
Ce vendredi, la Halle Tony Garnier de Lyon s'est transformée en bastion du rock "Made in USA". En mode écrin intime.
Venus tout droit de Floride et des quatre coins des États-Unis, les membres d’ALTER BRIDGE ont prouvé qu’ils restaient les maîtres incontestés d’un genre qu’ils ont eux-mêmes perfectionné (et quelle perfection ! On comprend pourquoi Slash a eu de tels projets avec Myles !). Entre une configuration de salle étonnamment intime et une scénographie de haut vol, la soirée a tenu toutes ses promesses, et nous étions de la partie.
La soirée a démarré fort avec le groove impeccable de SEVENDUST, suivi par le tour de DAUGHTRY. On ne va pas se mentir : quand les premières notes de "Home" ont résonné, c’est toute une génération qui s’est pris vingt ans dans la figure en une fraction de seconde. Un moment de nostalgie pure, porté par une performance vocale impeccable !

ALTER BRIDGE investit enfin la scène. Dès les premières notes, le groupe impose son aura, et on sent immédiatement que la soirée va être d’une intensité rare.
Ce qui frappe ce soir, c’est l’intelligence de la configuration de la Halle Tony Garnier. Malgré ses dimensions d’arène, la salle a su créer une atmosphère intime, idéale pour ce type de concert où la connexion avec le public est primordiale. Et les fans l’ont validé ! Visuellement, le groupe a mis les petits plats dans les grands : un jeu de lumières tout simplement incroyable. Entre les lyres chorégraphiées et les faisceaux puissants, chaque morceau bénéficiait d’un écrin visuel d’une précision chirurgicale, rendant le show aussi beau à regarder qu’à écouter.
Sur scène, c’est la perfection absolue. Myles Kennedy et Mark Tremonti sont impériaux, mais la palme de la performance revient à Scott Phillips. Derrière son plexiglas, le batteur est une véritable machine : une frappe puissante, un métronome humain qui porte l’ensemble avec une énergie folle, tout en sachant rester discret. Tout bonnement incroyable.
Côté set-list, le groupe a su doser l’intensité avec brio. On a très vite enchaîné sur "Addicted To Pain", suivi de l’efficacité redoutable de "Silver Tongue" et de l’incontournable "Rise Today". Mais c’est bien sûr l’immense "Blackbird" qui a suspendu le temps dans la Halle.

Mention spéciale pour l’un des sommets d’émotion de la soirée : quand Mark Tremonti prend le micro pour "Burn It Down". Quel bonheur d’entendre son grain de voix si particulier sur cette chanson emblématique ! Un moment comme suspendu, qui rappelle toute l’étendue de son talent, au-delà de ses riffs légendaires. La précision de la set-list, alternant entre la puissance brute de "Metalingus" et des moments plus mélodiques, montre à quel point ils maîtrisent leur répertoire, sans que nul ne se lasse.
Pour ma part, retrouver ALTER BRIDGE est toujours un événement particulier. Je les suis sur scène depuis 2011, et les voir investir ce lieu avec une telle maîtrise confirme leur statut de géants. Le quartet a clôturé ce voyage avec "Isolation", libérateur et transformant cette grande jauge en un écrin chaleureux et surpuissant. Une démonstration de force qui prouve que le rock, le vrai, est entre de bonnes mains et qu’à Lyon, toutes les planètes sont alignées pour accueillir des shows de n’importe quelle envergure.
Portfolios : ALTER BRIDGE, DAUGHTRY et SEVENDUST
