15 mars 2026, 14:16

RED SUN ATACAMA

"Summerchild"

Album : Summerchild

Quatre ans ont passé depuis que le fuzz de « Darwin » a envahi nos oreilles. Le desert-punk de RED SUN ATACAMA était déjà remarquable à l’époque de par sa force et sa couleur si particulière. En ce 13 mars, « Summerchild » s’inscrit en digne successeur des deux premiers albums du trio et témoigne d’une créativité qui n’a pas fini de faire tourner les platines.

Ça fait déjà quelques années qu’on connaît RED SUN ATACAMA pour ses concerts endiablés, son fuzz inégalable et sa présence au sein de la scène française. Pourtant, le trio formé de Clément Márquez (chant, basse), Vincent Hospital (guitare) et Robin Caillon (batterie) a récemment franchi une nouvelle étape en signant sur le label Mrs Red Sound, label fondé par d’autres piliers de la scène stoner française que sont les membres de MARS RED SKY. En plus de leur attirance pour la couleur rouge, les deux groupes partagent un goût prononcé pour le fuzz qui emporte, la musique psychédélique qui s’envole et les voix qui se posent sur un mur de son. Ajoutons à cela un enregistrement au studio The Apiary d’Amaury Sauvé et un mastering par Thibault Chaumont au studio Deviant Lab et « Summerchild » a déjà tout pour être un excellent album, avant même qu’on ne commence à l’écouter.

Le desert-punk de RED SUN ATACAMA emprunte, comme son nom l’indique, au desert rock et au punk. Le desert rock qui tape autant qu’un soleil rouge, celui qui assèche autant qu’il donne la force et la vigueur nécessaires pour avancer. Le punk qui déclenche une envie de tout défaire, de renverser l’ordre établi et d’avancer à contre-courant. Dès "Passenger" et son refrain qui crie le nom d’un chevalier noir, titre sur lequel on entend une autre voix bien connue de la scène française, celle de Laurent McPake (CLEGANE), on se rend compte de la force de frappe du trio : hypnotique et prenant, tel est le style qui prend aux tripes dès qu’on l’entend. "Conveyor" et son matraquage auditif s’inscrivent dans la même lignée : la batterie est démoniaque, la guitare s’emballe et la basse vibre de façon redoutable tandis que la voix nous guide dans ce voyage hallucinatoire.

Et soudain, alors qu’on se dit que la force est décidément de mise sur cet album, les premières notes de "Weightless" nous accueillent dans leur écrin de chaleur calme dont on ne savait pas qu’on avait besoin avant de l’entendre. Bien qu’on n’y reste pas très longtemps, il nous permet de mesurer la maîtrise de RED SUN ATACAMA qui passe d’une ambiance à l’autre sans qu’aucune des deux ne soit négligée au profit de la seconde. Le résultat est un impact encore plus vibrant de la basse dont la vibration était déjà poussée dans ses retranchements. Arrive alors le single "Commotions" dont la batterie effrénée n’a d’égale que les coups de basse qui assomment probablement autant que le soleil rouge du désert de l’Atacama. Ainsi s’achève la face A de ce très bel album.

Plus on avance dans les titres, plus les contrastes se font puissants : "Graze The Sun" oscille entre des passages en solo et d’autres plus chargés, ce qui permet de ménager des pauses bienvenues après les murs sonores des titres précédents. C’est ensuite "Summerchild" qui nous happe dans une apothéose sonore, guidée cette fois par la guitare dont les arpèges mènent les oreilles jusqu’à l’accélération de "Ragdoll". L’album se referme sur la très belle chanson "Sundown" dont les notes de guitare semblent dessiner des étoiles sur le ciel, quand celui-ci perd les couleurs du jour pour revêtir un manteau de nuit qui nous enveloppe de sa douceur.

Moins monolithique que ses prédécesseurs, « Summerchild » développe le style de RED SUN ATACAMA et en montre de nouvelles facettes, plus nuancées et qui s’équilibrent davantage. Si on ajoute à cela la superbe pochette dessinée par Nicolas Marciano, on a largement de quoi se perdre dans un périple de quarante minutes et profiter d’un album maîtrisé, aussi puissant que caressant et qui deviendra, à coup sûr, un indispensable des adeptes du fuzz.

Blogger : Ivane Payen
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