Coup de cœur de la semaine, je vais vous parler de SWEET MONSTERS et son premier album « Too Bright Too Dark ».
"Night Owl". Voici un démarrage en compagnie d’un oiseau de proie noisy. Une caisse vive et claire sur une basse vrombissante, un riff minimaliste saturant en boucle et éclaboussant l’auditoire avec un peu de belles notes graisseuses, nous voilà embarqués dans une belle atmosphère post-grunge. Et il y a cette voix, tantôt envoûtante, tantôt énervée, qui porte loin, loin, loin. Maïlys est la meneuse de ce ballet électrique. Elle nous fait traverser un "Good Bad Day" très enlevé, comme un BREEDERS revisité par une nouvelle jeunesse "sonic" (Sarah leader de UNDERGROUND THERAPY est productrice de SWEET MONSTERS, ce côté noisy-punk new-yorkais a dû la séduire). Même impression à travers ce "Spiral Of Doubts", sur une rythmique sautillante et progressive Maïlys nous prend par la main, arrive encore cette voix à la portée incroyable, appuyées par des riffs aiguisés post-hardcore. Breaks, montées de grunge noisy, nous sommes galvanisés.
"How I Was Made". Voilà un swing rock obsédant, avec une fulgurante accélération. La batterie s’emballe, poussée par des riffs aériens. Merveilleuse batterie qui entre en duel avec la guitare. Puis "This Isn’t Life" démarre sur un mood de guitare à la FUGAZI, c’est un gros coup de cœur. L’hommage grunge dans la deuxième partie de la chanson devient crépusculaire, comme un air de saloon, de poussière électrique d’un autre âge, c’est fascinant. Retour à un grunge lourd, "Liars vs. Dreamers" imprime ses sillons dans nos sens, riffs lourds, claquement de batterie, basse ronronnante tel un gros matou, et toujours ce chant prégnant qui offre des confidences extrêmement dénudées et intimes, encore une avancée dans l’obsédant qui me rappelle FUGAZI.
"Bitter" révèle une envie d’élargir l’horizon. La rythmique s’offre un break presque reggae et les riffs s’emballent façon formule 1 alors que Maïlys ouvre grand ses poumons pour se la jouer Courtney Love des années 2000. Classieux. Autre diva du rock, PJ Harvey aurait pu chanter ce "Bitter", les SWEET MONSTERS l’ont devancée avec ce morceau bien furieux aux sons qui flirtent avec ceux des PIXIES. "Survivor’s Guilt" avec ses arabesques électrisées offre une nouvelle occasion de saisir que le groupe a un besoin d’extérioriser ses démons à travers sa musique. Une musique qui a sa propre identité. Morceau de bravoure de plus, "Miss Disappears" a tout d’un excellent dinosaure électrique aux soli de fin du monde. "Don’t Speak" déroute, envoûte. Explosions de riffs, sensation d’urgence dans la volonté de délivrer son message, voix échevelée, SWEET MONSTERS offre un joli tour de force heavy-rock et ne compte pas à la dépense. "Hate" en guise de salutations offre dans la légèreté un beau résumé des talents de nos nouveaux amis.
Vous l’aurez compris, j’ai adoré découvrir les compositions de SWEET MONSTERS, qui à l’instar de UNDERGROUND THERAPY ressuscite une époque, celle où par d’incroyables expérimentations des foufous franchissaient le mur du son !