20 mars 2026, 23:59

GANAFOUL + STOCKS

@ Ris-Orangis (Le Plan)


Au tout début des années 80, ils faisaient partie des pointures de la scène rock française et emballaient les amateurs de hard rock avec leur musique pétrie de blues et de boogie. Plus de quarante ans plus tard, et après de longues interruptions et moult résurrections, ils sont toujours là ! 

Ils, ce sont STOCKS et GANAFOUL, deux formations mythiques qui ont eu la bonne idée de ce concert en double tête d’affiche, dans un lieu lui aussi gorgé d’histoire, le Plan, à Ris-Orangis. Un événement qui rameute quelques centaines d’amateurs, à la moyenne d’âge certes élevée, mais motivés.
STOCKS démarre la soirée à 20 heures pétantes, et ne fait pas de quartiers : quatre morceaux de son légendaire premier album, « Enregistré en public » (1982) de rang ! Clairement, « Cole Younger », « Le Nord », « Caracas » et « Stetson Blues » lancent magnifiquement le concert, mais mettent aussi la barre très haut. 


Christophe Marquilly, le chanteur, guitariste et patron du groupe depuis ses débuts, affiche toujours ce toucher bluesy avec son instrument, vocalise avec sa voix de jeune homme, et conserve un détachement salutaire, comme lorsqu’il lance, après « Caracas » et alors qu’il s’affaire sur un câble ou une pédale, « eh oui, même pour se baisser, c’est compliqué ». La première des nombreuses blagues sur l’âge des musiciens et des spectateurs présents, qui se succèderont toute la soirée.

A la section rythmique, on retrouve bien sûr Fred Nicolle à la basse et Fabrice Trovato (la paire officie également dans TR3NTE), insufflant un groove palpable, dopé par un mixage sonore au top.
L’écran géant situé derrière la scène diffuse soit le logo géant du groupe, soit quelques images adaptées, mais c’est surtout la musique qui attire l’attention. L’ancienne, bien sûr, aucun album n’étant oublié. Même si « Eclats de rock » (1984) ne s’en tire pas très bien, avec seulement deux extraits, « Je vais craquer » et « La tête à l’envers ». Et les nouveaux titres, deux ce soir, servis de rang : « Oligarque », une charge contre la bureaucratie européenne, et le nostalgique « C’était mieux avant ». Deux morceaux à retrouver sur un EP récemment sorti, mais qui figureront également sur un nouvel album attendu pour le milieu de l’année chez Bad Reputation. Le premier depuis 2002 !


Une longue version de « Cocaïne », titre signé J.J. Cale mais popularisé par Eric Clapton, clôture la soirée, avant un chouette rappel. D’abord « Fallait que j’te dise », puis le réclamé à cor et à cri « Suzy », annoncé avec ironie par Fred Nicolle : « Alors, on la joue, cette histoire de bistro ? » Et comment ! Et on la joue même avec le public, devenu pour l’occasion le quatrième membre du groupe, chantant toutes les paroles du début à la fin. Une heure 20 de show qui montre qu’en 2026, on peut toujours investir dans STOCKS.

Pas de suspense, GANAFOUL mérite lui aussi toujours autant notre confiance, plus de 50 ans après ses débuts. Sur disque, il vient de le prouver, grâce à un excellent « Dangerous Times », disponible depuis l’an dernier. Un formidable condensé de hard rock/boogie/blues qui prouve que le leader, Jack Bon, a bien fait de relancer la machine, avec les historiques batteur, Yves Rothacher, et guitariste, Edouard « Doudou » Gonzalez, présents aux tout débuts, Luc Blackstone à la basse complétant la fine équipe.
D’autant que Jack, chapeau sur la tête et chemise bariolée, a conservé toute sa gouaille de titi lyonnais. Comme lorsqu’il s’inquiète au début du concert : « Y en a qui sont encore au bar ? Bien, ça veut dire que la bière est bonne ! » Pas autant que ta musique, Jack, on te rassure. 


L’antédiluvien « Free Tomorrow » attaque d’emblée à la gorge, et GANAFOUL ne nous lâche plus, proposant dès le deuxième morceau une nouveauté, « Get Out Of My Way ». Ce soir, le groupe n’est pas là que pour jouer la carte de la nostalgie. Il entend bien défendre son dernier disque, qu’il jouera dans sa quasi-intégralité, et dont les extraits s’insèrent parfaitement dans le patrimoine musical de la formation. Il passe en tout cas comme une lettre à la poste, à en croire un spectateur plein d’humour des premiers rangs qui lance un « c’est un bon début, ça !» qui fait marrer Jack Bon. 

Le même fan récidive d’ailleurs quelques minutes plus tard, après l’annonce d’un « vieux morceau », à savoir « Nothing More », via un savoureux « c’est du vieux, c’est du bon ! » Mais le neuf, c’est aussi du bon, comme le prouvent les remuants « What A Mess », la profession de foi « Boogie Man, Rock And Roll Singer », ou « Living Day By Day », dédié aux disparus du groupe, musiciens comme techniciens. 


Sur scène comme dans la fosse ne règnent que joie et satisfaction, rock ’n’ roll et boogie, et le temps file à toute vitesse. Sorti de sa bulle enchantée à la fin de « Love, Peace Rock’n’Roll », Jack Bon ne peut que le constater : « Il ne nous reste qu’un quart d’heure. Faut y aller, les gars » ! Et ils remontent donc au charbon pour deux indispensables classiques, « Far From Town » et « Saturday Night », où « Doudou » livre un ultime étincelant solo de guitare. 

A 23h05, après 1h25 de présence, GANAFOUL quitte donc les planches, avec un seul regret de notre part : qu’aucun titre de « Side 3 » (1979) n’ait été proposé (la bonne nouvelle, par contre, c’est que l’album va être réédité en CD chez Bad Reputation. Pas impossible que « T’As bien failli crever ! » connaisse le même sort…). Les lumières se rallument, mais la rumeur court. Une jam pas vraiment répétée avec STOCKS était prévue…
Elle a finalement lieu, pour la plus grande satisfaction des spectateurs, dont pas un n’a quitté la salle. Christophe Marquilly revient donc avec sa guitare (et va se planquer tout au bout de la scène à droite), Fabrice Trovato débarque avec des percussions et Fred Nicolle s’installe près de Luc Blackstone pour assurer quelques chœurs. C’est un bon vieux AC/DC à la rythmique aussi simpliste qu’implacable qui est choisi pour cette réunion temporaire, « There’s Gonna Be Some Rockin’ ». Quelques minutes de rab’ bienvenues ! Quelle soirée !

Blogger : Michel Valentin
Au sujet de l'auteur
Michel Valentin
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK