21 avril 2026, 19:11

DIRTY SOUND MAGNET

@ Paris (La Maroquinerie)

 

L’air pur des alpages… Ah d’autres, ouais ! Vous avez déjà entendu du DIRTY SOUND MAGNET ? Ce trio suisse propose depuis une vingtaine d’années une musique au croisement du rock psychédélique, du progressif, du stoner, de la pop dans sa forme la plus lysergique, un mélange détonant qui interroge autant sur la santé mentale de ses compositeurs que sur leur consommation abusive de fromage et de chocolat.
Et le phénomène est contagieux, en plus, avertissent les autorités. Après un Petit Bain en 2024 à Paris, les Helvètes reviennent ce mardi soir dans une salle un peu plus grande, la Maroquinerie, bien pleine et qui ne marque qu’une étape au sein d’un périple plus ambitieux à travers la France, pays dont le Hellfest les a également accueillis, l’an dernier. 
 


Pas de première partie, les DIRTY attaquent directement la soirée vers 20h15, Stavros Dzodzos (guitare et chant), Maxime Cosandey (batterie et choeurs) et Marco Mottolini (basse et chœurs), débarquant sur les planches sur fond de bruits bizarres, mais de circonstances. Et c’est parti pour plus de 2 heures, avec en ouverture un « Pandora’s Dream » bien barré, avant un « Dead Inside » à la rythmique de plomb. 
Sur les deux, Stavros malmène sa pédale wah-wah comme jamais, tandis que ses deux compères, outre leur instrument respectif, assurent aussi des chœurs toujours bien placés. Restons justement une seconde sur la partie vocale du trio, car là sans doute réside sa plus grande faiblesse : à l’école du rock 'n’ roll, Stavros a brillé au cours de 6 cordes, mais il a un peu trop séché les leçons de chant et de diction en anglais. C’est flagrant sur disque, heureusement beaucoup moins en live.
Fin de la parenthèse, car il est déjà temps d’apprécier « Dance And Die », pour lequel Stavros nous prévient, « dansez, mais restez en vie ! » Merci du conseil. 


Qui dit psychédélisme dit longues envolées, et ça, DIRTY SOUND MAGNET sait très bien faire, comme sur la magnifique « Calypso » ou l’orientalisant « Me And My Shadow » parsemés de changements d’atmosphère, de passages planants ou de cavalcades sauvages. Ou le profondément déstructuré « Mr. Robert », doté en son milieu d’un solo de guitare qu’on croirait sorti du premier LED ZEPPELIN, mais aussi du « on vous aime » lancé par un spectateur, qui scotche une seconde Stavros, avant qu’il ne se lance dans une démonstration acoustique à la Paco de Lucia, durant laquelle on pourrait entendre une mouche voler. 
«Voici le blues des Alpes » annonce le même avant le sévère « Power Of This Song », dont le riff pourrait sortir d’un disque de Joe Bonamassa. Quand il ne se paie pas la tête de son batteur, « une petite banane, Maxime ? », lorsque le batteur profite d’une pause pour engloutir un fruit entre deux morceaux. Ou qu’il ne laisse tomber sa six-cordes pour aller esquisser quelques pas de danse sur scène, à la limite de la transe.


L’atmosphère vire à la discothèque lors de « Social Media Boy », mais coté lumières, hein, pas la musique, pour le coup bien speed et qui provoque moult slams dans la foule, avant que celle-ci ne continue à chanter le gimmick mélodique de la chanson alors que le groupe a quitté la scène. 
Retour pour un rappel avec semble-t-il un medley qui, d’après notre enquête (pas de setlist à l’horizon, ni sur le net), se termine apparemment par un « Meet The Shaman » de circonstance. On l’a rencontré, le chamane, et il s’appelle DIRTY SOUND MAGNET ! 

Blogger : Michel Valentin
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