10 avril 2026, 08:49

Franck Carducci

"Sheeple"

Album : Sheeple

Un artiste français de classic-rock qui en est déjà à son 6e album en une quinzaine d’années, dont deux live, qui tourne régulièrement à l’étranger – et même davantage que dans nos contrées – et propose en concert un spectacle totalement inédit ? C’est possible, mais hélas bien peu nombreux seront ceux capables de citer le nom de cet artiste, Franck Carducci. 
Car ce Lyonnais quadragénaire reste malheureusement peu prophète en son pays. La faute sans doute à son choix musical : proposer un rock très inspiré par les 70's, et notamment par les géants progressifs de l’époque (PINK FLOYD, GENESIS, le SUPERTRAMP de l’époque), mais évoluant également dans des territoires bien plus hard rock, lors de chansons entières ou de passages de compositions plus longues.
Bref, peu de quoi intéresser radios, producteurs ou tourneurs par chez nous. Depuis longtemps, Carducci, un moment basé aux Pays-Bas, se débrouille donc tout seul, écumant tous les pays voisins de l’Hexagone, même le Royaume-Uni où il se produit régulièrement, et poussant jusqu’en Scandinavie ou Estonie avec son groupe, le FANTASTIC SQUAD, lui-même assurant basse et chant. 

Mais les choses vont peut-être enfin bouger, et dans le bon sens. « Sheeple », son quatrième album studio et le premier depuis 2019, sort en effet ces jours-ci sur le mythique label britannique Cherry Red Records. Oui, celui qui a affiché à son catalogue une bonne partie du punk et du rock indé venu de la perfide Albion, mais aussi des pointures comme HAWKWIND ou Suzi Quatro, en sorties originales ou en rééditions.
D’où un peu plus de promotion que d’habitude, avec notamment cette semaine une release-party dans rien moins que le Cavern Club de Liverpool, là où a débuté un petit ensemble appelé THE BEATLES. Et sans doute davantage de concerts au pays du camembert et de la baguette, on peut l’espérer. 

Tout ceci ne garantit pourtant pas un bon album, nous sommes bien d’accord. Sauf que « Sheeple » s’avère un très bon millésime, très représentatif en plus de ce que réalise l’ami Franck, avec quelques morceaux qui envoient bien du bois, et d’autres davantage progressifs et donc plus longs, dépassant la barre des 10 minutes.
Mais attention, durée ne veut pas dire ennui, chez Carducci, qui sait doser ses ingrédients. Le meilleur exemple est ce fantastique "The Betrayal Of Blues" déjà bien rodé sur scène, et d’ailleurs présent sur le dernier live en date, « The Answer Live » (2023). Mais il aurait été dommage de se priver d’une version studio de ce conte écologique au long cheminement introspectif, qui culmine lors d’un solo de thérémine (totalement fascinant en concert, grâce au talent de la chanteuse/danseuse/guitariste et percussionniste Mary Reynaud, bien entendu présente sur le disque, avec ses compères du FANTASTIC SQUAD).

Autre morceau épique de ce « Sheeple », "Love Or Survive", qui accroche presque le quart d’heure et évoque un SUPERTRAMP sous stéroïdes. Plus directs, "Self-righteousness" et "The Limits Of Freedom" prouvent que Carducci sait aussi affoler le décibelomètre et venir chatouiller les limites de vitesse, tout en proposant des mélodies entrainantes. 
L’homme s’amuse aussi lors de "Sweet Cassandra", morceau décliné à trois reprises mais à chaque fois avec une couleur différente. Ou lors du final, "Do What You’re Told", un petit rocker sympa et pas bien compliqué de 3 minutes, où il joue, tel un Mike Oldfield des temps modernes, absolument de tous les instruments ! 
Franck Carducci débute ces jours-ci sa tournée européenne. S’il passe près de chez vous, ne le manquez pas !

Blogger : Michel Valentin
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