14 février 2026, 23:59

SANGUISUGABOGG + FULCI + GATES TO HELL + CELESTIAL SANCTUARY

@ Paris (Petit Bain)


Alors que Eros Ramazotti joue à l'Accor Arena en cette Saint Valentin, de l'autre côté de la Seine, c'est une autre fête qui se prépare, moins sexy, plus fun et plus violente : celle du brutal death metal de SANGUISUGABOGG ! Accompagné de trois groupes aux logos tous aussi illisibles, le groupe américain nous a concocté une soirée dantesque au Petit Bain, dans lequel la température est très vite montée... Quoi de plus normal pour la Saint Valentin, après tout ?
 

Lorsqu'on se rue dans la péniche du Petit Bain pour ne pas manquer les premières parties, on est accueillis par les Anglais de CELESTIAL SANCTUARY, un groupe de death metal qui ne s'encombre pas d'artifices : guitares, basse, batterie et bien entendu chant guttural assuré par le sympathique Thomas Cronin, qui chauffe très rapidement la foule. Tant et si bien que les premiers circle pits se lancent, et qu'on participe joyeusement au capharnaüm général. Aidé par un son franchement propre permettant de distinguer chaque instrument (chose assez rare pour être soulignée dans une petite salle comme le Petit Bain), le groupe formé en 2019 séduit rapidement le public parisien, qui lui offre une véritable ovation après ses 30 minutes de set survitaminé. Quelque chose nous dit qu'ils reviendront vite avec de nouveaux titres... Affaire à suivre !


Le deathcore de GATES TO HELL prend la suite, et dès les premières notes, on réalise que le set est bien plus violent que celui de CELESTIAL SANCTUARY avant ! Le chanteur Ryan Storey saute absolument partout, manquant au passage de percuter les premiers rangs, et invitant le public parisien à investir la scène avec lui ! Les musiciens sont ultra carrés musicalement, tout en offrant une énergie qui fait plaisir à voir, tandis qu'on se surprend à jeter un œil à la setlist au sol... En seulement 30 minutes, les Américains ne nous offrent pas moins de 12 titres là où d'autres en auraient joué la moitié ! Dans un bordel désormais généralisé, le Petit Bain tangue au rythme des titres surpuissants du groupe, et chaque pause laisse entendre un cri de joie cathartique de la foule. GATES TO HELL est à n’en pas douter une des formations à suivre dans le deathcore désormais, car avec un set aussi court, ils ont instantanément conquis la Seine parisienne (je vous présente mes excuses pour ce jeu de mots), et on espère revoir le groupe très bientôt !


Un écran s'allume soudain, et on entre dans l'univers gore et malsain des Italiens de FULCI, nommés ainsi en hommage au réalisateur du même nom. Le groupe, se définissant lui-même comme « horror movie death metal », projette en fond des images tantôt de films d'horreur, tantôt d'une Amérique rêvée, tantôt de films pornographiques, pendant que ses musiciens stoïques enchaînent des morceaux puissants et maîtrisés, inspirant une ambiance dérangeante mais impressionnante. « Tropical Sun » et « Duck Face Killings », respectivement l'album le plus adoubé par la critique de leur discographie et leur dernier recueil, sont mis à l'honneur avec pas moins de 10 titres issus de ces seuls deux albums, offrant ainsi une vraie cohérence en termes de son. FULCI sont en forme, mais impressionnent par leur nonchalance, les musiciens sont stoïques tandis que le frontman, Fiore, offre des doigts d'honneur à qui ose le filmer. Le mosh bat encore son plein, mais on sent que le public est captivé par cette atmosphère glaciale et dérangeante, comme attiré par une fascination morbide pour la musique malsaine et les visuels terrifiants. Une vraie expérience !


Si la scène brutal death metal a vu une ascension fulgurante ces dernières années, c'est bien celle de SANGUISUGABOGG ! Seulement sept ans après avoir sorti son premier EP, « Pornographic Seizures », le groupe américain gravit les sommets grâce à sa musique sans compromis et son humour décapant sur les réseaux sociaux. Mais sur scène, l'heure n'est pas à l'humour, et le quatuor nous propose une heure de death metal pur et dur ! Mais les connaisseurs du groupe auront remarqué dès la montée de scène de SANGUISUGABOGG que quelque chose change de d'habitude : le guitariste Ced Davis est absent, mais plutôt que de simplement le remplacer par un guitariste de session, Cody Davidson, batteur de la formation, a saisi l'occasion pour rappeler sa maîtrise de la six-cordes, et c'est le batteur Eric Morotti de SUFFOCATION qui se place derrière les fûts ! On réalise donc assez vite qu'on assiste à un concert assez exceptionnel. Devin Swank s'élance sur scène comme un semi-remorque boosté aux stéroïdes, et entame le set avec ''Rotted Entanglement'', qui donne le La pour un set globalement tourné vers l'excellent nouvel album « Hideous Aftermath », sans compromis, et sans artifice.

Pendant une heure bien tassée de set, le frontman fait des allers retours sur la scène du Petit Bain, invitant régulièrement les stage divers à monter, et dirigeant la foule comme un orchestre. Walls of death, circle pite et mosh pits se suivent sans se ressembler et on redécouvre certains morceaux absolument géniaux en live, comme ''Abhorrent Contraception'' ou ''Heinous Testimony'', tandis qu'on retrouve des classiques comme ''Dead As Shit'' et ''Dragged By A Truck'', qu'on a pu découvrir au fil des sets déjà joués en France. A l'image de sa popularité, on réalise vite que SANGUISUGABOGG a grandement progressé, et est une machine de guerre en live, qui pourrait jouer deux heures sans qu'on le voie passer. C'est déjà la fin du set, mais on en redemande ! On ira donc au Motocultor pour en découdre une nouvelle fois avec eux, car on n'aura jamais assez de SANGUISUGABOGG !
 

Blogger : Jed Mosley
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