30 mars 2026, 17:47

LABELS ET LES BÊTES

"Le coté obscur de la force métallique" - épisode 101

Blogger : Clément
par Clément


Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiance actuelle n’est pas à la franche déconnade. Nous vous épargnons la liste longue comme le bras des mauvaises nouvelles qui tombent jour après jour dans les différents médias pour tenter d’apporter un soupçon de légèreté dans ce contexte difficile. Et quoi de plus adapté qu’une bonne déferlante de metal viril dans les enceintes pour combattre la morosité ambiante, hein ? Vos trois émissaires du côté obscur de l’HARD FORCE ont donc une nouvelle fois rameuté ce qui se fait de mieux dans les contrées hostiles du metal qui tâche, histoire de garder encore une santiag en hiver pour la Rock'n'Roll attitude. Allez, maintenant on éteint la téloche, on respire un grand coup et on monte le son... à fond les ballons !
 

LÖMSK : « Act II : Of Iron and Blood » (Vendetta Records)

Après un premier EP de très bonne facture paru en 2024, le quatuor de Göteborg se fend maintenant de son premièr grand format avec, au programme, quarante-sept minutes d’un black metal de haute volée qui habille sept morceaux du genre costaud (et 2 interludes). Méthode, rigueur et structure : nous y voilà donc dès l’orgasmique doublette de départ "Fields of Elysium" / "Of Iron and Blood" qui distille sans ménagement une volée de riffs incisifs et d’ambiances typiquement nordiques du meilleur effet. Avant de laisser place à un maelström de trémolos frissonnants soutenu par des parties de batteries magistrales. Un véritable ouragan rythmique du meilleur effet.
LÔMSK excelle tout du long dans l’abattage de riffs tranchants qui transcendent autant qu'ils hypnotisent. La maîtrise technique est redoutable mais celle-ci ne tombe jamais dans la démonstration stérile. La section rythmique est audacieuse et le prouve sans détours avec de nombreux breaks qui en laisseront plus d'un sur le carreau. A n'en point douter cet album est un véritable entretenue par l'imposante production, réalisée de main de maître par Robert Kulka, qui sculpte ici un son dense et profond. Le tout au service d’un roadtrip épique qui ravira les plus amateurs les plus exigeants d’entre vous...
(Clément)


MERCULISTARYA : « Áradó fájdalom a tűnődés medrében » (Pest Productions)

Le Hongrois à la tête de ce projet, Árpád Szenti, n’est pas un inconnu au sein de la scène black metal locale. Il a en effet participé à une petite dizaine de projets depuis le début des années 2000 et assure la batterie au sein de la formation live de THY CATAFALQUE, l’expérience est donc au rendez-vous sur ce premier album. Et le multi-instrumentiste ne se prive pas de le démontrer dès les premiers instants de l’introductif "Merengő" qui marie chevauchées rythmiques épiques et claviers symphoniques du meilleur goût. Tout du long des 43 minutes de cet « « Áradó fájdalom a tűnődés medrében » savoureux, le musicien joue avec les tempos et les ambiances sans le moindre complexe ("Pusztuló kor " et "Álomország" l’illustrent à la perfection).
Renvoyant parfois aux ambiances avant-gardistes du premier ARCTURUS ou SOLEFALD, MERCULISTARYA n’en demeure pas moins expert lorsqu’il de s’attaquer de manière plus frontale à l’auditeur. Également aux manettes de la production avec un certain doigté, ce dernier a su (bien) s’entourer Attila Petheő qui trousse ici une superbe pochette. Le tout est une véritable réussite qui montre toute l’étendue du talent du bonhomme, dont l’on devrait prochainement reparler au vu du nombre de groupes auxquels il est rattaché. Un premier essai concluant !
(Clément)


GALIBOT : « Euh’mau Noir Bis » (Les Acteurs de l'Ombre)

