21 février 2026, 23:59

AIRBOURNE + ASOMVEL + AVALANCHE

@ Paris (Zénith)


Pas d’album studio sorti depuis 7 ans, et le prochain n’est attendu que pour août prochain. Et alors ? Même pas peur, ont dû se dire les gars d’AIRBOURNE, embarqués depuis quelques semaines dans une tournée européenne, sans rien de nouveau à défendre (ils jouent quand même deux chansons inédites), mais bardés de leur inébranlable foi dans leur hard rock qui en fait les plus proches héritiers d’AC/DC.
Un pari gagnant, puisque la moitié du périple affiche - ou a affiché - complet, comme l’étape parisienne, qui est sans doute la plus importante de cette visite du vieux continent en termes d’affluence. 

Un facteur qui bénéficie également aux deux premières parties, AVALANCHE et ASOMVEL.
AVALANCHE ? Des nouveaux venus, australiens comme AIRBOURNE, et qui font du hard rock… comme AIRBOURNE. Autrement dit, si vous n’en pouvez plus d’attendre le nouveau disque de la bande des frères O’Keefe, reportez-vous sur « Armed To The Teeth », le premier album tout juste sorti de leurs collègues de Sydney, vous y trouverez un ersatz efficace.

Logiquement, sur scène, ça le fait également. Et comme le son s’avère excellent dès le début, et surtout pas limité comme cela arrive régulièrement pour les premières parties, AVALANCHE conquiert rapidement le public à coups de "On The Bags Again" ou "Armed To The Teeth". Atout non négligeable du quartette, la guitare solo est tenue par une femme, Veronica Campbell, vraiment déchaînée, et qui va même faire un gros poutou sur la bouche à son mari, le chanteur et bassiste Steven Campbell. Côté répertoire, mention spéciale à "Down For The Count", servi en avant-dernière position, un boogie féroce à la ROSE TATTOO qui ne fait que renforcer l’ardeur des slammeurs.


Si AVALANCHE s’inspire (beaucoup) d’AIRBOURNE, que dire d’ASOMVEL ? Tout simplement que ce combo britannique n’adule pas simplement MOTÖRHEAD, il l’imite à outrance. Son vrombissant à la basse, partie de batterie à la Philthy Animal Taylor, bassiste chanteur qui ressemble à Lemmy jeune, tous les musiciens en perfecto, n’en jetez plus !
Alors oui, le groupe, qui ouvrait déjà pour AIRBOURNE en France l’an dernier, fait le job et remue la fosse du Zénith dans tous les sens. Côté défoulement, le contrat est rempli durant trois quarts d’heure. Mais le degré d’originalité reste proche de zéro.


Alors qu’AIRBOURNE s’apprête à monter sur les planches, un constat s’impose : l’assistance est ce soir l’une des plus diversifiées qu’on ait vues récemment, avec notamment beaucoup de couples venus avec leurs jeunes enfants (dûment équipés de casques anti-bruit), et qui ne sont pas les derniers à headbanguer et faire le signe du diable. Tant mieux pour le renouvellement générationnel du public metal.
Ce qui se renouvelle aussi ce soir, c’est la set-list. AIRBOURNE procède en effet à un grand ménage, se concentrant sur deux albums de sa carrière, « Runnin’ Wild » (2007) et « Black Dog Barking » (2013) (qui a dit les meilleurs ?), effaçant totalement le dernier en date, « Boneshaker » (2019), et ne citant que brièvement, avec une seule chanson, « No Guts No Glory » (2010) et « Breakin’ Outta Hell » (2016).
Plus les deux inédits dont nous avons déjà parlé plus haut, et qui figureront très certainement sur le prochain album. A commencer par le déjà sorti "Gutsy", un bon titre bien intense, appuyé par quelques jets de flammes, qui ouvre le show dans une orgie de décibels.


A son habitude, le guitariste-chanteur Joel O’Keefe se présente torse nu, court partout, et commence rapidement à balancer des gobelets de bière à travers la salle ! Une initiative aussi bien accueillie que ses quelques commentaires, dont plusieurs « vive la France ! ». Le même profite de "Raise The Flag" pour aller faire un petit tour, sur les épaules d’un roadie, au sein du public, visite ponctuée par la traditionnelle destruction d’une boite de bière sur sa tête, moment toujours aussi spectaculaire.
Après le morceau le plus #metoo de la soirée, "Cheap Wine & Cheaper Women", AIRBOURNE dévoile son deuxième inédit de la soirée, un très intéressant "Alive After Death", précédé d'un avertissement de l’ami Joel : ce titre fera l’objet d’un clip, une caméra tourne dans la salle, et c’est le public le plus dingue qui aura l’insigne honneur de figurer sur la vidéo. Si ça, c’est pas motivant !
Suivent les costauds "Diamond In The Rough" et "Too Much, Too Young, Too Fast", certes très bien accueillis. Mais ce que la foule veut entendre, c’est l’hymne "Ready To Rock", qui se fait attendre, alors qu’il ouvrait les concerts depuis quelques années. Les fans impatients décident alors de la chanter à pleins poumons, mais rien n’y fait, les Australiens s’en tiennent à leur set-list, qui comprend encore "Breakin’ Outta Hell" et "Live It Up", ce dernier précédé d’un petit coup de sirène manuelle actionnée par le batteur Ryan O’Keeffe. Une fin de concert qui se déroule dans une folie totale, un roadie amenant une quantité invraisemblable de verres de bière que Joel se fait une joie de balancer dans toute la salle !


Le tant attendu "Ready To Rock" survient finalement au rappel, après que le backdrop ait changé au profit d’une version géante de la pochette de « Black Dog Barking », et dans une ambiance vraiment indescriptible. A côté, le final "Runnin’ Wild", pourtant un autre pilier du répertoire des kangourous, fait presque pâle figure.
Le concert s’achève ainsi, avec la projection de serpentins, au bout d’une heure 30 tout juste un peu délayée sur la fin lorsqu’AIRBOURNE a fait un peu durer ses derniers titres. Mais allez dire ça aux fans quittant le Zénith en chantant toujours le refrain de "Ready To Rock"...

Photos © Régis Peylet - Portfolio : AIRBOURNE - ASOMVEL - AVALANCHE
 

Blogger : Michel Valentin
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