7 mars 2026, 18:18

CRYSTAL LAKE

Interview John Robert Centorrino


Avec « The Weight of Sound  » sorti le 23 Janvier chez Century Media Records, l’année 2026 débute par le retour des Nippons CRYSTAL LAKE. Si ce septième album marque deux décennies pour le groupe à faire rayonner le metalcore japonais sur la scène internationale, c’est aussi le premier jalon que pose John Robert Centorrino (ex-THE LAST TEN SECONDS OF LIFE) en tant que chanteur titulaire depuis son intégration en 2023. Le résultat ? 11 titres fidèles à l’héritage du quintette, entre violence purement deathcore et sporadiquement des respirations plus mélodiques, dont 5 featurings redoutables. John nous accompagne dans la découverte de ce voyage sonore.
 

Tu es arrivé dans le groupe il y a trois ans, alors que Gaku et Mitsuru avaient été promus membres permanents peu avant, et vous avez tourné quasiment sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui. Peut-on dire que cette phase de live a contribué à sceller votre équipe afin de créer ce nouvel album ?
John Robert Centorrino : Totalement ! Je pense que nous avons fait les choses intelligemment. Je n’ai jamais été aussi bien intégré en tant que nouveau chanteur et pourtant j’ai remplacé deux chanteurs dans d’autres groupes auparavant ! Du coup, c’était génial de créer du contenu sur YouTube par exemple pour essayer de créer de l’engouement autour du nouveau membre que j’étais, puis de partir en tournée tous ensemble et l’idée de faire cet album est venue tout naturellement.

Est-ce que tu as aussi pris ce temps pour t’imprégner de l’existant du groupe avant d'impulser ta propre identité dans l’album ?
Exactement ! Je n’avais pas pour ambition de trahir l’existant et de perdre des fans en route parce qu’il se seraient sentis volés de ce qu’ils aiment, au prétexte d’avoir envie de nouveauté. Il faut suivre le processus naturel des choses. Tu sais, on commence comme un petit groupe et on grandit. Il y a des changements en cours de route, mais c'est comme la météo ou la tempête : il faut garder le cap. Tellement de groupes changent de chanteur, et font n'importe quoi ensuite en prenant un virage à 180 degrés. Parfois c'est génial, mais la plupart du temps ça ne marche pas vraiment. C’est un peu ce qui s’est passé pour mon dernier projet, et ça n'a pas du tout plu aux gens. Mais maintenant, ils sont revenus sur la bonne voie, parce qu'ils ont compris qu’il fallait respecter les fans et le chemin jusqu’à eux.

Avec ce line-up stabilisé, comment avez-vous arbitré entre ce qui faisait la spécificité du son de CRYSTAL LAKE et ce qui pouvait apporter des touches de nouveauté ?
Bien que mon expérience de chanteur trouve sa source dans le deathcore, je puise énormément d'influences dans le metalcore mélodique, j’adore ça. CRYSTAL LAKE a toujours été un groupe dont je rêvais de faire partie parce que je baigne dans ces sonorités là. J’ai toujours écrit des refrains mélodiques mais j’étais dans des groupes où quand je souhaitais les utiliser, je me heurtais à une fin de non recevoir, parce que “ça ne collait pas”. Maintenant, dans ce projet, je peux être moi-même et proposer ce qui me fait vibrer et c’est génial. 

Si on regarde l’album dans une vue d’ensemble, il est à la fois dense et violent, mais il offre aussi des passages plus mélodiques, peux-tu m’en parler ?
Oui, YD a toujours eu cette manière très personnelle de composer, il a une vision de l’histoire qu’il veut raconter et de suivre le flot des émotions à travers la musique. 

