Le label français Bad Reputation s’est toujours révélé particulièrement attentif à la scène australienne. Il a une nouvelle fois le nez creux en nous proposant un nouveau combo venu des antipodes, NECKO.
Un nom qui fait référence au patronyme du chanteur et guitariste de la formation, Alek Necko, de son vrai nom Aleksandar Neckovski. Avec ses deux compères, Alex Damon (Alexandar Damon Parsa) à la basse, et Reno Torrisi (Cirino Torrisi) à la batterie, il vient désormais s’inscrire dans la grande tradition des power-trios blues-rock, démarrée dans les 60's avec quelques perles comme CREAM ou le JIMI HENDRIX EXPERIENCE, poursuivie plus tard par WEST, BRUCE & LAING ou BECK-BOGERT-APPICE.
Ceux qui connaissent les noms cités foncent déjà chez leur disquaire favori… ou commandent en ligne. Pour les autres, rappelons de quoi on parle ici : de bon gros rock hard blues gorgé de feeling et de solos de guitare, qui fait alternativement remuer la tête et le pied, ou s’écoute les oreilles dans les étoiles.
Une formule non sans risque : le talent peut vite virer à la démonstration, les mélodies manquer d’âme, l’ennui s’installer par manque d’originalité. Des écueils qu’évite heureusement NECKO dans son premier album, curieusement intitulé « II » (qui semble en fait reprendre les deux EPs déjà précédemment commis par le groupe, dont le second s’appelait… « II »), et disponible depuis quelques semaines.
Après un "You’ve Got What I Want" bien musclé et qui montre vite que, côté guitare, nous n’avons pas affaire à un manchot, NECKO dévoile ses atouts. La piste 2, "Hymn Of The Broken", si elle recycle habilement un riff tout droit sorti des bénies 60's et 70's, s’enrichit en effet d’un peu de piano et de chœurs, ces derniers constituant tout au long du disque un vrai point fort.
Car NECKO varie les plaisirs, et les titres les moins électriques, ou comportant des passages plus aériens, s’avèrent particulièrement prenants. Ainsi ce "Beggar On A Throne Of Gold", au début acoustique et rappelant le GRETA VAN FLEET des grands jours. Une référence qu’on peut également appliquer au superbe "Bleed For Them", saturé de mélancolie. Ou "Eyes In The Clouds", bien calme et apaisant, avec un solo de guitare psychédélique à la fin.
On en vient même à regretter que l’ultime morceau, la ballade "You Don’t Gotta Be Alone Anymore" s’interrompe avec un simple fade-out et pas dans une apothéose électrique. Une chose est sûre : avec un « II » de aussi haute volée, on attend impatiemment le « III » !