22 mars 2026, 14:28

NOTHING

"A Short History Of Decay"

Album : A Short History Of Decay

On a désormais pris l’habitude du rythme de production d’albums et d’apparition des groupes en festival : une fois tous les deux ou trois ans, une nouvelle création sera disponible et le groupe défendra cette création à l’occasion de concerts et de festivals. Toutefois, chacun.e sait que la création ne se commande pas toujours et que l’inspiration ne se trouve ni sous le sabot d’un cheval, ni sous un pedalboard. Le bon travail prend parfois du temps et l’exigence nécessite souvent un temps long qui n’est pas celui que l’industrie musicale est prête à accorder. D’où l’écart de six ans entre « The Great Dismal » et « A Short History Of Decay », cinquième album de NOTHING qui vient de paraître le 27 février.

Avant même d’écouter « A Short History Of Decay », on s’aperçoit que l’album est marqué par de nombreux changements : à part le frontman Nicky Palermo, le line-up du groupe est complètement renouvelé. Les parties de guitare et de chœur sont assurées par Doyle Martin et Cam Smith, la basse est jouée par Bobb Bruno et Zachary Jones se charge de la batterie. Le label change également, l’album paraîssant sur Run For Cover Records alors que Relapse se chargeait des précédents. À quoi peut-on s’attendre de la part d’un groupe qui a presque totalement changé ? À ce que son frontman et membre fondateur revienne à l’essentiel de ce qui fait son style.

L’album se déroule comme un livre en neuf chapitres avec son début, ses péripéties et sa fin, ses passages heavy et ses moments plus calmes. Never Come Never Morning" sonne comme l’incipit d’un roman qui nous situe dans une enfance heureuse, idéalisée, quand tout était si simple que le simple fait d’y repenser est déroutant. On a vite fait de déchanter avec "Cannibal World" dont le rythme et la tension nous ramènent bien vite à des préoccupations d’adulte. Tout au long de l’album, on oscille entre des moments de calme parfois acoustique, comme le très beau "Purple Strings" orné de l’accompagnement de la harpiste Mary Lattimore, et des temps de réalisation beaucoup plus heavy comme le planant "Toothless Coal". Alors qu’on aurait pu s’attendre à de nombreux changements stylistiques au vu du renouveau opéré autour de Nicky Palermo, celui-ci a mis à profit les quelques années écoulées depuis la sortie de « The Great Dismal » pour peaufiner des mélodies jusqu’à ce qu’elles transcrivent à la perfection l’état d’esprit apaisé qui est désormais le sien.

Trop heavy pour appartenir à la famille des musiques douces et trop doux pour appartenir à la famille des musiques heavy, le heavy shoegaze aux notes indus de NOTHING s’épanouit pleinement dans cet album mûrement réfléchi et profondément abouti. Les neuf titres sont autant d’ami.e.s proches qui nous accompagnent lorsqu’on pense aux fantômes du passé, comme des ballades venues des années 90 qui nous rappellent que laisser du temps au temps est plus que nécessaire et assurément salvateur.

Blogger : Ivane Payen
Au sujet de l'auteur
Ivane Payen
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK