12 avril 2026, 19:06

NERVOSA

"Slave Machine"

Album : Slave Machine

Plus de 10 ans après leurs fracassants débuts, après de multiples et douloureuses séparations, la naissance des concurrentes de CRYPTA doublant donc notre plaisir, nos chères brésiliennes bien nerveuses de NERVOSA sont de retour.

Passé une ouverture impériale, "Impending Doom" lâche ses moulinets et sa rythmique enlevée. La voix de Prika envahit les lieux, c’est un thrash metal résolument moderne qui étale ses riffs majestueux et généreux. NERVOSA a bien grandi, son style a évolué, muri. On savoure autant la force du propos, sauvage comme ce "Slave Machine" à la furie vengeresse, que la grâce des soli. "Ghost Notes" est viscéral, ses riffs lourds, la voix lourde et ses martèlements obsédants, avec un côté death metal mélodique que ne renierait pas ARCH ENEMY. Nous sommes à la croisée des genres il semblerait, avec ces passages hypnotiques. Sans transition "Beast Of Burden" nous renverse par son côté thrash brutal sans fioritures, comme pour interpeller les concurrentes de CRYPTA ? Possible.

Round suivant "You Are Not A Hero". Les guitares offensives dégoulinent d’une huile jouissive et fédératrice. Pluie de beats, voix rageuse qui bouleversent notre vision des choses. Seul un bon lâcher prise (électrique) s’impose pour savourer l’ampleur de l’envolée. Avec son introduction de guitare mi-heavy mi-thrash, "Hate" et un brûlot, moderne, rageur et lourd, une nouvelle fois sublimée par un décollage façon Michael Amott. "The New Empire" ? Voilà une ruée qui fait écho au thrash où la batterie roule et tonne, où les cordes s’enflamment et les voix vomissent des éclats de tonnerres colériques et divins. Quelqu’un a crié la Bay Area ? Moi, j’avoue. "30 Seconds" en est un autre témoignage, ou TESTAMENT. Le Brésil se délocalise.

Troisième cavalcade. "Crawling For Your Pride", NERVOSA piétine avec fureur, les riffs tabassent leur monde sans discontinuer, le chant roule par vagues de grande tempête, le solo brille fort sur nos épaules. Pour "Learn Or Repeat" la leçon sera apprise dans une martialité sans appel, sur un sol labouré par de solides g-riffs et un chant rugueux. “The Call“ est un premier rappel à l’ordre naturel du thrash violent, où modernité rime avec vitesse d’exécution, puis “Speak in Fire“ nous embrase avec ses riffs et battement d’un classicisme classieux. NERVOSA porte haut ses couleurs pour ce sixième album. Une haute connaissance de ses maîtres qui rime avec une indéniable maîtrise.

Un album qui m’a emmené bien plus loin que je le soupçonnais au départ. Loin d'être un esclave asservi par cette machine à riffs, j’applaudis une nouvelle fois cette production de NERVOSA !

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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