Le mois de février est propice aux musiques instrumentales et lentes : il pleut sans cesse, le froid nous glace et les jours commencent à peine à rallonger. Toutes les raisons sont bonnes pour guetter le moindre rayon de soleil au son du deuxième album d’ECHO SAYS ECHO. « Aithaleia » est sorti le 27 février et son post-rock constitue l’un des meilleurs remèdes à la monotonie ambiante.
Le premier album du groupe remonte à 2021, quand le line-up était quelque peu différent. En cinq ans, celui-ci a connu quelques changements et s’est désormais stabilisé, renouvelant la dynamique de composition. Le groupe se compose désormais d’Alain Delvare (basse), Alberto Franchi (guitare), tous deux membres fondateurs du groupe, ainsi que de Thomas Baratte (batterie) et William Gaune (guitare) qui ont apporté un nouveau souffle à ECHO SAYS ECHO. L’écriture s’en trouve plus collaborative que sur l’album « Pause », les influences diverses des quatre membres du groupe se mêlant les unes aux autres : le post-rock du bassiste se mêle aux inspirations punk du batteur et l’ensemble se conjugue avec les échos post-hardcore, metal et rock alternatif des deux guitaristes. Le résultat est un post-rock émouvant, apaisant et harmonieux qui se développe en six titres et montre que le groupe a réussi à trouver son équilibre.
« Aithaleia » se situe dans le prolongement de l’album « Pause » : certains éléments esquissés à l’époque sont davantage développés, notamment les ornementations électroniques qui, sans prendre le pas sur les instruments organiques, s’inscrivent de façon plus fluide. On s’en aperçoit dès le début de "Noisy Cave" dont les premières notes de guitare sont si hypnotiques qu’elles saisissent directement les oreilles pour les embarquer dans un voyage d’un peu plus de quarante minutes. Pour se rendre jusqu’à l’île grecque d’Elbe dont l’album porte le nom, c’est plutôt rapide. Depuis cette île, on peut contempler le ciel grâce à "Volta Celeste" et sa mélodie finale, ou encore ressentir le sol volcanique grâce à la ligne de basse de "HHID". Si l’on pouvait regretter que le groupe n’ait pas produit d’album plus tôt, on comprend mieux que le travail fait pour « Aithaleia » nécessitait une maturation patiente, qui ne se précipite pas. Preuve en est faite avec le travail délicat qu’on peut entendre dans "Stuck In Eternity" : les textures s’entremêlent pour créer un espace immersif, presque magique.
L’impression globale qui se dégage de cet album est celle d’une douce harmonie qui, sans nul doute, saura toucher de nombreuses oreilles amatrices d’explorations sonores. Le travail d’ECHO SAYS ECHO rappelle celui de CASPIAN ou de MONO dont les titres peuvent faire vibrer même les cœurs les plus durs. Si vous cherchez la lumière, il se pourrait bien que vous la trouviez en écoutant « Aithaleia ».