Et concrètement vous vous êtes organisés comment pour composer malgré votre éloignement géographique ?
Alors nous avons pas mal discuté pendant nos tournées, mais pour la voix, c’est trop intense de la solliciter pour des concerts jour après jour tout en enregistrant des démos en plus. Du coup, j’ai plutôt privilégié les périodes où j’étais chez moi pour faire mes prises de voix et nous avons énormément échangé de fichiers en faisant des allers-retours. C’était un processus très à distance et c’est sûr que si je vivais au Japon, nous pourrions avoir un rythme de création plus prolifique. Pour autant, j’ai déjà testé avec de précédents projets le format où tu pars en studio entre deux dates, au lieu de profiter de ton temps off et ça crée énormément de pression de temps et de résultat. Là, je suis tranquille chez moi, dans le confort de mon installation et c’est bien plus fluide finalement.

L’album s’intitule « The Weight of Sound » et si la lourdeur s’inscrit dans la musique, elle est combinée à la profondeur des sujets évoqués, que ce soit la santé mentale, la pression sociétale, les addictions… Est-ce que les sujets sont choisis collégialement ?
J’ai la liberté de pouvoir écrire sur à peu près tout ce que je veux et c’est très agréable. Les gars me font confiance pour ne pas trop me rater. (rires) Ils ne sont pas surpris, je parle comme j’écris et inversement, je suis ce gars bizarre qui fait des trucs étranges ou qui a des idées sorties de nulle part qui lui jaillissent de la bouche. Ils me donnent la liberté de pouvoir être moi-même et d’évoquer ce qui me touche.

Il y a cinq featurings sur l’album avec par exemple Jesse Leach de KILLSWITCH ENGAGE ou Myke Terry de VOLUMES, comment ces invités ont-ils été choisis et comment s’est organisée leur participation ?
Nous avons cherché à solliciter avant tout des amis dont nous aimons les voix et dont l’univers pouvait coller au nôtre. Nous connaissons évidemment beaucoup d’autres amis qui sont très talentueux, mais leur genre de prédilection aurait été trop éloigné des parties sur lesquelles nous aurions voulu les faire intervenir. Quoi qu’il en soit, c’est une chance de pouvoir partager un peu de notre musique avec des amis et c’est un honneur d’avoir des chanteurs légendaires sur nos morceaux.
En pratique, nous leur avons montré les parties concernées avec ce que j’avais déjà préparé et en leur laissant le choix de reprendre ce qui leur parlait ou de virer le reste pour refaire à leur sauce. Globalement, ils ont pour la plupart conservé l’existant en y ajoutant leur touche personnelle.

J’ai beaucoup aimé le morceau d’ouverture “Everblack” avec David Simonich de SIGNS OF THE SWARM, on y trouve justement ces incursions mélodiques dont tu parlais tout à l’heure sur le refrain, peux-tu m’en parler plus en détails ?
Oui, j’aime beaucoup “Everblack”, c’est un titre qui propose ce super mélange de lourdeur extrême et de passages accrocheurs. Il m’a paru très naturel à écrire, c’est venu très rapidement. C’est un des derniers ajouts à l’album et j’essayais juste de laisser parler le côté émotionnel sur une idée de fatalité, un peu à la KILLSWITCH, en imaginant ces situations où les gens se sentent mal, que ce soit de trop jouer, de trop travailler, quoi que ce soit. J’ai commencé à imaginer comment les gens pourraient se sentir dans ces moments de leurs vies, quand tout est si intense alors que tu essaies de dormir par exemple. Il y a énormément de références au sommeil dans cet album, parce que c’est un moment critique pour moi. Les paroles opposent la lumière et la pénombre parce que si tu ressens beaucoup de plaisir à t’exciter sur ta manette, tu pourrais être quelqu’un de meilleur si tu investissais ce temps différemment. Dans mon cas, j’ai passé plus de la moitié de ma vie à faire de la musique et des fois je m’interroge sur qui je suis, au-delà du chanteur, qui est l’humain derrière qui pourrait être en quelque sorte dans une ombre permanente.

Le titre suivant “Blüdgod”,en collaboration avec Taylor Barber (LEFT TO SUFFER, SEVEN HOURS AFTER VIOLET) est tout aussi véhément. Quelle en est la thématique ? Est-ce qu’il y a aussi un lien avec l’aspect religieux ?
“Blüdgod” évoque le fait que dans certaines sociétés, les gens dédient une immense partie de leurs vies à un travail au service d’un patron qu’ils ne verront jamais et qui ne les connaît même pas. C’est comme une sorte de “dieu de sang”, tout en haut d’une organisation, pour lequel les gens se tuent à la tâche. Il y a aussi cette notion de ne pas voir plus loin que cette routine, avec des individus qui ne savent pas comment trouver un autre sens à leur vie en dehors de cet asservissement. Ils sont pris dans l’engrenage sans savoir comment en sortir, ils restent coincés jusqu’à leur mort. Et le jour où ça arrivera, l’entreprise n’en aura que faire, tu seras juste remplacé comme un pion.
Pour l’aspect religieux, tu le retrouves plutôt dans “Crossing Nails” qui parle de comment la vie se déroule et comment l’église donne des raisons de redouter Dieu plutôt que de te sentir en sécurité. C’est d’ailleurs en général le problème avec les églises. Tu n’as pas besoin d’être encadré pour ressentir de l’amour quel qu'il soit. Tu devrais pouvoir être le temple et ton esprit devrait être le garant de la foi. Ce n’est pas parce que l’église s’érige en référence que c’est nouveau. Tu es la référence en réalité. J’ai grandi dans un foyer et des écoles où le fait de ne pas croire en l’église te faisait passer pour une mauvaise personne et ça m’a fait détester encore plus. Je ne hais pas Dieu, je hais ce procédé.

“Crossing Nails” fait aussi partie de ces morceaux taillés pour le live, tu y penses quand tu les écris ?
Oui, totalement et je peux déjà te dire que “Crossing Nails” est super dure à chanter ! J’avais anticipé que ce serait le cas, mais pour avoir récemment chanté toutes les chansons de l’album d’une traite, là où je pensais qu’”Everblack” serait la pire à interpréter, je me suis rendu compte que non ! “Crossing Nails” est vraiment très difficile, je ne sais pas pourquoi. Finalement, ok pour “Everblack” c’est rapide mais le refrain te donne presque une occasion de respirer. Il y a des hauts et des bas, c’est intense, mais en fin de comptes il y a presque plus d’espace. Je ne comprends pas ! (rires)
YD a aussi cette vision des choses où il sait exactement où placer quoi, mais parfois nous discutons parce qu’il imagine un espace quelque part et je lui fais remarquer que de toute façon en live il faudra que je respire ailleurs dans tous les cas et nous faisons alors évoluer la structure.

Et voilà comment vous écrivez le titre“Don’t breathe” où il offre un solo en guise de respiration ?
C’est un super titre! Il évoque mon enfance avec ma mère. Elle m’a enlevé quand j’étais gosse. Nous sommes officiellement partis en vacances à la fin de mon année scolaire, mais ça n’a jamais été des vacances. Elle m’a en quelque sorte soustrait à mon père. Ma vie à ce moment-là est devenue très sombre, très confuse. J’étais très effrayé tout le temps, ce qui a créé énormément d’anxiété sociale alors que je grandissais. Cela m’a aussi donné un côté très bizarre, alors que j’ai dû apprendre puis réapprendre qui j’étais. Quand je suis retourné auprès de mon père à New York, j’avais l’impression d’avoir été kidnappé. J’avais trois ans mais ça me semblait être toute ma vie et j’étais terrifié. C’est de là que viennent les paroles de “Don’t breathe”, parce que ma mère est toujours très présente dans ma vie. Elle vit tout près d’ici, je pourrais probablement lui lancer un missile d’ici.

