Mais qui est donc cet étrange squelette accompagné d’un corbeau et d’une Gibson ? C’est FAT JEFF représenté ainsi sur l’artwork qui accompagne son EP « Heavy Lonesome Blues » sorti le 27 mars. La pochette intrigue et le titre renforce l’envie d’en savoir plus. Préparez-vous à plonger dans un blues revisité, rafraîchi par un one man band franc-comtois.
L’atmosphère est sombre, délicatement fuzzée et ponctuée d’ajouts de guitare acoustique et d’orgue Hammond. Le chant, la guitare, la grosse caisse et le tambourin sont assurés par FAT JEFF lui-même qui, au fil de ses quatre titres, dévoile un style heavy blues à la fois puissant et touchant. Les quatre titres de l’EP nous guident dans cette ambiance entre le blues des années 70, la rouille du grunge et le fuzz du stoner. Pour enregistrer ces quatre pépites, l’artiste se rend au Black Box Studio de Peter Deimel où les conditions d’enregistrement parfaites lui permettent de donner vie à ses créations.
Dès les premières notes de "Welcome Stranger", on ressent la force de l’atmosphère installée par FAT JEFF. Et pour cause : les réflexions qui habitent son esprit sont habilement décrites grâce à des paroles lourdes de sens, des histoires particulières dans lesquelles chacun.e peut se retrouver. Alors que le premier titre s’attache au récit des personnes délaissées lors des ruées vers l’or américaines au XIXe siècle, "Identical To None" décrit la façon dont l’appropriation culturelle a progressivement dénaturé l’acte de piercing bien qu’il soit encore lié à un marquage identitaire. "A Nice Dead Person" se fait beaucoup plus personnel : FAT JEFF opère un plongeon dans son passé pour marquer son évolution et son passage à un âge adulte plus raisonnable. Enfin, "I Would Like To Heal You" s’adresse quant à lui aux personnes en situation de handicap, bien souvent inconsidérées et ignorées.
Tout au long de l’album, les mélodies envoûtantes captivent l’oreille et invitent à se livrer à un léger balancement de la tête pour accompagner les accords de blues et leurs arrangements qui apportent un étoffement équilibré aux quatre titres. « Heavy Lonesome Blues » se savoure comme un chocolat chaud au coin du feu, comme une boisson chaude qui nous enveloppe dans son étreinte et nous rappelle que le blues peut encore s’apprécier aujourd’hui.