17 février 2026, 23:59

FAETOOTH (+ COLTAINE + SARITA IDALIA)

@ Savigny-le-Temple (l'Empreinte)

Le 17 février dernier, à l’Empreinte de Savigny-le-Temple, se tenait une soirée placée sous le signe des musiques oniriques : le shoegaze de Sarita Idalia, le post-metal de COLTAINE et le fairy-doom de FAETOOTH étaient réunis au même endroit. Un tel plateau avait de quoi faire oublier que les transports en commun franciliens n’étaient pas du côté des outsiders, mais a largement satisfait les oreilles amatrices d’obscurité, de voix douces et d’ambiances éthérées.


La chanteuse et guitariste Sarita Idalia ouvre la soirée avec des compositions mettant en lumière sa voix douce et ses harmonies rassurantes. Une majorité des titres joués ce soir sont issus de son premier album « Life Eternal » (2024) et portent en eux un calme quelque peu déroutant quand on connaît la suite du programme, mais très appréciable pour qui cherche à se blottir dans un cocon sonore. Parmi les chansons de ce soir, les très belles "Traces of Light" et "Leaving The Desert" dont les notes réverbérées sur fond de lumières bleues et roses nous transportent dans un nuage. Peu de temps avant la fin de son set, Sarita Idalia remercie le public pour ses applaudissements francs et s’excuse de son accent états-unien, présent mais loin de gêner la prononciation de son français. La prestation est bonne, la musique est douce et les oreilles sont prêtes à accueillir les artistes suivant.e.s.


L’ambiance change petit à petit lorsque COLTAINE arrive sur scène. Les instruments sont en place et le micro est orné d’un instrument aux nombreuses clochettes. Le groupe allemand commence avec l’ouverture de l’album « Brandung » (2025), "Tiefe Wasser", dont les cliquètements intrigants plongent d’emblée la salle dans une ambiance particulière. La batterie d’Amin Bouzeghaia, tour à tour légère ou chamanique, et la basse de Benedikt Berg forment un tapis sonore par-dessus lequel la voix et la guitare s’alternent. Quand la voix de Julia Frasch, très légèrement rauque, ne transporte pas le public dans les forêts du Nord de l’Allemagne, c’est la guitare de Moritz Berg qui déploie sa magie. Bien que le groupe clame son appartenance au post-metal, son style se situe à la croisée des envolées du post-rock, des musiques atmosphériques et d’un blackgaze qui semble appeler la nuit. Le style est intrigant mais fonctionne à merveille et conquiert facilement le public de la salle qui peut apprécier pleinement les titres issus des deux albums du groupe.

Bien que formé seulement en 2022, COLTAINE bénéficie de l’entente qui existait déjà entre la frontwoman, le guitariste et le bassiste, tous trois anciens membres du groupe WITCHFUCKER. La maîtrise de Julia Frasch est remarquable : sa voix emporte le public presque sans efforts manifestes et chaque solo de guitare de Moritz Berg est un moment enchanteur à lui seul. C’est à croire que le Rock in Bourlon, qui vient d’annoncer que le groupe jouerait en 2026, savait que le public français voudrait absolument revoir le groupe.


Un entracte plus tard, la bannière de FAETOOTH se dresse derrière la scène de l’Empreinte. Les lumières deviennent rouges et le requiem en ré mineur « Lacrimosa » de Mozart résonne dans la salle. Le public se recueille et observe les trois membres du groupe, Jenna Garcia (chant, basse), Rah Kanan (batterie) et Ari May (chant, guitare) s’installer sur scène. Alors que l’attente est à son comble, les premières notes du titre "Iron Gate", premier de l’album « Labyrinthine » sorti le 5 septembre dernier, résonnent dans la salle. Le fairy-doom du trio, puissant et envoûtant, emporte peu à peu le public grâce à une basse toujours aussi saturée, une batterie solide et une guitare lancinante. Par-dessus l’ensemble s’ajoutent les voix de Jenna Garcia et Ari May : alors que l’une joue la carte de la douceur, l’autre alterne entre le chant clair et les cris qui semblent venus du fond de son âme.

Le seul regret que peuvent avoir les fans du groupe est celui de n’avoir entendu que trois musiques issues de l’album « Remnants of the Vessel » (2022). "Remains" intervient au milieu du concert pour casser la succession de titres de « Labyrinthine » et le set se termine sur l’enchaînement de "She Cast a Shadow" à la douceur initiale désarmante mais nécessaire au cœur de tant de saturation, et "Echolalia" qui pousse les curseurs au maximum. En revanche, l’un des bonheurs de cette soirée est bien de se rendre compte que les trois membres du groupe s’amusent beaucoup plus sur la scène de l’Empreinte qu’elles ne se sont amusées sur la Valley du Hellfest l’été dernier.


Le groupe étant encore jeune, peut-être que le caractère plus intimiste de la salle de Savigny-le-Temple lui a permis de s’épanouir davantage et de ressentir l’énergie et l’admiration d’un public venu spécifiquement pour les voir. Au cours du set, Jenna Garcia va jusqu’à jouer de la basse en étant couchée sur la scène pour vibrer avec la musique. De quoi impressionner le public !

Le groupe quitte la scène sous les applaudissement chaleureux du public qui, tout comme COLTAINE, pourra notamment les retrouver au Rock in Bourlon cet été. Une fois la soirée finie, on sort de la salle avec un sentiment d’apaisement et une joie de pouvoir échanger directement avec les groupes qui tiennent leurs stands de merch. De quoi donner envie de revenir à l’Empreinte pour d’autres concerts et festivals !
 

Blogger : Ivane Payen
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