6 avril 2026, 08:53

STONED JESUS + WHEEL (+ ICE SEALED EYES)

@ Paris (La Maroquinerie)

Ice Sealed Eyes


Du stoner ukrainien, du prog metal finlandais, du newcore belge… Tout ça à la même affiche ! On en voit de drôles de choses de nos jours, et de sacrés mélanges, ma bonne dame... 
Et le pire, c’est que ça plait aux gens ! Maroquinerie parisienne bien remplie, accueil chaleureux pour tous les groupes, de 19h50 à 23h15, sans interruption, malgré des propositions bien différentes. 
La soirée débute donc avec ICE SEALED EYES, formation belge de « newcore », mix de metalcore, thall (jamais entendu ce terme auparavant : après recherche, il s’agit de metal extrême dérivé du djent… ah ouf ! ça, je connais) et metal progressif. C’est pas moi qui le dis, ce sont nos amis d’outre-Quiévrain qui se définissent ainsi. Pour ma part, si je voulais faire le malin, j’ajouterais que j’ai également détecté des passages très groove metal et d’autres bien sludge lors de ce concert d’une demi-heure…
L’essentiel, c’est que sur scène, ICE SEALED EYES propulse riffs pesants comme un discours du Conseil économique et social, et vocaux qu’on croirait sortis du gosier d’un ours ayant consommé du miel périmé. Le tout afin de livrer quelques titres qui feraient péter l’émetteur de la radio « Rire et chansons » si un animateur était assez maboul pour les diffuser. 
Mais, clairement, il y a à la Maroquinerie ce lundi soir de nombreux amateurs, qui en plus peuvent se délecter d’un inédit à sortir bientôt, « Acid Tears ». Et qui s’empressent de noter sur leurs tablettes le prochain rendez-vous de nos fous furieux belges, à Paris et en tête d’affiche, à la Boule noire le 15 novembre. C’est bête, ce soir-là, j’ai le loto bingo de la paroisse…
Avec WHEEL à partir de 20h40, on reste dans le registre du difficilement fredonnable sous la douche, mais sans ours ni bidule-core. Le groupe finlandais (néanmoins doté d’un chanteur et guitariste britannique, James Lascelles) défend son prog metal ultra complexe, riffs acérés, rythmiques bizarroïdes et basse à 5 cordes, vous voyez le genre. A côté, DREAM THEATER, c’est Annie Cordy en train de jouer « Tata Yoyo » ! 
Mais là encore, le public fait un triomphe aux artistes qui défendent vaillamment leur répertoire. Le long « Submission », issu du dernier album, « Charismatic Leaders » (2024) et 10 minutes au compteur, ouvre le bal, véritable démonstration technique, heureusement réchauffée par un Lascelles réellement habité par sa musique et très mobile. 
Légèrement moins long, « Up The Chain », qui suit, continue sur la même lancée, et permet d’apprécier un travail sur les percussions assez dingue de la part du batteur, Santeri Saksala. 
En fait, sauf à être musicien soi-même et en mesure de disséquer la complexité des morceaux, « Resident Human » changeant ainsi maintes fois de rythme en une dizaine de minutes, mieux vaut se laisser porter par les atmosphères, souffler lors des passages doux, headbanguer lorsque WHEEL lâche les décibels… et se demander comment ces RUSH venus du pays du Père Noël parviennent à se souvenir de toutes les notes !

Wheel


Justement, quelques-unes, de piano, et en provenance d’un enregistrement de « Old Earth » concluent la chanson, comme sur le disque « Resident Human » (2021), mais servent aussi d’introduction à « Porcelain », une autre pièce de résistance, cette fois un rien plus accessible. Sans doute le break à la basse de Jere Lehto (le cousin nordique de Jared Leto ?), suivi d’un joli double solo de guitare James Lascelles/Jussi Turunen (le cousin de Tarja ?) aide-t-il à la compréhension auditive…
La basse de Lehto se montre toujours à la manœuvre lors du début de « Fugue », sans doute le titre le plus calme de la prestation du groupe, avant que ce dernier ne lâche les chevaux sur le sauvage « Empire », au début carrément thrash. « Vultures » secoue également bien les enceintes, ouvrant la voie à l’ultime « Wheel », qui pousse une dernière fois à la roue côté prog metal. 
Un final débuté avec des percus quasi tribales de la part de Saksala, puis la basse entre en jeu, puis tous les instruments. Encore un morceau d’une dizaine de minutes à éviter pour les amateurs de grindcore, mais qui ravit le public, des spectateurs suivant même le rythme en tapant dans leurs mains.

Stoned Jesus


Changement une nouvelle fois de décor, place cette fois au stoner psychédélique de STONED JESUS. Le combo ukrainien a, l’an dernier, sorti « Songs To Sun », apparemment le début d’une trilogie cosmique qui traitera aussi de la Lune et de la Terre. Dans l’immédiat, il puise dans ce dernier pour entamer son concert, avec un fantastique « New Dawn » qui permet de se plonger peu à peu dans l’univers du trio. 
D’abord juste quelques notes de guitare, Igor Sydorenko, fondateur, chanteur et six-cordiste de la formation se présentant tout seul sur scène, vite rejoint par ses compères, Andrew Rodin à la basse, et le tout nouveau Ihor Biriuchenko à la batterie. Trois minutes de répit et de musique à basse intensité, avant que la foudre ne se déchaîne durant plus de cinq minutes.     
Plus direct, mais non moins pesant, « Shadowland » enfonce le clou, et Igor enlève ses lunettes qui lui mangeaient le visage, bonne idée vu l’accélération finale du morceau. 
« Ca va ? », s’enquiert-il ensuite en français, affirmant que là se limite sa connaissance de la langue de Molière. Bien qu’il se contredise immédiatement, via une répartie qui fera notre bonheur pour la soirée : « Bordel madame zizi » ! « Oui, bon, il est trop tôt », conclut-il en anglais. Ah, ces artistes…

Stoned Jesus


STONED JESUS continue ensuite de multiplier les pains, mais dans la figure. Le pachydermique «  Rituals Of The Sun », pas joué depuis 6 ans prévient Igor, a l’air tout droit échappé des archives secrètes de BLACK SABBATH. Et « Hands Resist Him » se montre à peine plus léger, tandis que « Low » met le pied sur la pédale d’accélérateur. 
Mais le moment que tout le monde attend, c’est bien entendu l’hymne du groupe, le ravageur « I’m The Mountain », le plus vieux morceau joué ce soir (2012). Un classique absolu du stoner psychédélique, dont les spectateurs chantent les paroles, quand ils ne sont pas en train de pogoter furieusement, au grand dam du bassiste, qui réclame un circle pit, moins dangereux. Igor, lui, va slammer, puis monte sur un retour de côté pour aller haranguer la foule, comme si elle avait besoin d’être excitée ! 
Forcément, après ce tour de force d’un quart d’heure, « See You On The Road », pourtant bien pourvu en riffs, enregistre une certaine baisse de pression, même si le public prolonge les « woo woo woo woo » de la fin du morceau, une fois celui-ci terminé. 
Au rappel, STONED JESUS opte pour deux rockers énergiques, mais moins complexes. D’abord « Wound » bien entraînant, avant le rapide « Here Come The Robots », devenu un incontournable de la setlist. Le coda de ce concert d’une heure cinq bien dense, et d’une soirée pas du tout chemin de croix, malgré l'éclectisme des musiques proposées.
 

 

Blogger : Michel Valentin
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