2 mai 2026, 14:57

BRÜLE

"Beltane"

Album : Beltane

Du temps où le peuple celte célébrait des rituels pour marquer le passage du temps, Beltane était la fête qui symbolisait le retour du printemps. En 2026, ce sabbat tombe le vendredi 1er mai, ce que le groupe de stoner/doom occulte BRÜLE a choisi de rappeler avec la sortie de son deuxième album du même nom. « Beltane » contient sept titres plus électriques les uns que les autres et s’avère idéal pour célébrer le retour des beaux jours.

BRÜLE s’était déjà illustré en juin 2024 avec la sortie d’un premier album rempli d’un doom qui explorait le thème de l’occultisme sous différentes formes. Originaire du nord de la Catalogne et composé d’Arno Bechet (chant, guitare), Jean-Marc Juan Prats (basse) et Carla Boccand (batterie), le trio poursuit l’élaboration de son style : comme son prédécesseur, « Beltane » est vêtu d’une pochette dessinée par le bassiste du groupe et sort en autoproduction. En revanche, les mixage et mastering sont cette fois assurés par le frontman plutôt que par Esben Williams (MONOLORD) qui s’était chargé de celui de « L’œuvre au Noir ». Force est de constater qu’il s’écoute tout aussi bien et recèle le même pouvoir d’attraction.

Parmi les qualités de la musique de BRÜLE, on compte celle de fonctionner aussi bien en français qu’en anglais. Dès les premières notes de "Thélème", on est immédiatement happé par la voix d’Arno Bechet, parfaite pour raconter l’histoire de l’utopie de François Rabelais et de la religion d’Aleister Crowley. Alors qu’on se remet tout juste de ce premier envoûtement, "Eyes Of God", sa batterie chamanique, sa basse lourde et sa guitare mystique absorbent les oreilles dans une narration tout en motifs entêtants et en doom lourd. Et que dire du titre "I Am The Black Hole", de sa basse pareille à une enclume qui n’est pas sans rappeler la noirceur du doom des Italiens 1782, du grésillement vocal qui ajoute encore à l’aspect légendaire du chant, de la batterie aussi précise que dangereuse et de la guitare redoutable ? La formule fonctionne aussi sur "The Wild Hunt" : l’alchimie opère et le plongeon est total.

Nouvelle claque avec "Hollow Child" dont la montée en pression initiale et la batterie puissante ne sont pas sans rappeler la tension instaurée par CASTLE RAT et son fantasy doom. Et si vous vous demandez comment sonne la musique de BRÜLE en live, sachez qu’elle est aussi forte et encore plus électrique. On entre ensuite dans le culte du sixième titre de l’album. L’ambiance est plus sombre et posée avant que les riffs qui rappellent l’occultisme de GREEN LUNG ne nous mènent dans une cérémonie obscure. "War Machine" parachève l’alchimie avec des curseurs davantage poussés et une voix qui nous convainc de rejoindre le Sabbat.

Bien que « Beltane » célèbre le retour des beaux jours et le passage de l’ombre à la lumière, on en vient à se demander si les ténèbres ne sont pas plus accueillantes quand on voit à quel point BRÜLE les fait resplendir. Avec cet album, le trio poursuit son ascension et assied sa place parmi les groupes français immanquables de la famille des musiques sombres fuzzées. Une fois qu’on a fini d’écouter l’album, il ne reste plus qu’une chose à faire : trouver le concert le plus proche de chez soi pour entrer dans le culte.

Blogger : Ivane Payen
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