6 février 2026, 10:00

MAYHEM

"Liturgy Of Death"

Album : Liturgy Of Death

La condition humaine, la mort, l’impermanence de notre être. Qui n’a jamais réfléchi à ces questions existentielles ? Sans y apporter de réponses, les huit nouveaux titres du spetième album de MAYHEM « Liturgy Of Death » apportent de l’eau à notre moulin et plonge l’auditeur dans un état d’introspection sur fond sonore dramatique et malsain. Même après quarante années d’une carrière sulfureuse, le groupe norvégien n’en a pas fini de hanter nos nuits, nos rêves et nos cauchemars.

Dès le funeste "Ephemeral Eternity", ses guitares qui nous provoquent et ses vocaux gutturaux et diaboliquement incarnés, on est en présence du black metal sombre d’un MAYHEM toujours plus intrusif. Les passages récités sur riffs minimalistes et la lourdeur du morceau nous indiquent clairement une envie de nous envoûter. Le monumental "Despair" poursuit avec un true-black metal assumé, rapide et un mélange de vocaux hurlés et clairs qui montre toute l’étendue d’un désespoir pris comme une expérience à surmonter pour vivre avec détermination. Un court passage théâtral, mid-tempo à la voix lyrique d’Attila montre le charisme d’un titre dévastateur.

"Weep For Nothing", incisif lui aussi, présente des belles atmosphères. Par belles évidemment, nous entendons poignantes, le propos n’étant pas à la légèreté ou l’optimisme. Bien que plus mélodique, la chanson n’en reste pas moins d’un black metal extrême et lugubre avec à nouveaux un Attila à la voix décadente et tragique à la fois. S’en suit le brutal "Aeon’s End", sans répit, aux vocaux plus caverneux et aux rythmes blastés, aux cris habités et à la touche death metal. Le chaos est à portée de main.

Au contraire, "Funeral Of Existence" revient sur un rythme mid-tempo et balancé et les guitares se font plus intrépides, tout en gardant le corps black metal intrigant et sale que l’on connait à MAYHEM et auquel il ne déroge pas. "Realm Of Endless Misery", inquiétant, surmonté de growls dantesques et d’un break hypnotique, nous emmène dans un royaume de désolation, malade et infertile. C’est un des morceaux les plus aboutis de l’album par son ambiance et sa richesse.

"Propitious Death" montre à nouveau toute la dextérité d’un Hellhammer à la fois frénétique et nuancé avec une batterie tantôt martelée, tantôt optimisée sur un black metal belliqueux et agressif. Enfin, last but not least, "The Sentence Of Absolution" vient clôturer un « Liturgy Of Death » déjà exceptionnel par un morceau de plus de sept minutes sinistres, au regard plutôt tourné vers des paysages mystiques et figés par le froid. En cela, il diffère des titres précédents avec beaucoup de dissonances, des rythmes variés, des atmosphères omniprésentes et des guitares survoltées. Un final explosif, apocalyptique.

MAYHEM nous propose donc un grand album à nouveau avec « Liturgy Of Death ». Grand avec une majuscule, grand par sa puissance, grand par sa composition et grand par le sens qui y est mis. Rien n’y est laissé au hasard et à chaque écoute, on plonge plus profondément dans une philosophie où la musique est à prendre comme une illustration de la peine humaine et non pas comme un exutoire. Implacable.

Blogger : Aude Paquot
Au sujet de l'auteur
Aude Paquot
Aude Paquot est une fervente adepte du metal depuis le début des années 90, lorsqu'elle était encore... très jeune. Tout a commencé avec BON JOVI, SKID ROW, PEARL JAM ou encore DEF LEPPARD, groupes largement plébiscités par ses amis de l'époque. La découverte s'est rapidement faite passion et ses goûts se sont diversifiés grâce à la presse écrite et déjà HARD FORCE, magazine auquel elle s'abonne afin de ne manquer aucune nouvelle fraîche. SLAYER, METALLICA, GUNS 'N' ROSES, SEPULTURA deviendront alors sa bande son quotidienne, à demeure dans le walkman et imprimés sur le sac d'école. Les concerts s'enchaînent puis les festivals, ses goûts évoluent et c'est sur le metal plus extrême, que se porte son dévolu vers les années 2000 pendant lesquelles elle décide de publier son propre fanzine devenu ensuite The Summoning Webzine. Intégrée à l'équipe d'HARD FORCE en 2017, elle continue donc de soutenir avec plaisir, force et fierté la scène metal en tout genre.
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