D'abord youtubeuse étrange, puis chanteuse de pop, présentatrice d'émission (Improbably Poppy, que l’on vous conseille de regarder d'ailleurs), créatrice de featurings improbables avec KNOCKED LOOSE et BAD OMENS, mais surtout chanteuse de metal connue et reconnue depuis 2020 et son (excellent) album « I Disagree »... A seulement 31 ans, Poppy a déjà eu mille vies. Et ce soir, on s'apprête à enfin assister à son premier concert en tête d'affiche à Paris, à l'Olympia ! Accompagnée des coreux de FOX LAKE et des neo-métalleux de OCEAN GROVE, la diva aux mille projets n'en a ce soir qu'un seul : retourner l'Olympia et enfin satisfaire son public, venu en nombre ce soir !

C'est le groupe américain FOX LAKE qui lance les hostilités. Avec son hardcore teinté de rap, on pense tout de suite à nos RISE OF THE NORTHSTAR nationaux, mais on sent immédiatement que quelque chose clique. Peut-être est-ce le son, particulièrement propre ce soir, ou bien l'énergie déployée par le chanteur Nathan Johnson, mais une atmosphère spéciale commence immédiatement à se dégager du set. Au fil de ses neuf morceaux interprétés ce soir, FOX LAKE fait monter la température jusqu'à ce qu'elle atteigne son paroxysme, avec des circle pits énormes pour un groupe de cette taille. Les hardcore dancers sont là, les two-steps s'enchaînent... On se croirait presque dans une petite salle avec un groupe de la scène hardcore parisienne sur scène, mais c'est bien un Olympia quasi complet à 19h que FOX LAKE est en train de retourner ! Avec une efficacité redoutable, son set de 30 minutes semble en durer 5 tant on ne s'ennuie pas une seconde, et c'est sous une ovation triomphale que les Américains quittent la scène de la légendaire salle parisienne, devant un public convaincu, et qui reviendra probablement le voir dès que possible. Un très bel exploit en guise de première partie !
OCEAN GROVE a la lourde tâche de suivre ce tourbillon d'énergie, et dès les premières notes de "Cell Division", le frontman Dale Tanner se donne à fond, sautant des marchepieds présents de chaque côté de la scène, haranguant la foule autant que possible, pendant que Brent Hunter court aussi partout et que le guitariste Ryan Burnett (que vous connaissez peut-être de son autre groupe, un petit truc appelé ARCHITECTS) joue ses riffs à la perfection... Cependant, le nu-metal des Australiens est plus lent que le hardcore de FOX LAKE, et on ne peut s'empêcher de se dire qu'on en voudrait plus ! Le dernier album d'OCEAN GROVE, « Oddworld », étant en plus plutôt sombre, on se retrouve à comparer le set à celui de la tournée « Up In The Air Forever » aux Etoiles, et donc à trouver ça un peu dommage de perdre en énergie entre FOX LAKE et Poppy, ainsi qu’entre les deux dernières tournées du groupe. Le set reste solide et l'énergie déployée impressionnante, mais on aurait eu envie d'un peu plus, et quand on regarde autour de nous dans les gradins, on pense ne pas être les seuls à le penser. Dommage, mais on en profitera probablement plus la prochaine fois !
Vient enfin le tour de Poppy de prouver que son succès exponentiel est mérité, et après un bref discours d'un mystérieux narrateur, la chanteuse lance les hostilités avec un enchaînement imparable de ''Bruised Sky'' et ''Bloodmoney'' qui déchaînent immédiatement la foule ! A peine le temps de s'en remettre qu'elle réapparaît munie d'un masque hideux annonçant le single ''Scary Mask'', composé avec FEVER 333 il y a quelques années. Quelle entrée en matière ! Au niveau des visuels, les musiciens portent tous le fameux masque effrayant, restant globalement en retrait sauf aux moments des solos, tandis que Poppy se présente en diva, dans une tenue bleue aussi élégante qu'adaptée aux lumières (majoritairement bleues) devant un petit écran anecdotique sous la batterie. La chanteuse s’époumone sur ses screams si singuliers et se met soudainement à chanter en clean sur les hymnes ''The Cost Of Giving Up'' et ''Public Domain'', sans la moindre difficulté. Un enchaînement d'ambiances qu'elle réitère à plusieurs reprises sur le seul morceau ''Concrete'', passant de moments ultra rapides idéaux pour les circle pits à un refrain ultra... Poppy !
Le son est parfait lorsqu'elle lance ''The Center's Falling Out'' qui voit le centre de la fosse se fendre pour un wall of death qui ne sera pas le dernier de la soirée. On se fait alors la remarque que Poppy est à l'aise dans tous les registres qu'elle aborde durant ce set, efficace sur le metalcore aux refrains pop, et redoutable sur les passages hardcore très nombreux ce soir ! La reine de la soirée continuera son bonhomme de chemin jusqu'à une reprise (enfin, en est-ce vraiment une lorsqu'elle en est la chanteuse principale?) de ''V.A.N.'' de BAD OMENS, où le public reprendra les brèves parties vocales de Noah Sebastian. Pour clore ce court set (65 minutes seulement), Poppy nous propose un dernier enchaînement : le surpuissant ''They're All Around Us'' pour satisfaire les (nombreux) coreux du public, et l'hyper efficace ''New Way Out'' pour terminer le concert sous une pluie de confettis et une ovation méritée.
Ce soir Poppy a prouvé aux curieux lors de ce premier concert français en tête d'affiche qu'elle pouvait assurer un concert qui n'a rien à envier aux plus grands, que sa musique n'était pas "juste" le gimmick d'une personnalité d'internet, et a pu enfin combler ses nombreux fans qui l'attendaient de pied ferme depuis des années. Une réussite tonitruante !
