nouveau live du gaillard, enregistré l’été dernier au milieu d’une énième tournée marathon des Etats-Unis, durant laquelle le guitariste britannique se produisait à son habitude en trio, accompagné du bassiste et chanteur Richard Watts et du batteur Chris Taggart.
Dès la première écoute du disque, enregistré en juin à Atlantic City et Derry, ce qui marque indubitablement, c’est le son de guitare, puissant, saturé, lourd, et en même temps, immédiatement reconnaissable. Trois accords, et l’ancien bretteur de PROCOL HARUM a déjà marqué son territoire. Sachant qu’en plus, il joue en concert à un volume déraisonnable, vous pouvez facilement imaginer que les concerts du personnage restent un grand moment.

Fort d’une carrière de plus d’un demi-siècle, et donc d’un immense répertoire, Trower alterne ici entre morceaux récents et titres patrimoniaux, notamment issus de son immense « Bridge Of Sighs » (1974), numéro 7 au Billboard à l’époque, quand même. Une étape importante de la carrière de Trower, ici exploité à travers quatre chansons, dont le fantastique titre éponyme, ou un "Too Rolling Stoned" toujours aussi gorgé de wah-wah. 

La palme du morceau le plus mémorable revient cependant à ce "Daydream" étiré sur pas moins de 12 minutes, une rêverie bluesy et psychédélique dont la version originelle se trouve sur l’excellent « Twice Removed From Yesterday » (1973), et dont le rendu ici constitue clairement le point d’orgue du show.
L’Anglais pioche également dans d’autres albums anciens, via cette intéressante version de "Somebody Calling", provenant du sous-estimé « In City Dreams » (1977), ou "It’s Too Late", joli blues extrait de « B.L.T. », disque de 1982 commis avec le défunt Jack Bruce (CREAM, WEST, BRUCE & LAING, entre autres).

Mais on ne trouve pas que des vieilleries dans « One Moment In Time ». Contrairement à nombre de collègues de sa génération, Trower reste créatif et aligne un nouvel album studio quasiment tous les deux ans. Il choisit dans ce recueil de mettre en avant son avant-dernier, « No More Worlds To Conquer » (2022), ouvrant et fermant même sa prestation avec deux extraits bien représentatifs de son inclinaison heavy blues, "The Razor’s Edge" et "Birdsong". 

Si Trower, malgré son grand âge, continue de faire feu de tout bois, nous émettrons par contre un bémol, concernant la voix pas transcendante de Richard Watts. Certes, Robin ne retrouvera jamais une perle telle que le défunt James Dewar (ex-STONE THE CROWS), qui officia au micro de 1973 à 1983. Mais Watts, malgré toute sa bonne volonté, manque singulièrement d’aura. 
Ceci dit, nous sommes tout de même prêts à l’accueillir au cas où Robin Trower remettrait enfin les pieds en France, pays qu’il a toujours particulièrement délaissé. Seulement 5 passages à Paris (et banlieue) en 53 ans de carrière solo ! 

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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