Il faudra un jour rendre justice à BLACKRAIN. Libre à chacun d’aimer ou pas la musique du gang originaire de Haute-Savoie, mais on ne peut nier aux musiciens un courage, voire une abnégation, face aux critiques et aux coups du destin. Vous en connaissez beaucoup de groupes français, créés il y a un quart de siècle, qui tiennent toujours debout, et ont accumulé la bagatelle de 9 albums studio ?
Et surtout, qui tournent toujours, continuent de s’améliorer, comme le prouve leur petit dernier, le très bon « Orphans Of The Light », sorti vendredi dernier ?
Un événement que nos Français avaient en tout cas décidé de célébrer dignement, en réservant une salle de taille respectable, le Trianon, très convenablement remplie, et propice à accueillir un spectacle un peu plus fourni que d’habitude.
A commencer par une première partie de choix, OVERDRIVERS. Un quartette qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques années, et trois albums commis au nom de la sainte trilogie AC/DC-AIRBOURNE-ROSE TATTOO.
Si vous aimez votre hard rock velu, propice au headbanging et aux paroles en-dessous de la ceinture, ne cherchez pas plus loin ! Le morceau d’ouverture s’appelle "Bad Breath Girl", les zicos se fracassent les cervicales en rythme, puis de jolies jeunes femmes très court vêtues débarquent au deuxième morceau pour effectuer quelques danses lascives sur "Guitar Playboy". Vous voyez le style ?

Préférant prendre son pied que la tête des spectateurs, OVERDRIVERS met donc une sacrée ambiance durant 40 minutes, aidé par un prêtre qui vient bénir la foule et distribuer des médiators, avant de taper un solo de guitare - comment dire - littéralement endiablé, lors de "Rockin’ Hell". Nos amies strip-teaseuses reviennent également faire un tour de piste (mais pas lors de "Show Your Boobies", une faute stratégique majeure), l’une d’entre elle en solo et déguisée en nonne (qui perd bien vite sa tenue). Les musiciens balancent des tee-shirts à tour de bras dans le public, et le guitariste soliste descend dans la fosse et monte au balcon durant l’ultime titre, "Limbs Of Rock’n’Roll".
Même si on n’a pas aimé la musique, impossible de ne pas avoir apprécié le show !

Convenablement chauffé, le public ne peut que favorablement accueillir BLACKRAIN. Et ce qui se remarque d’emblée, dès que les quatre musiciens foulent la scène, c’est qu’ils ont mis les petits plats dans les grands. Son clair et puissant (comme pour OVERDRIVERS), éclairages à foison et rampes lumineuses, et ambitions musicales renforcées en live par quelques bandes (piano, chœurs) adroitement insérées et n’empiétant jamais sur la prestation des artistes.
BLACKRAIN n’hésite pas à attaquer son concert avec un nouveau titre, "Dreams". « Orphans Of The Light » n’est certes disponible que depuis le matin, mais le titre fait partie des clips égrenés depuis quelques mois par le groupe, et n’atterrit donc pas devant un public totalement innocent. Ce dernier n’a par contre aucun mal à reconnaitre les "Kiss The Sky", "Dawn of Hell" et "Wild Wild Wild" qui suivent : ce sont désormais des classiques en concert.
Les quatre musiciens sont à fond, et il est clair que le dernier arrivé dans BLACKRAIN, le guitariste Jerem G, prend très bien la lumière des projecteurs. Son exubérance scénique fait plaisir à voir, et il a même droit plus tard à sa petite minute de gloire en solo, via la démonstration de six-cordes, "Resurrection", qui précède la fort efficace "Crack The Sky".

Mais nous n’en sommes pas encore là. "Unleash The Fury", l’un des titres les plus forts du dernier album, s’avère également l’un des meilleurs moments du concert, tout comme la prise de risque "Méandres de l’Instinct", oui, un morceau dont le refrain est chanté en français, qui s’insère pourtant parfaitement dans la set-list.
On varie les plaisirs avec un court passage acoustique, juste Swan Hellion et Jerem G aux guitares sèches, pour "Nobody But You", le leader de la formation citant auparavant un "poète anglais", et pas n’importe lequel : Bruce Dickinson, d’IRON MAIDEN, dont les spectateurs du Bercy 2006 (et apparemment Swan) gardent toujours un souvenir ému du mythique « L’amour, ce n’est pas seulement un homme fuck une amie » ! « Ce n’est pas », avait d’ailleurs à l’époque complété un Bruce en fusion…
Bon, la ballade de BLACKRAIN remplit parfaitement son rôle et Swan évoque d’ailleurs ensuite un autre souvenir, celui de ce couple anglais qui s’est marié dessus, et qui est présent ce soir.
Tout comme des spectateurs venus de toute la France, mais aussi de Suisse, des Pays-Bas et même des Etats-Unis !

La reprise du "We’re Not Gonna Take It", de TWISTED SISTER, bénéficie de la présence de la chanteuse Cheyenne, des FURIES, avant "Resurrection", dont nous avons parlé plus haut.
Un zombie pirate vient titiller les musiciens lors du très attendu "Orphans Of The Light", encore un autre temps fort du disque comme du concert, avant le retour de quelques classiques bien entrainants dont BLACKRAIN a le secret, comme "Blast Me Up", "Hellfire" et le très glam "Rock My Funeral", avant lequel Swan, conscient qu’il fait bien chaud ce soir, endosse un manteau de fourrure !

Le show s’achève sur une nouveauté, "Disagree", mais le rappel ne tarde pas, qui voit le pirate zombie revenir faire un tour sur les planches. Et c’est reparti pour un tour avec un sauvage "Untamed", l’indispensable "Rock Your City" (woooohhhh hey hey hey), et un dernier petit événement exceptionnel : la reprise du "It’s A Long Way To The Top (If You Wann Rock ’n’ roll)" d’AC/DC, joueur de cornemuse en kilt inclus. Et cette fois, on l’entend, pas comme à la Maroquinerie la dernière fois… Les joyeux drilles OVERDRIVERS et leurs amies qui n’ont pas peur des courants d’air viennent également se déhancher et gueuler un bon coup dans les micros, pour une fin de fiesta particulièrement réussie.
Une "release-party", totalement de bon augure, on souhaite autant de succès à l’album !