« Euh’mau Noir Bis » est la réédition et le mise à jour du premier album des Nordistes de GALIBOT paru initialement en 2024. Le quintet dont le nom renvoie aux enfants envoyés dans les fosses minières du Nord de la France puise son inspiration dans ce terroir industriel et porteur d’Histoire et de légendes, sombre mais fascinant. Les huit titres de ce « Diable Noir » nous soufflent un black metal mélodique emporté par la voix d’Agathe/ Diffamie et un instinct brut et cinglant. Ce qui est marquant dans le son GALIBOT, c’est la lourdeur des blasts, le côté terrestre, une musique qui vient des tripes et qui décrit un monde dur, dans lequel on survit plutôt qu’on ne vit. Cependant, les mélodies y sont saisissantes et nous montrent la force vitale, la résilience là où les riffs répétitifs sont symboles d’un travail à la chaîne, au visage inhumain. Tout est histoire d’équilibre et de maîtrise et le black metal de GALIBOT a cette faculté de nous emmener au cœur de la terre sans jamais que ce ne soit ennuyeux. Incisif, rythmiquement varié, hargneux et sublime à la fois, il a tout d’un grand.
(Aude Paquot)


​TOMBEAUX DE FER : « L’Acier Victorieux » (Adipocere Records)

Le one-mand band TOMBEAUX DE FER marque cette année de sa signature chez Adipocère Records et c’est l’occasion pour nous de (re)découvrir le véritable déluge d’acier et de black metal furieux que nous assène « L’Acier Victorieux ». Au gré des sonorités guerrières des sous-marins de la deuxième guerre mondiale, le EP d’un peu plus d’un quart d’heure ne nous laisse aucun répit entre les morceaux torpilles qu’il nous envoie. Blastée, hurlée, à la production minimaliste mais rigoureuse, la bande son nous rappelle ce que MARDUK fait avec ses panzers. Mais TOMBEAUX DE FER se démarque par sa musique brute et primaire, au service de la description d’abysses paisibles ciselées par la présence de monstres d’acier synonymes de chaos et de destruction. Nul doute, les U-Boote sont là : que ce soit dans le U-68, le U-118, le U-183 ou le U-515, noms donnés aux différents morceaux du EP, on ne navigue pas au gré du vent, on fend insidieusement les fonds marins bien décidé à en découdre avec l’ennemi. Difficile de faire du titre par titre ici, « L’Acier Victorieux » s’écoute d’un trait, pas le temps de lambiner. Fan de black metal martial, voici un album pour vous.
(Aude Paquot)


DECIPHER : « Thelema » (Transcending Obscurity Records)

Le black metal grec se porte bien, merci ! Et ce n'est pas DECIPHER qui prouvera le contraire, lui qui va cette année donner un digne successeur à « Arcane Paths To Resurrection », leur premier opus sorti en 2023 plutôt bien accueilli par les fans comme par les critiques. Le groupe poursuit donc son chemin artistique toujours plus profondément dans la noirceur ("Hail Death"), conférant une certaine opacité noirâtre à ses compositions tout en apportant des touches d'originalité bienvenues sur certains passages. Il aurait du reste été fort plaisant de voir DECIPHER prendre plus de risques de ce côté-là plutôt que de se confiner à du déjà-vu (le trop classique "Towards Renaissance" qui ne devient intéressant que dans la deuxième partie du titre), d'autant plus qu'on ressent très clairement des capacités à le faire (« Litany » et ses paroles multiples qui partent dans tous les sens). Ce sera sans doute pour une prochaine fois, il faudra en tout cas garder un œil averti sur les membres de DECIPHER des fois que le miracle arrive !
(Crapulax)


SKULL ALTAR : « Diabolical » (Autoproduction)

La baffe thrash metal du mois s'appelle SKULL ALTAR (peut-être inspiré des monuments des serviteurs de Khorne, le dieu du sang dans Warhammer 40k ? allez savoir...) et ça nous vient de Finlande ! Après 3 EP sortis entre 2017 et 2020, c'est enfin la consécration avec ce premier album intitulé « Diabolical » réalisé dans l'esprit old school qui convient dans ce genre de situation. Les influences de groupes phares comme SLAYER (l'introduction de « Scorn ») ou DESTRUCTION font parfois surface, tout comme quelques résurgences death des précurseurs du style. Toutefois, quelques petits bémols viennent entacher l'album : le recours à 3 chanteurs différents (plusieurs solistes également), une qualité de production parfois variable d'un titre à l'autre. Rien de bien méchant en somme, c'est le genre de détail qui se gomme une fois le groupe stabilisé et signé sur un label !
​On se demande d'ailleurs bien pourquoi ce n'est pas déjà fait tant des titres comme "Infodemia" ou "Fear Of War" percutent à mort et donnent envie d'headbanger à s'en décrocher la tête !
(Crapulax)

Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
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