Tu en portes toujours les traumatismes ?
Non, à presque 37 ans, j’ai presque réussi à lâcher prise sur ce sujet. Mais quand on te donne l’opportunité d’enfin écrire ce qui compte pour toi, même si on se concerte évidemment, mais quand on te donne cette possibilité de t’exprimer librement, tu la prends. C’est la première fois que j’ai la liberté d’aborder ces sujets, de les coucher sur le papier et ça me les fait revivre. Pleurer en les évoquant m’aide, parce que selon que ces évènements sont actuels ou moins récents, dans tous les cas ils sont difficiles. Mes textes sont emplis de ces émotions difficiles, à part peut-être pour “Blüdgod” ou “Neversleep” qui abordent des sujets plus universels, ça les rend très intenses à interpréter.

Tu n’as pas peur de cet aspect quand il va falloir les jouer devant le public ?
Non non parce qu’en live il y a beaucoup d’autres choses qui entrent en jeu et je n’ai pas le temps de pleurer. Il y a clairement des moments où les yeux me piquent comme quand je parle à mon “frère” décédé sur scène. Tu peux me voir parler hors micro et croire que je m’adresse aux autres membres du groupe, mais je parle à Mikey. Et plus récemment, à la fin de notre dernière tournée, ma belle-mère est décédée. Elle était plus une mère pour moi que ma mère biologique, et je n’ai pas pu être présent à ce moment-là. Du coup quand j’ai chanté “The Weight of Sound”, je pensais “renvoyez-moi à la maison” et ce morceau a résonné différemment pour moi. Notre manager l’a ressenti aussi. Je ne pouvais pas y aller parce qu’à cette distance les billets d’avion sont hors de prix. 

Je comprends totalement. Le clip pour “The Weight of Sound” montre des séquences de concerts. Le “poids du son” c’est aussi la clameur de votre public en quelques sortes ?
Totalement ! C’est un tout, c’est une famille unique que nous créons avec notre public à chaque concert et que nous retrouvons à chaque fois que nous revenons dans la même ville. Mais c’est aussi une forme de sacrifice, parce que c’est un véritable travail et nous devons être loin de chez nous, assurer des shows impeccables… il y a une forme d’attente et une pression à être parfaits, surtout dans un groupe où les membres analysent leurs ratés. Et autant te dire qu’ils sont très pointilleux dans leur travail. Ce sont les genres de gars qui refusent l’imperfection.


​Vos concerts sont réputés pour l’énergie incroyable que vous dégagez…
Nous aimons dire que toute la salle est CRYSTAL LAKE. Tout le public et nous, nous sommes CRYSTAL LAKE ensemble. Il faut imaginer le public et nous comme un océan de musique et d’ambiance. Je devrais plutôt dire un lac en ce qui nous concerne (rires). Chacun doit prendre conscience des personnes à côté de lui et qui passent un bon moment, pour partager l’expérience
La musique doit te faire ressentir que tu n’es pas seul. Quand j’étais enfant, avec ma mère, j’ai connu la solitude et la musique m’a donné l’impression d’avoir quelque chose à quoi me raccrocher quand je pensais ne plus rien avoir. C’est peut-être pour ça que j’ai comme une sorte d’obsession envers certains musiciens, pas forcément dans le metal d’ailleurs, mais en général. J’ai eu l’impression dans ma tête qu’ils étaient mes amis parce que je n’avais personne d’autre dans la vie réelle. J’ai envie que ma musique donne ce sentiment au public.

