3 avril 2026, 23:59

DEWOLFF + BLUES PILLS

@ Paris (Bataclan)


DEWOLFF et BLUES PILLS ont dû se croiser lors du dernier Raimes Fest, dans le nord de la France, en septembre 2025 : les Suédois s’y produisaient le samedi, les Néerlandais le dimanche. Depuis, les premiers sont restés scéniquement inactifs, jusqu’à fin mars. Mais ils ont changé de bassiste, Kristoffer Schander, présent depuis 2019, ayant laissé la place à Agnes Roslund, précédemment guitariste dans le groupe danois REDDI. Et comme le batteur, André Kvarnström, n’a toujours pas regagné son kit, c’est toujours Lina Anderberg qui officie à la batterie, faisant de BLUES PILLS un groupe désormais aux trois quarts féminin. 
Pas de changement de personnel par contre chez DEWOLFF, bien plus actif en concert ces derniers temps. Le groupe a notamment effectué une tournée des clubs dans son pays, avant d’intégrer, avec BLUES PILLS fin mars, ce "Double Bill Tour 26", qui voit chacune des deux formations partager l’affiche et jouer la même durée, à savoir une heure un quart.


Pour les accueillir à Paris, le Bataclan se montre très bien garni en bas, le balcon restant fermé. Pas de quoi casser l’ambiance, les deux groupes étant réputés pour leurs prestations en live, et ce n’est pas ce vendredi soir qui viendra apporter une exception. 
DEWOLFF se présente en premier. Et comme à chaque fois ces dernières années, les spectateurs voyagent. A la fois dans le temps, via une musique rock, soul, hard, funky, gospel, très 70's. Et aussi dans l’espace, tant le guitariste et chanteur, Pablo van de Poel, se démène tel un prêcheur à Harlem, haranguant ses ouailles, les mettant en transe via ses discours, imprécations et chants, parsemés de « are you ready » et d’impétueux coups de pieds en l’air ! 
Ça, plus quelques mots de français, et l‘artiste se met rapidement le public dans sa poche. D’autant que côté set-list, ça déménage aussi sérieusement. Aux dynamiques "Night Train" et "In Love" succèdent un plus pop et allongé "Bona Fide", avant le plus vieux morceau de la soirée, un "Tired Of Loving You" datant de 2016. La chanson, précédée d’un longue introduction aux claviers de Robin Piso, mute en une longue séance psychédélique ornée d’effets sonores à la guitare, puis d’un guilleret solo d’orgue. 
Après le court instrumental "Faster And Faster", le batteur, Luka van de Poel, se lance dans un duel de scat vocal avec le public, puis son frère annonce que le trio va proposer un medley de titres extraits de son dernier EP, « Fuego! », uniquement composé de reprises (FREE, LITTLE FEAT, Dr. John, etc). Avouons que nous n’avons rien reconnu sur le coup, mais que les passages planants étaient bien sympas ! 


Etrangement, DEWOLFF quitte les planches au bout de 45 minutes à peine (rappelons que les musiciens ont droit à une demi-heure de plus). Mais c’est pour mieux revenir presque immédiatement, l’occasion pour Pablo de se lancer dans une diatribe anti-Amazon et Jeff Bezos qu’il conclut par une distribution gratuite de merchandising ! Porte-clés, tasse, chaussettes (« avec les chaussettes DEWOLFF, plus besoin de chaussures ! », assure-t-il), et autres colifichets sont lancés dans le public. Et pour ceux qui le souhaitent, tous ces collectors (et même des cassettes audio) restent disponibles au stand dédié. 
Le rappel, lui, se compose d’une longue digression d’une vingtaine de minutes autour de "Rosita". Pablo chante le blues et le gospel, va se promener dans la fosse, danse avec une spectatrice, hurle comme un loup à la Lune, s’assied sur l’orgue de Robin, tandis que ses compères, rivés à leur instrument, tiennent solidement la barre. Une messe bien rock’n’roll, qui ne s’achève qu’une fois tous les spectateurs convertis.


A partir de 21h15, place à BLUES PILLS. On le sait, grâce à sa chanteuse Elin Larsson, le groupe n’a rien à craindre de la concurrence en terme de présence scénique. Les mots "immobile" et "statue" ne figurent pas dans son répertoire, et la jeune femme a encore choisi ce soir une tenue propre à capter l’attention. Il s’agit cette fois d’une combinaison shorty à paillettes qui prend particulièrement bien la lumière. 
La tornade Larsson et ses accompagnateurs, tous capillairement exubérants, démarrent pied au plancher avec "High Class Woman", "Kiss My Past Goodbye", "Bliss" et "Proud Woman". Le guitariste Zack Anderson, le seul non-suédois du lot (l’ex-RADIO MOSCOW vient du pays des cowboys), use et abuse de la pédale wah-wah, tandis que la nouvelle venue, Agnes Roslund, prend exemple sur Elin et ne tient pas en place. 


Il faut attendre la ballade "Top Of The Sky" pour voir le groupe se calmer un peu, ce qui n’empêche toutefois pas Larsson de livrer une prestation vocale de haute volée dans un registre très Amy Winehouse. "Black Smoke" démarre elle aussi à basse intensité, avant une montée en puissance qui culmine en déchainement boogie/rock’n’roll. 
« Est-ce que c’est l’anniversaire de quelqu’un aujourd’hui ? », demande la chanteuse (« j’ai regardé, c’est celui d’Eddie Murphy », précise-t-elle), en guise d’introduction à l’énergique "Birthday". La tempête BLUES PILLS met ensuite le cap sur "Don’t You Love It", puis un "Lady In Gold" conclu par un court solo de batterie de Lina Anderberg.


Se trouvant un peu à l’étroit sur scène, Elin va chanter au milieu du public lors du bien speed "Low Road", avant que le groupe n’achève son set sur l'électrique "Bye Bye Birdy". 
"Little Sun" débute en douceur un rappel qui remet soudain le courant avec l’indispensable "Devil Man", durant lequel Larsson et ses amis virevoltent une dernière fois sur scène. 
Ultime et élégant geste de cette folle soirée, la chanteuse fait revenir DEWOLFF à ses côtés, hélas pas pour une jam, mais afin que les deux groupes saluent ensemble.
La classe scandinave…

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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