6 mars 2026, 10:00

DAMANTRA

"Better Off This Way"

Album : Better Off This Way

Si vous avez l’impression qu’une machine à voyager dans le temps s’est enclenchée pour vous propulser tout droit dans les années 60 et 70, vous avez probablement lancé l’écoute du tout premier album de DAMANTRA, « Better Off This Way », sorti le 27 février. Le groupe vient de Toulouse et vous pourriez vite devenir accro à son blues rock psyché.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’actualité (politique, écologique, météorologique, etc.) de ce début d’année ne donne que très peu envie d’en voir la suite. Pourquoi ne pas faire un rapide plongeon dans le passé pour revoir ce qui s’y passait et voir ce qu’il nous en reste aujourd’hui ? C’est le projet du quartette toulousain composé de Mélanie Lesage (chant principal), Robin Fleutiaux (basse, orgue, claviers, chœurs), Rémi Fournier (batterie, chœurs) et Virgile Jennevin (guitare, chœurs). Chemises à fleurs, motifs psychédéliques, meubles d’intérieur colorés et lunettes rondes à verres fumés : tel est l’imaginaire qui vient immédiatement à l’esprit dès les premières notes de "Reach Out For Me".

Tout au long de l’album, le chant oscille entre fraîcheur bienvenue, notes tenues puissantes et instabilité maîtrisée qui donne l’impression de naviguer dans un paysage ensoleillé dont on découvre les nuances au fur et à mesure. Mais pas question de nier les incongruités de l’époque : le groupe est là pour s’amuser avec le passé, pas pour l’idéaliser. On en veut pour preuve le clip de "Slow It Down" dans lequel le groupe monte en voiture pour un trajet qui, s’il suivait véritablement les mouvements de volant de la conductrice, emmènerait ce beau carrosse tout droit dans le ravin ! Belle façon de montrer que le lâcher prise, s’il peut parfois causer quelques angoisses aux plus réfractaires, est souvent source de belles aventures, comme le raconte "Let Go".

Les dix titres sont autant d’hymnes qui emportent les oreilles, le cœur et les jambes : on veut crier la frustration face aux limites imposées sur "Big Girl", se laisser bercer par le duo voix-guitare acoustique de "Sweet Little Girl" et les couplets langoureux de "Deep Into My Eyes" et danser un boogie sur "Mr Woop Woop". Le groupe accompagne ses mélodies d’un tambourin, d’un orgue qui rappelle le fuzz rock de HOWARD, d’envolées mélodiques qui évoquent celles de FUZZY GRASS et de sonorités psyché et blues comme on en trouve dans les décennies révolues mais pas si lointaines. Se trouve également, parmi ces dix titres, une version alternative de "Jekyll And Hyde", premier titre du premier EP du groupe : la mélodie est rafraîchie par un clavier et le chant se rapproche davantage d’une ambiance feutrée que de la détresse ressentie face à la perte d’identité.

Fait maison par de nombreux aspects, l’album est d’autant plus attachant par ses mélodies accrocheuses et les éléments visuels qui l’accompagnent et favorisent l’immersion. DAMANTRA nous emmène dans un champ de fleurs ensoleillé filmé sur une pellicule sépia pour regarder le présent sous un prisme vintage rafraîchissant.

Blogger : Ivane Payen
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