Le dernier morceau de l’album est “Coma Wave”, il a une ambiance très différente du reste de l’album, plus mélodique et douce. De quoi parle-t’il ?
“Coma Wave” est une métaphore de mon désoeuvrement quand Mikey est mort, emportant avec lui une partie de moi. L’histoire racontée par “Coma Wave” c’est celle de quelqu’un qui prend beaucoup trop de drogue de l’autre côté d’une porte alors qu’une autre personne essaie de le sauver en tentant d’enfoncer la porte. Le premier personnage dit “je m’en fous”, continue de prendre de la drogue et meurt. Quand le deuxième finit par entrer dans la pièce, il ne peut que constater la mort du premier et se tue. Et c’est comme ça que je l’ai ressenti.
Tu sais, je ne m’attendais pas à ce que Mikey meure et quand on m’a envoyé un message pour me dire qu’il était mort, je me souviens avoir tapé en réponse “Tu déconnes, LOL”. Je n’y croyais pas. Je me suis demandé s’il pouvait vraiment être mort, c’était du domaine de l’irréel pour moi et mes amis de New York étaient du genre à me faire des blagues. C’était mon ami, mon frère, et les gens me disaient toujours que nous étions très similaires. Je l’ai perdu et je n’ai plus ce genre d’amitié actuellement. J’ai de très très bons amis, je les appelle “frères” aussi, même s’il sont d’une autre mère si tu veux, mais ce n’est plus pareil.

Tu t’es beaucoup livré sur cet album et l’artwork représente une sorte de squelette incluant des éléments de la nature, est-ce qu’on peut parler d’une dissection de l’esprit dans cette image ? Je la relie au clip de “Crossing nails” avec cette idée d’exploration du corps et du cerveau humain. Peux-tu me dire comment elle a été conçue ?
C'est une excellente question. Les gens ont tendance à s'énerver quand on utilise l'intelligence artificielle dans la musique, que ce soit pour la création artistique ou la musique elle-même. Personnellement, je suis très opposé à son utilisation dans la musique. Je suis également en partie contre son utilisation dans la création artistique, la création de médias, etc. Si on recourt à l'IA simplement parce qu'on n'a pas les moyens d'embaucher quelqu'un, cela pose problème pour l'industrie et cela peut offenser des gens.
Cependant, dans le cas de CRYSTAL LAKE, nous avons toujours, du moins ces dix dernières années, créé artistiquement en interne, événement par événement. YD s'occupe de tout. Donc, quand on utilise l'IA pour créer de l'art, je ne cherche pas à exclure qui que ce soit dont ce serait le métier. Je ne suis pas sûr de ce qui inspire YD pour ses œuvres, mais je pense que le lien entre les échanges par e-mail et les œuvres vise à montrer que l'œuvre est en constante évolution. Je veux dire, dans le clip de “Crossing nails” comme sur cette image, il se passe une sorte de chose comme un trou noir qui s’inverse, c’est ma vision et je n'en ai jamais parlé auparavant mais j’ai cette impression que l’album se révèle, qu’il émerge progressivement. Nous ne sommes pas des robots et pour ce que nous traversons, j’ai ma voix et un microphone pour en parler.

En pratique, comment YD a conçu cette image par le biais de l’IA ?
Et bien en réalité, je n’en ai aucune idée (rires). Tout ce que je peux te dire c’est que j’étais assis en visio depuis L.A. et quelqu’un du label nous a demandé ce qu’on envisageait pour l’artwork. YD a tourné son écran vers nous en disant “j’ai peut-être quelque chose à proposer” et l’image était là ! On a dit “Mortel !”, il a dit “Merci” et voilà, c’était réglé (rires). Des fois, dans un groupe, il y a des décisions qui n’ont pas besoin d’être prises en concertation avec chaque membre. Nous voulons éviter ça, nous avons tous des tâches dont nous nous occupons individuellement et nous espérons que les autres apprécieront, ça ne nous affecte pas en tant que groupe. 

Quelles sont les prochaines dates en vue pour faire découvrir l’album ?
Nous avons une tournée en Europe et au Royaume-Uni avec MISS MAY I, GREAT AMERICAN GHOST et DIESECT qui arrive, puis nous partirons pour le Japon et l’Australie !


Retrouvez CRYSTAL LAKE en concert à Paris au Nouveau Casino le 14 mars et au Black Lab à Wasquehal le 15 mars
 

Blogger : Carole Cerdan
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Carole Cerdan
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