Depuis quelques temps, les regards se tournent vers l’Italie et ses artistes qui créent des musiques sombres : MESSA, PONTE DEL DIAVOLO et maintenant L’IRA DEL BACCANO dont le quatrième album « The Praise Of Folly » sort ce 20 février. Au programme, un mélange de doom et de metal progressif qui nous emmène vers des contrées qui explorent les territoires de la folie.
Composé d’Alessandro Santori (guitare, loops, synthétiseurs), Roberto Maldera (guitare, effets, guitare slide, synthétiseurs), Gabriele Montemarà (basse) et Gianluca Giannasso (batterie), L’IRA DEL BACCANO s’active dans la sphère stoner-doom européenne depuis déjà une dizaine d’années. Formé en 2006, le groupe sort son premier album en 2014 et joue aux côtés de grands noms du genre comme ORANGE GOBLIN, UFOMMAMUT et ZU. Depuis la COVID, le rythme de composition du groupe s’est accéléré, les deux derniers albums étant sortis en 2017 et 2023.
Quatre titres instrumentaux composent cet album. Si vous pensez que c’est peu, vous ne connaissez pas encore les titres à rallonge du groupe. « The Praise Of Folly » dure un peu plus de quarante minutes et guide les oreilles à travers un style qui puise autant dans les mélodies progressives que les envolées psyché et la lourdeur du doom. Pour cet album, le groupe a cherché à retranscrire l’énergie du live en choisissant, pour chaque titre, une prise unique qui soit au plus proche de leurs intentions. Pas de coupe ou de compilation, seulement quelques éléments de post-production. L’objectif est clair : proposer aux auditeur.ice.s une expérience qui soit la plus similaire possible à un concert.
Tout au long de l’album, les lignes de guitare vagabondent pour proposer un voyage presque sautillant avant que la basse ne reprenne le dessus. Alors que la batterie tapisse l’ensemble de rythmes légers ou plus lourds, les éléments de synthétiseurs mettent en évidence les envolées mélodiques ou, au contraire, plongent dans une atmosphère plus douce et éthérée. "Stigma" est davantage marqué par une envie de lenteur et une basse plus présente alors que "Rosencrantz and Guildenstern Are Dead" se fait, d’entrée de jeu, plus progressif : les synthétiseurs prennent davantage de place, les instruments dialoguent entre eux à coups de brefs échanges et le titre s’apparente davantage à une jam-session qu’à une composition.
Le niveau modéré de production de « The Praise Of Folly » peut s’avérer clivant : il laisse une impression d’inachevé et comporte certains défauts. Mais dès la première écoute, les notes de guitare nous emportent inévitablement et le son nous enveloppe pour un voyage rempli d’explorations. L’album sonne vrai et imparfait comme une prise sans retouches et trouvera assurément son public auprès des oreilles avides de sonorités réelles et crues, à l’opposé de l’artificialité des technologies numériques qui prennent de plus en plus de place.