Ils sont parmi mes groupes scandinaves favoris. Ils ont souvent rythmé des épisodes épiques de ma vie : défrichage d’un jardin où King Kong se serait senti à son aise, des déboires amoureux aux relents de crépuscule des dieux... Nouvel album donc, pour les Danois VANIR, voici « Wyrd ».
Surgit alors "Against The Storm", voix death pour un groove résolument pagan. Un titre reflétant à merveille son contenu. Les riffs sont forts, immédiatement adoptés, la rythmique quant à elle joue la carte de l’épique. Résonne sur le chant rugueux une basse noire comme les ténèbres. A cet hymne guerrier nous répondons présents. Nous chevauchons à travers les mers du nord, le regard farouche à la Conan, et nous gagnons le "Braavalla" sur des riffs indomptés, un millier de valkyries dansent autour de nous et nous saluent. L’heure est au triomphe folk/death metal. Et quelle jouissance mes amis.
VANIR marque une pause à travers "Boudica", à l’introduction introspective, des cordes sèches qui cèdent ensuite la place à un retentissant fracas de metal forgé dans les puits séculaires qui ont dressé les couleurs de légendes telles BATHORY. Véritable ode viking metal, l’écho s’étend à l’infini, appuyé par des roulements de riffs et des claquements de tambours guerriers. Classieux, nous sommes encore montés d’un cran. "Da lammet brød det 6. Segl" poursuit sur cette voie... ou voix devrais-je dire, tellement ce chant death metal et cette furie musicale à la texture si puissante nous transportent. VANIR a depuis pas mal d’albums su construire sa propre mythologie musicale, avec ses charges black/thrash imparable, son timbre âpre et ses retours mélodiques si prégnants.
Loin de nous ennuyer, de nouveaux tableaux nous sont offerts. "Helgrinidir" aiguise les cordes huileuses dans un mouvement de balancier rythmique entêtant, mimant une mort rampante, tellement mélodieuse qu’elle met nos sens en émoi. "Mod & ære" mêle furie vengeresse et dimension épique, de quoi se sentir pousser des ailes (de Valkyrie). Toujours une basse en pleine cavalcade, une batterie qui tonne telle mille canons, et des cordes huileuses qui se fracassent en vagues ininterrompues contre nos oreilles, appuyant un chant qui en lui-même est déjà un défi jeté à la face impassible des divinités. Votre humble serviteur de ce maelstrom ressort tout décoiffé !
"Nine" est l’ultime rugissement d’un lion coiffé de son casque à cornes. Des démons s’ébattent joyeusement sur les cordes graves de la basse, la batterie explose dans mille fracas et les riffs de ce crépuscule des dieux sont comme la fin de l’hiver. VANIR est venu, a fait tonner son propos façon Thor bien énervé... et à vaincu. Une magnifique offrande. Loués soient-ils !