17 mars 2026, 18:23

SCHATTENMANN

"Endgegner"

Album : Endgegner

J’ai introduit avec un grand enthousiasme ce groupe avec son œuvre précédente « Dia De Muertos », voici que SCHATTENMANN nous revient avec « Endgegner », qui se traduit par boss final.

SCHATTENMANN démarre par la fin en allant directement affronter le "Endgegner". Introduction electro pour un « one, two... Fight ! ». Du pur metal indus, de la neue deutsche härte pour les connaisseurs. Le chant et le groove, des poussées de riffs puis des breaks intimistes, une imparable alchimie séductrice qui rappelle OOMPH!. "Besser als der Rest" nous pousse sur un dancefloor bien remuant, mixant un metal lourd à un gimmick gorgé de synthés eighties. Les Allemands sont décidément doués pour le mélange des genres, une audace qui fera dire à certains que c’est "Kamikaze", ça tombe bien le single en question se révèle être un parfait modèle, avec sa pop-électro et ses claquements indus furieux. A cela ajoutez tout le charme du chant en langue teutonne, et vous obtenez cet improbable titre qu’est "Einen Scheiß muss ich". Ou quand des refrains enfantins se disputent avec des riffs huileux et des battements de cœur de machine.

SCHATTENMANN appartient à un genre toujours empreint d’optimisme, aussi "Wir sind das Ende der Welt“ (nous sommes la fin du monde) ne surprendra personne. Nous célébrons cette fin du monde à grands coups de riffs et de caisses martelées, d’envolées romanesques violoneuses et de beats cybernétiques, le tout saupoudré du velours de la voix de Frank Herzig.  La fin du monde se doit d’être élégante. Elle se doit également être en mode guerrier, tel ce "Kein Kommando", et la célébration se doit d’être arrosée d’un bon "Schna-na-naps" ultra dansant. Ils sont très doués pour marier le metal aves la techno. Ce groupe a décidément la classe et enchaîne avec "Unmensch", boulet de canon indus qui fracassera bien des nuques en live avec ses riffs destructeurs.

Qui dit metal allemand; impose une ballade de rigueur. "Echo" se débarrasse de l’habit indus, mais garde ses sous-vêtements indus, pudeur oblige, pour un slow somme tout très classique et efficace. Après cet intermède, SCHATTENMANN redevient lui-même avec sa version de "Auf die Zunge" et son martèlement à la RAMMSTEIN. Les riffs nous enveloppent généreusement sous la touche froide des vocaux. C’est reparti comme en 40, quoique parlant d’un groupe allemand je devrais faire plus gaffe dans mes métaphores. "Alter Ego" vaut toutefois son poids en charge de panzer à travers les Ardennes, guitares déchaînées glissant sur une glace electro bien polie et une voix à la belle sincérité. Derniers battements de cœur de machine imprimés dans la basse sur “Gelegenheit macht Liebe“, SCHATTENMANN nous salue de sa plus belle énergie, avec des riffs brillants d’amour jusque dans la dernière note.

Un combat qui ne s’est pas terminé sur un match nul. SCHATTENMANN l’emporte haut la main. Un excellent cru d’un grand groupe de la neue deutsche härte. Il ne faut pas rater ce beau mix metallemand.

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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