22 avril 2026, 23:59

Robert Jon & THE WRECK (+ EARTH MOTION)

@ Paris (Alhambra)

Une fois n’est pas coutume, commençons par un coup de gueule. Robert Jon & THE WRECK et WISHBONE ASH le même soir à Paris ? Personne ne s’est dit que le public était dans les deux cas un peu le même, et que le choix allait être déchirant pour les amateurs de classic-rock ? Après, il y a bien sûr les contraintes de salle ou de tournée, et il n’est pas toujours possible de modifier des dates d’un claquement de doigt, nous en sommes bien conscients…
Pour notre part, ayant vu récemment WISHBONE ASH, lors du dernier Raismes Fest, nous optons pour Robert Jon & THE WRECK, chacune des apparitions parisiennes du groupe californien dans nos murs étant restée mémorable. 
En ouverture, les Américains donnent leur chance à EARTH MOTION, un quartet venu de Reims, dont nous n’avons trouvé trace que d’un EP trois titres. Le guitariste et chanteur avoue d’ailleurs lors de sa prestation que le groupe vient tout juste de fêter le premier anniversaire de son premier concert. Une jeunesse qui se sent dans l’enthousiasme des musiciens (en sus de celui dont nous venons de parler, un batteur, un bassiste et un claviériste), mais aussi dans le chant, où affleure le défaut régulier des rockeurs français : manque d’expression et prononciation un peu trop scolaire de l’anglais. 


Rien qui ne refroidisse cependant le public qui manifeste rapidement son approbation. Et de plus en plus fort, au fur et à mesure que EARTH MOTION va crescendo dans son répertoire, débutant par un classic-rock un peu passe-partout mais efficace (cf le joli "Lonely Man") et évoluant de plus en plus en territoires sudistes, guitare slide à l’appui. A l’issue de leur demi-heure sur scène, les Marnais repartent avec le sourire et sous des applaudissements nourris.

De M. Robert Jon et son Epave, on sait que lui et ses copains sont des bêtes de scène, mais également que chaque concert s’avère différent du précédent et du suivant. Ainsi, ce mercredi soir à Paris, la moitié de la set-list varie de celle offerte trois jours auparavant à Southampton. Et pan sur le bec des artistes qui répètent soirée après soirée, des mois durant, les mêmes chansons, avec les mêmes commentaires entre, on comprend que certains trouvent la vie en tournée un peu monotone…


Les Américains, eux, débutent avec le bien hard "Put Your Money Where Your Mouth Is", dont la vidéo figure depuis quelques semaines sur le web, mais dont la version studio ne sera disponible que sur « Wreckage Vol.3 », nouvelle compilation d’inédits et de chutes de studio à sortir bientôt (mais néanmoins déjà vendue au stand de merchandising). 
Pas mal comme intro, d’autant qu’elle est suivie d’un "Hold On" lui aussi bien carré.  Après le réjouissant "Blame It On The Whiskey", la power-ballad "Ashes In The Snow" marque la première incursion de Robert Jon dans son dernier album studio, « Heartbreaks & Last Goodbyes », modérément mis en valeur ce soir, à peine trois titres. Et de rang, puisque suivent le très LYNYRD SKYNYRD "Dark Angel", et surtout le chatoyant "Better Off Me", avec son intro au piano honky tonk et son rythme syncopé qui rappelle les meilleurs moments du ALLMAN BROTHERS BAND. 


Henry James, qui compense toujours sa petite taille par une coupe afro exubérante et surtout un talent étincelant à la guitare, y place un solo qui ravit tout le monde. Y compris son patron, pas super prolixe ce soir, mais tout de même ravi, comme il l’avoue, de donner là le plus gros concert à Paris de son histoire (l’Alhambra peut accueillir jusqu’à 800 spectateurs). 
"Red Moon Rising" se voit gratifiée d’une intro très heavy funk, et d’un fort à propos solo au synthétiseur du claviériste Jake Abernathie. Mais la surprise, c’est de voir le groupe prolonger le morceau avec une reprise de "Eminence Front", un titre peu connu des WHO datant de 1982, pas vraiment leur meilleure époque, mais dont l’enchaînement ici ne dépareille pas. 
La fin du concert enfile les classiques, avec la revancharde "Old Friend", la calme "Glory Bound", puis "Oh Miss Carolina" où le public donne fortement de la voix. 


Mais l’apothéose consiste bien entendu en l’obligatoire "Cold Night", tour de force d’une dizaine de minutes, le "Free Bird" ou "Green Grass & High Tides" de Robert Jon & THE WRECK. Le groupe lance le morceau dans la décontraction le plus totale, comme si les musiciens étaient en train de s’accorder, Robert Jon demandant même aux spectateurs d’applaudir EARTH MOTION, la classe. Mais ensuite, quel tourbillon, avec notamment ces twin guitars Jon/James qu’on aimerait entendre plus souvent, avant un solo époustouflant du second.

Au rappel, un seul titre, "Do You Remember", mais la formation approche de l’heure et demie sur les planches, il est donc temps de prendre congé, départ ponctué d’un événement inouï, Robert Jon enlevant le Stetson qui ne le quitte jamais pour saluer le public. On ne sait pas ce qu’a donné le show de WISHBONE ASH (et c’était sûrement très bien), mais pour notre part, au sortir de l’Alhambra, nous ne regrettons pas une seconde notre choix.

Blogger : Michel Valentin
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