Avis aux amateur.ice.s de rock sombre et de mélodies qui rentrent dans la tête sans nous demander notre avis : CABARET FANTÔME a entendu vos prières et son premier album « Hollow Sun » est sorti le 17 avril. Place à une quarantaine de minutes de rock alternant entre des influences gothiques, prog et hard rock qui ancrent les oreilles dans le présent tout en ravivant certains fantômes du passé.
Les publics de Rennes et Nantes les connaissent probablement déjà, le quartet composé de Jérémy Chollet (chant), Stéphane Lamour (guitare, chœurs, saxophone, banjo, flûte, mandoline, percussions), Ox Comrol (basse, chœurs, guitare acoustique, harmonica) et Alexandre Sauger (batterie, percussions) est originaire des deux villes et a déjà donné quelques concerts dans la région. Si les adeptes du thrash de HEXECUTOR ont reconnu le nom du chanteur, calmez votre imagination : pas de violence ici, uniquement un rock apaisé.
À l’écoute des neuf titres de « Hollow Sun », on a l’impression de se promener dans une galerie de styles musicaux, et ce dès l’écoute de "A Better Day" dont la mélodie rappelle les chansons de PINK FLOYD et teinte le rock pourtant moderne de CABARET FANTÔME d’une douce pellicule sépia. Le rock oscille principalement entre le goth, le prog et le hard, mais se pare aussi d’autres couleurs : alors que "Afterwards They All Cry Out Loud" et son shred de guitare hurlante rappelle IRON MAIDEN, le saxophone de "Running Out Of Time" nous plonge dans une atmosphère blues inattendue mais dont la chaleur se conjugue à merveille avec l’ensemble.
Mais qui dit rock gothique dit aussi mort et tristesse. Heureusement, le groupe évoque ces sujets avec une poésie et une douceur telles qu’on se surprend à presque aimer y penser. Dans « Hollow Sun », la mort est présente comme une vieille amie qu’on connaît trop bien et qui refuse de s’éloigner. "Maison des Lumières" apparaît alors comme un bijou qu’on n’attendait pas : le titre est chanté en français et dévoile pleinement la couleur gothique de la musique de CABARET FANTÔME tandis que "Tragic Anthem" et ses larmes brillantes nous prépare au fatalisme ensoleillé du titre final "I Will Be Gone".
Plutôt que de rattacher CABARET FANTÔME à un style en particulier, on peut dire que le quartet signe une formule alchimique particulière entre plusieurs sonorités. Le style est délicatement gothique, comme un personnage de Tim Burton qui dévoile ses sentiments à l’être aimé, et fait de l’album un objet sombrement lumineux, comme un tableau noir de Pierre Soulages.