
Après avoir exercé son art en solo pour la première fois avec le lumineux « 16 » et être revenu aux sources avec LEPROUS sur « Melodies Of Atonement », Einar Solberg revient avec un angle totalement différent pour son deuxième album, « Vox Occulta ». Plus orchestral, cinématographique, mais aussi plus heavy que son prédécesseur, le nouvel album solo du maestro du prog metal ouvre de nouvelles possibilités pour sa carrière, au potentiel qui semble infini. Pour défendre ce nouveau disque, nous avons pu discuter avec un Einar Solberg aussi enthousiaste que précis dans ses explications.
Ton deuxième album solo, « Vox Occulta » sort le 24 avril. Comment t'es-tu préparé pour ce nouveau chapitre, très différent, de ta carrière solo ?
Einar Solberg : Oh, eh bien je me sens enfin stressé à nouveau (rire) ! LEPROUS est devenu un peu facile pour nous maintenant, parce que nous avons joué tant de concerts, et on sait que peu importe ce qui se passe, LEPROUS fonctionne toujours. C'est un peu devenu une routine pour nous, et c'est si facile pour nous que j'avais besoin d'un défi. J'avais besoin de quelque chose de nouveau. Je ne dis pas ça de manière arrogante, mais par exemple pour le dernier album, en un an et demi, nous avons fait sept tournées ! Nous avons fait une quantité extrême de tournées et de concerts, donc je pourrais jouer un concert de LEPROUS les yeux fermés en prévoyant les repas de la semaine suivante dans ma tête tout en étant sur scène, sans que personne ne le remarque (rire) ! Mais pour le projet solo, j'ai vraiment besoin de toute mon attention. Je ne peux pas me reposer sur de vieilles habitudes, et je dois vraiment travailler pour ça. J'adore cette sensation ! Je vais jouer avec des gens totalement différents, et après l'avoir fait pendant un moment, je me connais bien et je sais que ça va me manquer de jouer avec les gars de LEPROUS. Actuellement, ça ne me manque pas du tout, et ça ne leur manque pas non plus de jouer avec moi (rire) ! J'adore vraiment les gars, mais nous avons joué tant de concerts que je ne veux plus jouer ''The Price'' une seule fois dans ma vie à ce stade (rire) !
Cet album arrive juste après avoir recentré LEPROUS autour du groupe lui-même, avec « Melodies Of Atonement », mais sur « Pitfalls » et « Aphelion », on sentait une volonté d'aller vers plus d'orchestrations. Est-ce que ta carrière solo est une manière de canaliser cette inspiration ?
Oui, c'est 100% correct. Et la raison, c'est que je me suis demandé pourquoi on ajoutait tous ces instruments à LEPROUS. Les gars commençaient à devoir attendre leur tour pour jouer, et au vu des musiciens incroyables dans LEPROUS, il faut les utiliser. Mais j'adore la musique cinématique, et la musique classique. J'ai donc commencé à tendre de plus en plus vers ça, et il y a eu un moment où j'ai décidé qu'il était temps de séparer les deux. Il fallait mener un projet dans une direction, et l'autre dans une autre direction. Je ne savais pas encore vraiment que je voulais faire cela lorsque j'ai travaillé sur mon premier album, qui était juste une expérimentation. J'avais besoin de faire quelque chose de nouveau, en gros. Mais j'ai réalisé que bien sûr le projet devrait prendre cette direction. Je me permets de le rendre intentionnellement plus divers que LEPROUS, car LEPROUS est très contrôlé, et a beaucoup d'espace sonore alors que la musique de ce projet ne se pose pas trop, il y a toujours beaucoup de choses qui se passent. Et j'aime vraiment avoir ces différentes manières de travailler !
J'avoue avoir été très impressionné dès le premier refrain de ''Stella Mortua'', parce que ça sonnait quelque chose de très nouveau, qui mélange les styles de manière très libre et naturelle. Comment as-tu commencé à composer « Vox Occulta », et qu'avais-tu en tête quand tu l'as construit ?
Tu veux savoir la vérité ? J'ai engagé l'orchestre avant-même d'avoir une seule chanson ! Je connais un gars en Norvège qui travaille avec l'orchestre, et il a dit « Oh, on a une date de libre en novembre si tu veux faire une chanson ! », et j'ai dit « Non, mets-moi pour tout l'album ! », et il a validé, même si les gens réservent généralement une seule chanson. Bon, finalement, on n'a pas eu l'orchestre sur tout l'album mais sur la moitié, sinon j'aurais dû programmer deux jours entiers avec l'orchestre, et ça aurait été suicidaire sur le plan économique (rire) ! Mais les autres chansons sont très cinématiques, avec beaucoup de cordes, donc bon. J'ai programmé l'orchestre, puis j'ai commencé à écrire. Ou plus honnêtement, j'ai engagé l'orchestre, puis j'ai oublié pendant quatre ou cinq mois jusqu'à ce que je réalise que je devais rendre tous les arrangements orchestraux moins d'un mois plus tard, alors que je n'avais pas commencé à travailler (rire) ! Ça aurait pu aller si j'avais été chez moi, mais ce n'était pas le cas, car je venais de débuter la première tournée de « Melodies Of Atonement » avec LEPROUS aux Etats-Unis. Donc il fallait que j'écrive tous les passages orchestraux que tu entends sur ma couchette dans le bus de tournée, ou même parfois en bord de scène (rire) ! J'aime beaucoup écrire un peu partout, mais la tournée est un des environnements que je n'aime vraiment pas pour écrire. Les journées sont trop chargées, et c'est trop stressant, il y a trop de monde dans trop peu d'espace... Tout y est inconfortable. Et parce que c'était inconfortable, j'ai dû me forcer un peu plus, et je pense que ça fait que ça sonne de manière un peu plus intéressante par moments. J'ai vraiment dû travailler pour créer cet album !
C'est rare de voir un orchestre jouer pour un projet prog, mais encore plus rare que l'album ait été écrit pour l'orchestre à la base ! Je crois qu'Ihsahn avait fait un peu ça avec son album éponyme, mais qu'il avait adapté la version orchestrale à partir de la version rock...
Oui, c'est orchestral, et ça a été construit majoritairement à partir de samples. Il n'y avait pas vraiment d'orchestre, mais oui, ce qu'il a fait pour cet album était dingue ! J'étais vraiment impressionné quand il me l'a montré. Je me souviens que j'étais dans la cabane avec lui, la cabane familiale qu'on a ensemble, et il m'a proposé « Oh, tu veux entendre mon nouvel album maintenant ? » et j'ai répondu oui de manière très enthousiaste ! Puis il m'a montré la version orchestrale en premier, et j'ai dit « Wow, c'est toi qui as fait ça ? C'est hyper impressionnant », etc. Puis il m'a montré la version metal plus tard, et j'ai dit que j'adorais ça, mais qu'il y avait quelque chose dans la version orchestrale qui m'atteignait vraiment, et j'ai réalisé que j'adorais cette version. Mais oui, je ne pense pas connaître d'autres musiciens de metal qui font des samples qui sonnent aussi proches d'un orchestre que ce qu'il a réussi avec celui-ci.

Tu as dû écrire toutes les parties et arrangements pour l'orchestre, j'imagine. Combien de temps est-ce que cela t'a pris ?
Je suis un gars qui connaît ses propres forces et ses propres faiblesses, donc j'écris tout un peu comme je le vois, pas de manière très perfectionniste. Je fonctionne un peu en me disant « Je verrais bien une clarinette ici, ça ici, avec un peu de ça ici. ». La composition est là, toutes les mélodies sont là, mais de manière un peu brouillonne, tu vois. Quelqu'un qui viendrait de la musique classique dirait « Ça fonctionne, mais tu devrais faire ça comme ça. », etc. Je pense qu'une équipe fonctionne mieux quand chacun est spécialisé dans un rôle, en gros. Si tu as une équipe de foot, tu n'as pas besoin d'apprendre au goal à arrêter des ballons. Il a sa propre spécialité. La mienne, c'est la composition et le chant, en gros. Donc je m'en tiens à ça, et j'échange avec l'orchestrateur de l'orchestre. On échangeait sur le fait de faire les choses de telle ou telle manière, d'étendre des parties un peu plus, puis il a appliqué sa magie, et c'était fini !
Il y a trois guitaristes très différents qui t'accompagnent sur cet album. Il y a Pierre Danel (de NOVELISTS, ndlr), Ben Levin (un guitariste Youtubeur, ndlr) et John Browne (de MONUMENTS, ndlr). Comment as-tu utilisé leurs trois styles très différents sur les chansons ?
Alors, le guitariste principal est Pierre, vive la France (rire) ! Je savais que j'avais besoin de guitaristes très techniques pour cet album. Il est un peu moins « indé » que mon album précédent, sur lequel la guitare a un son plus « rock indé ». Mais sur celui-ci, je savais que je voulais quelqu'un pouvant jouer de magnifiques solos, mais aussi envoyer des trucs très heavy à la guitare huit-cordes, parce que la plupart de ce que j'avais écrit était écrit à la huit-cordes. Je trouvais que ça donnait pas mal d'espace pour les arrangements orchestraux, donc je jouais beaucoup sur la huitième corde, pour la garder dans les parties basses, et ne pas la faire entrer en conflit avec l'orchestre. Je le connaissais, on s'était rencontrés en tournée en Australie, mais je ne lui avais pas trop parlé avant. Je connaissais NOVELISTS, et notre ingé son Camille a dit « Tu devrais le contacter, c'est le meilleur et c'est une personne géniale ! ». Et effectivement, c'était vrai, mais je pensais qu'il ne voudrait pas rejoindre le projet. Je lui ai demandé, et il était super enthousiaste ! Il s'est joint à moi et a fait un super boulot, surtout sur les solos ! Les deux solos qu'il a sur l'album sont vraiment au niveau au-dessus pour moi. C'est un des seuls guitaristes shred qui apportent beaucoup d'émotions à leur jeu. D'habitude, je ne suis pas fan du shred, parce que ça manque souvent d'émotions pour moi. C'est quelque chose d'impressionnant techniquement, mais qui ne me fait habituellement pas ressentir grand-chose, et Pierre est capable de mélanger le meilleur des deux mondes !
Je crois l'avoir reconnu sur ''Serenitas''...
Oui, c'est lui, et sur ''Grex'' aussi !
Pour entrer dans les thèmes de l'album, « Vox Occulta » se traduit par « voix cachée » en latin. Quelle est ta voix cachée, et que raconte-t-elle ?
Oui, ce titre veut dire quelque chose d'un peu différent dans le contexte de l'album de celui qu'il a dans le contexte de la chanson. Dans le contexte de la chanson, ça fait référence à ma voix cachée, ma voix sombre, celle qui me fait prendre les pires décisions de ma vie... Honnêtement, je vais très bien ces temps-ci, et c'est le cas depuis un moment. Je dirais que je n'ai pas d'anxiété, ni de dépression de quelque sorte que ce soit, et que je vais bien. Mais il y a toujours beaucoup d'introspection en moi tout le temps. Peu importe si je me débrouille bien, il y a toujours quelque chose qui peut être mieux. Et une des manières pour moi pour faire taire cette voix, c'est de faire des choses que je regrette souvent. Ça peut être en faisant quelque chose de grand, ou quelque chose d'insignifiant comme répondre de manière très impolie à un email, parce que je me sentais comme ça à un moment donné. Mais ça peut aussi être de plus grands choix de vie, ou des choses qui n'ont pas de sens quelque part. Je suis quelqu'un de très intuitif et de très impulsif, souvent pour le meilleur, mais parfois pour le pire. Donc c'est le sens de cette voix cachée dans la chanson. Mais dans le contexte de l'album, cette voix cachée, ou cette voix sombre est cette voix que j'ai eu en moi depuis des années et que je veux montrer un peu. C'est un peu comme un chapitre caché en moi qui sort dans le monde, d'une certaine manière. C'est un peu comme ça que j'ai réfléchi le titre. Dans les paroles et dans le titre, j'utilise les mêmes mots, mais ils ont des sens différents.
J'ai eu l'impression que ça traitait beaucoup de conflits intérieurs...
Je dirais que ça traite d'introspection, plutôt que de conflits intérieurs. Je suis une personne qui s'analyse beaucoup. J'aime analyser ce que je ressens, et je dirais que, surtout depuis « Pitfalls », presque tout ce que j'ai fait traitait de conflits intérieurs. Le truc, c'est, comme je l'ai dit plus tôt, que je vais très bien en ce moment. Il n'y a donc pas de conflit vraiment d'actualité. Il y a cette chanson, ''Serenitas'', qui ne parle que de ce magnifique sentiment de paix intérieure que je vis actuellement, et que je n'ai jamais vraiment eu dans ma vie auparavant. Il y a donc un peu de ça, mais il y a d'autres chansons, comme ''Stella Mortua'' par exemple, qui parle de cette jalousie rancunière, et de se comparer aux autres. Ce sont des choses simples auxquelles la plupart des gens peuvent s'identifier à un moment de leur vie, je pense. Mais ça parle aussi du processus d'apprentissage que ce que font les autres n'affecte pas ta propre vie, quelque part. Donc il y a un problème originel mais tu as le travail sur moi-même qui mène à la solution, et je pense avoir bien avancé sur ce chemin. Donc beaucoup de chansons peuvent parler de choses que je suis en train de finir de découvrir. Mais bien entendu, ma musique est très mélancolique, donc tout sonne assez dramatique quand je m'y mets ! Je ne suis pas une personne mélancolique, mais je suis une personne heureuse, en tout cas en ce moment, qui aime la mélancolie dans l'art et la musique.
Tu viens de parler de ''Serenitas'', qui est une de mes préférées de l'album, où le piano laisse place à un clavecin, en passant de la mélancolie à l'espoir. Sa composition un peu erratique m'a rappelé le vol d'un papillon, d'ailleurs...
Oui, à 100% ! J'étais vraiment en paix quand j'ai écrit cette chanson. D'ailleurs, elle a failli ne jamais exister ! Ce n'est le résultat que d'une session où j'étais malade en studio, et où je ne pouvais pas chanter. Il fallait donc que j'utilise mon temps pour faire quelque chose. J'ai donc fait cette chanson sur le piano du studio, pendant que j'attendais d'aller mieux. Puis je suis revenu dessus un an et demi plus tard, et je l'ai complétée pour y ajouter tous les musiciens, en me disant « OK, voyons ce qui arrivera avec celle-ci. ». Et effectivement, cette chanson peut ressembler au vol d'un papillon, dans la façon qu'elle a de ne pas être calculée. J'ai entendu beaucoup de monde me dire que c'était leur préférée. C'est souvent soit celle-ci, soit ''Grex'' ou ''Medulla''.
Eh bien ma préférée est certainement ''Liberatio'', à cause de la tension qu'on y retrouve !
Oh oui, celle-là aussi. Mais celle-là est plus chaotique, mais atterrit bien sur le refrain, un peu comme le chaos qui finit dans l'ordre.

''Grex'', que tu viens de mentionner un peu plus tôt, est la chanson la plus longue de l'album, et veut dire « le troupeau » en latin. Elle semble avoir toute une histoire dans ses paroles, et traverse toutes les ambiances présentes sur cet album, et plus ou moins tous les styles de ta carrière. De ta formation de musique classique, aux screams black metal rappelant ceux d'EMPEROR et Ihsahn, ou encore aux riffs qui auraient pu être sur du LEPROUS. Était-ce un choix conscient d'incorporer tout ce qui t'a formé dans ce morceau ?
Rien n'est jamais vraiment un choix conscient avec moi. Je suis quelqu'un qui se nourrit du chaos de l'inconnu, quelque part, et je déprime quand j'ai une vie trop prévisible et ordonnée, mais pas quand j'ai trop de chaos et d'incertitude. Tous les humains sont différents de ce point de vue. Certains se nourrissent de la routine et de la stabilité, d'autres de l'aventure et du chaos. Je fais plutôt partie de cette dernière catégorie. Et pour revenir à ta question, je ne me voyais pas faire ces choses. Cette chanson, ''Grex'', par exemple, a été écrite à de nombreux moments et des endroits très différents, puis a graduellement été assemblée comme ça. J'ai commencé à l'écrire dans un Airbnb à Nashville, pendant la préproduction de LEPROUS pour la première tournée de « Melodies Of Atonement », tandis que la partie suivante a été écrite plus d'un an plus tard, à Buenos Aires, également dans un Airbnb (rire). Enfin, le dernier passage, le principal, a été terminé dans un camping-car, sur un parking en Croatie, au milieu de Dubrovnik. Mais tout ce temps, j'avais ce sentiment subconscient que je savais où ça allait, mais qu'il ne fallait pas me dépêcher d'y arriver. J'y suis finalement arrivé, et j'en suis encore plus heureux que je ne le pensais ! Je pense que c'est naturel que ce que je fais maintenant, qui est très brut quelque part, contienne beaucoup de choses qui appartiennent à toute ma carrière, d'une certaine manière. Ça a du sens. Je pense qu'il qu'il y aura des fans de LEPROUS qui n'aimeront peut-être pas le côté un peu plus minimaliste qu'on a pris récemment. On n'est pas minimalistes du tout, mais du point de vue du prog, on est minimaliste. Et c'est très contrôlé, on s'assure que tout soit bon. Je pense que pour certaines personnes, cette approche moins précautionneuse que j'ai avec ce projet les fera vraiment vibrer. J'ai hâte ! Et j'ai aussi hâte de le jouer en live !
Tu vas d'ailleurs jouer en live très bientôt, notamment au Café de la Danse à Paris le 19 septembre...
Oui, je vais traduire ces chansons avec un groupe plus petit, même s'il ne sera pas si petit, je te dirais ! Ce ne sera pas un orchestre complet, mais ce sera probablement un batteur, un bassiste, deux guitaristes, un claviériste, un violoncelliste et un violoniste. Donc ce ne sera pas si petit. Ça fera beaucoup de monde sur ces scènes (rire) ! Et je ne joue pas sur les mêmes scènes qu'avec LEPROUS ! Donc ce sera pas mal serré sur scène avec les musiciens.
Quand tu adaptes les chansons pour sept ou huit personnes, est-ce que c'est un défi plus difficile que de les avoir écrits initialement ? Tu avais par exemple repris « The Congregation » en acoustique récemment, ce qui semblait complexe !
Non, je pense que ça va aller. Je joue avec des gens super, et je pense que je n'aurai pas besoin de faire grand-chose d'autre que de leur dire ce qu'ils doivent jouer et quand. Ils sont professionnels, et j'ai hâte de le faire !
L'album se termine sur ''Anima Lucis'', « Âme de lumière » en latin. Elle semble se finir de manière très triste, mais aussi très abrupte. Ça m'a pas mal surpris. Peux-tu nous parler de cette fin, et y aura-t-il une suite à cette suite ?
Oh, ''Anima Lucis'' est probablement la première chanson d'amour que j'ai écrite de ma vie. Sans entrer plus en détails, pour moi, cette chanson a plus quelque chose que je dirais mélancolique, ou plutôt nostalgique. Elle est également très calme. Mais je dirais qu'elle est faite pour trouver des émotions profondes en chacun, et s'adresser à quelque chose qui est beau et précieux pour toi en tout cas. C'est un nouveau territoire, pour moi, de parler de choses belles (rire). Généralement, je cherche plus l'inspiration dans les égouts de la vie (rire).
Comment vois-tu l'avenir de ta carrière solo après avoir exploré deux faces très différentes de ta musique sur « 16 » et « Vox Occulta » ?
Eh bien je vais travailler jusqu'à ce que ça devienne faisable pour moi d'utiliser ce projet comme variation quand j'en aurais marre de faire sept tournées à la suite avec LEPROUS. Et honnêtement, j'aimerais bien que ça devienne un peu moitié-moitié, au long terme. Avec LEPROUS, on s'est tous mis d'accords sur le fait que nous tournons trop. On tourne presque plus que quiconque ! Donc on doit reculer un peu pour notre propre bien. Mais je n'arrive pas à rester immobile et à attendre autre chose, donc je veux que ces deux projets coexistent, et que celui-ci me donne hâte de revenir jouer avec LEPROUS à nouveau !
