15 février 2026, 23:59

Tarja (+ SERPENTYNE + SKYS)

@ Paris (Alhambra)

L’ONU n’a qu’à bien se tenir, l’Alhambra rivalise ce dimanche 15 février avec l’institution en termes de nationalités. Car l’affiche propose Tarja, chanteuse finlandaise mais accompagnée, entre autres, d’un guitariste allemand et d’un bassiste américain, SERPENTYNE, combo metal symphonique britannique, et SKYS, annoncé comme lituanien, mais qui comporte en son sein un batteur japonais et un bassiste écossais ! Une distribution ma foi diversifiée, un bon point, mais pas vraiment performante, comme nous le verrons au fil des heures.  

Skys


SKYS joue du progressif années 70 très marqué par les maîtres du genre, et notamment GENESIS. Il en emprunte les codes, notamment des morceaux très longs et complexes, trois en à peine une demi-heure. Le guitariste-chanteur, qui s’exprime le plus possible en français, nous prévient d’ailleurs avant le dernier qu’il va durer « 15 minutes, peut-être 12 ». Le tout s’écoute gentiment, et plus attentivement lorsque le groupe passe la vitesse supérieure et s’énerve un peu, par exemple dans la deuxième moitié du titre d’ouverture, « Colours Of The Desert ». Le public, un peu circonspect au début, manifeste cependant son approbation à l’issue du show.
SERPENTYNE apparait moins incongru sur l’affiche, avec son bon vieux metal symphonique à l’ancienne où nous n’avons pas trouvé grand trace des influences folk et celtiques que revendique le groupe britannique. Mais là aussi, il faut tout de suite relativiser. D’abord parce que la chanteuse, Maggiebeth Sand, nous prévient d’emblée, dans un excellent français : elle a pris froid, contracté un début de rhume, et s’excuse d’avance si sa voix défaille. 
Mais ce n’est pas ça qui nous dérange lors de la prestation des sujets de Sa Majesté. C’est juste que les titres joués n’offrent vraiment rien d’exceptionnel, voire se révèlent particulièrement basiques, et ne se trouvent de plus pas flattés par un mixage sonore complètement aux fraises. La guitare part aux oubliettes, tandis que sont poussées au maximum les vocalises cristallines de Sand, qui en deviennent parfois insupportables. 

Serpentine

Après, les musiciens, et notamment Maggiebeth, ne s’économisent pas (la chanteuse chante même le refrain du premier morceau, « Angel Of The Night », en français), et le public semble y trouver son compte. 
Le niveau augmente tout de même considérablement lorsque Tarja et son orchestre débarquent, avec notamment les toujours fidèles au poste Alex Scholpp (guitare) et Doug Wimbish (basse, en congés de LIVING COLOUR). Du moins quand la joyeuse bande arrive à faire son travail : un problème électrique arrête tout dès les premières secondes, provoquant un hiatus de 10 minutes, des micro-coupures altèrent l’amplification durant près d’une heure, avant qu’une nouvelle pause de 10 minutes ne soit nécessaire pour tout réparer et permette au concert de se terminer !

Tarja


Pas de quoi entamer la bonne humeur de Tarja, pas vraiment sous pression puisqu’elle vient défendre ce soir ses meilleurs titres, et que son choix pour la setlist s’avère plutôt judicieux. 
La diva, très en voix comme d’habitude, déroule donc comme sur du velours, « Demons In You », « Undertaker », « 500 Letters », le complexe « Anteroom Of Death », le baroque « Victim Of Ritual » sur lequel elle tend son micro au public afin que lui aussi puisse se prendre pour une soprano. 
Un piano est amené sur scène afin que la Finlandaise interprète, seule, « Into The Sun », pièce calme qu’on ne trouve que sur les versions en téléchargement de l’album « Colours In The Dark », mais que tout le monde semble connaître. 
Tarja reste au piano, mais est rejointe par ses troupes, pour « Shadow Play », mais l’amplification craquouille toujours plus, à tel point que le concert est une nouvelle fois arrêté. Lorsqu’il reprend, une dizaine de minutes plus tard, c’est pour nous donner un très joli final : « Silent Masquerade », un formidable « Planet Hell » tiré du répertoire de NIGHTWISH où Alex Scholpp reprend les parties vocales originalement assurées par Marko Hietala, puis le toujours émouvant « I Walk Alone ». 
Trois morceaux au rappel, lors duquel l’équipe livre un sans-faute : « Dead Promises », une nouvelle reprise de NIGHTWISH via « Wish I Had And Angel » (sacrée ambiance dans la fosse), et un ultime « Until My Last Breath ». On n’est pas sûr, mais il nous semble avoir vu poindre quelques larmes aux coins des yeux de Tarja…

Tarja
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