Magnifique album que signent les Norvégiens VREID chez Indie Recordings. Pour leur dixième offrande, ils nous gratifient de onze titres aussi sublimes qu’énergiques, plein d’originalité comme à l’accoutumée, du black meta, du folk, un peu de dark-wave et surtout de nombreuses mélodies inoubliables.
« The Skies Turn Black » commence par un petit joyau de black metal mélodique avec "From These Woods". Intro arpégée, mélancolie assurée. Les rythmes rapides et les riffs entêtants enchaînent, surmontés de chants black et de chœurs pagan. C’est imparable pour commencer, on est de suite ferré.
"The Skies Turn Black" prend le relai avec une composition plus rock et plus brute mais tout aussi entêtante. Le génial break atmosphérique au chant clair contraste vivement avec les growls agressifs de la première partie du morceau. L’agressivité pure vient vraiment avec "A Second Death", titre résolument black aux influences thrash notamment grâce à ses soli de guitare. Si des passages éthérés demeurent, c’est la brutalité qui domine ici. Et puis vient l’instrumental "Kraken", utilisé comme bande originale du film éponyme. Massif, subjuguant et haletant. Le surprenant mais terriblement addictif "Loving The Dead" avec la voix de DJERV (Agnete Kjølsrud) nous emmène dans un univers dark-wave, gothique et lugubre, à l’imagerie séduisante. Dépaysant mais très intéressant.
C’est l’angoissant "Built And Destroy" qui lui emboîte le pas avec quelques riffs dissonants et une ambiance des plus malsaines. C’est un morceau chaotique et brutal bien que quelques rythmes cadencés et un final psychédélique viennent enrober un peu le tout. A l’intro mélodique de "Chaos", on sent quelque peu l’apaisement mais c’est sans compter sur les guitares acérées qui suivent. Le rythme y est lourd et l’ambiance lugubre. C’est un black metal authentiquement VREID que nous présente le groupe avec ce titre, à la fois atmosphérique et puissant. Dans la même veine, "Flammen", plus old-school dans sa composition avec des riffs incisifs mais également très folk par moments avec ses chœurs de chant clair. Du VREID pur et dur.
Le martial "Smile Of Hate" et ses riffs bourrinés présente tout de même de belles mélodies, que ce soit à la guitare ou au piano, qui en font finalement un morceau aux multiples nuances et niveaux d’écoute. Une belle réussite. Le très mélancolique "Echoes Of Life" au chant clair et à la douce atmosphère nous offre un moment suspendu avant "The Earth Rumbles" qui vient clôturer l’album sur une note beaucoup plus rentre dedans. Les growls sont de retour, les atmosphères aux claviers prédominent et les riffs se veulent cinglants et heavy. Un excellent final à ce « The Skies Turn Black » de qualité.
VREID nous a fait patienter cinq ans avant ce cadeau que cet album aux richesses nombreuses. Car il s’agit vraiment ici d’un cadeau qu’ils nous font. « The Skies Turn Black » n’est rien d’autre qu’addictif, et ce, dès la première écoute. Mais c’est en fouillant encore et encore que l’on découvre toute la splendeur des onze morceaux alors n’hésitez pas à faire tourner l’album en boucle.