8 mai 2026, 12:16

ANGRA

Interview Alirio Netto


Depuis ses débuts, ANGRA a toujours trouvé en France un public fidèle et accueillant. Ceux qui y étaient parlent encore avec émotion du tout premier concert à la Locomotive de Paris, le 25 mai 1995, ou de celui donné dans l’insolite cadre de l’Aquaboulevard, le 15 novembre 1996, dont plusieurs extraits fournirent la matière du EP « Holy Live » (1997). Ou encore de ce fameux show au Zénith, le 16 janvier 1999, avec Bruce Dickinson de IRON MAIDEN au rappel, et STRATOVARIUS en première partie… 
Autant de souvenirs qui se bousculent dans notre tête tandis qu'ANGRA, version 2026, vient d’annoncer un événement exceptionnel : son retour à Paris, le 23 septembre prochain, et à l’Olympia s’il vous plaît ! 
Ceci notamment afin de célébrer les 30 ans de « Holy Land », sans doute l’album le plus connu de la formation brésilienne, en le jouant en intégralité… et en plus, en présence du guitariste Kiko Loureiro qui avait quitté le groupe en 2015 pour rejoindre MEGADETH pendant huit ans.
L’occasion aussi de révéler le nouveau chanteur de la formation, Alirio Netto, qui succède donc au micro aux pointures Andre Matos, Edu Falaschi et Fabio Lione. Il a déjà vécu mille vies, connait bien la France, comme il nous l’a raconté lors d’une interview décontractée : sa toute première pour notre beau pays.

 

Alirio, pour ceux qui ne te connaissent pas déjà, il faut d'abord rappeler que tu as une longue carrière derrière toi !
Alirio Netto : J’ai été chanteur toute ma vie. J’ai commencé dans des groupes de reprises de rock au Brésil, puis j’ai pris des leçons, parce que je voulais devenir chanteur d’opéra. Je me suis ensuite tourné vers le théâtre et la comédie musicale, j’ai joué dans « Jesus Christ Superstar » ou dans « We Will Rock You ». Brian May et Roger Taylor m’ont choisi pour tenir le micro dans QUEEN EXTRAVAGANZA, le tribute band officiel de QUEEN. Nous avons donné beaucoup de concerts en France, un pays que j’aime énormément. J’ai aussi chanté dans SHAMAN, et dans 8 albums distribués à travers le monde, certains ayant été produits par Edu Falaschi. J’habite désormais en Espagne, où je donne des cours de chant à des artistes. Enfin, je suis aussi acteur, j’ai tourné dans un film qui devrait sortir au cours du second semestre 2027, « La dernière chanson de la cigale », dont j’ai aussi écrit la musique. Mais là, je deviens le chanteur d’ANGRA, l’un de mes groupes favoris. Mon prédécesseur dans le groupe, Andre Matos, a eu une influence énorme sur moi, tout comme Freddie Mercury. Je joue du piano grâce à eux. A mon avis, tu ne peux pas te contenter de tenir le micro. Il faut aussi maitriser un instrument, même de peu d’importance, ça t’aide à devenir meilleur chanteur. 

Ta carrière confirme que les frontières entre le monde du rock et celui de l’opéra deviennent de plus en plus poreuses…
J’ai pris des cours, j’ai participé à des productions, mais je ne me considère pas comme un chanteur d’opéra. J’ai fait ça pour disposer d’une technique vocale solide. Ca m’aide beaucoup lors des longues tournées, où lorsque j’intègre une comédie musicale, où il faut parfois donner des représentations 7 ou 8 jours d’affilée. Ça me permet de garder mes cordes vocales en forme : j’utilise ces astuces, mais je ne chante pas d’opéra. Je crois que de nombreux chanteurs de metal ont fait de même, sont allés chercher dans l’opéra des techniques qui pouvaient leur être utiles, comme par exemple Ronnie James Dio, Freddie Mercury, Bruce Dickinson, Andre Matos... Pour ce dernier, je sais de source sûre qu’il a étudié auprès d’une cantatrice brésilienne, qui est malheureusement morte durant le covid. Prend Tarja Turunen. Elle est extraordinaire, elle arrive à mixer les deux univers. Mais je crois que cela ne concerne pas que les vocalistes de metal, aussi des  artistes comme Beyoncé ou Cynthia Erivo.  

Si tu peux chanter dans QUEEN EXTRAVAGANZA, tu dois pouvoir tout faire ensuite, non ? 
C’est sûr. Avant de chanter ce répertoire de QUEEN, j’échauffe ma voix de manière différente que si c’était pour ANGRA, par exemple. Freddie Mercury était un ténor, moi aussi, mais sa voix était bien plus puissante que la mienne. Il ne montait certes pas dans les aigus comme le morceau « Carry On », de ANGRA, le nécessite, mais quelle puissance, par exemple dans « The Show Must Go On » ! Dans QUEEN EXTRAVAGANZA, il faut que je me prépare à chanter du rock, de l’opéra, en même temps (il me fait une démonstration, accompagné au piano). Avec ANGRA, c’est différent (nouvelle démonstration, avec un bout de la reprise de « Wuthering Heights », de Kate Bush, ça sent bon pour la prochaine setlist ! ). Il faut à la fois trouver ta propre voix, respecter l’intégrité de la chanson, mais aussi ne pas prendre de risques avec ton organe. Quand j’ai donné mon premier concert avec QUEEN EXTRAVAGANZA, c’était à Las Vegas, j’ai demandé à May et Taylor pourquoi ils m’avaient choisi. Ils auraient pu sélectionner quelqu’un avec un timbre beaucoup plus similaire à celui de Freddie Mercury. Ils m’ont répondu qu’ils avaient besoin de quelqu’un qui rendre justice aux titres de QUEEN, mais que le groupe ne faisait pas de reprises, c’était un tribute band, qui rendait hommage à leur musique. 

Tu as été chanteur de SHAMAN, qui a souvent croisé la route de ANGRA. Mais quand les gens de ANGRA t’ont-ils contacté pour que tu deviennes leur nouveau chanteur ? 
Les rumeurs ont commencé en 2020, alors qu’Edu Falaschi venait juste de quitter le groupe. Celui-ci s’est donc mis en quête d’un nouveau vocaliste, en a contacté plusieurs, dont moi. Ils ont choisi Fabio Lione, qui est un bon ami, et un chanteur talentueux. Mais je connais aussi les musiciens de ANGRA depuis très longtemps, ce sont aussi des copains. Marcelo (Barbosa) est le parrain de ma fille, et moi de la sienne, Rafael (Bittencourt) et Felipe (Andreoli) étaient là à mon mariage, j’ai chanté avec eux à deux ou trois occasions. Mais en décembre, ou janvier, après que Fabio soit parti, ils m’ont appelé, et m’ont demandé si le poste m’intéressait. J’ai répondu oui, parce que c’était l’un de mes rêves, que je vais me donner à fond et rendre justice aux chansons. 


© Angra | DR


Tu vas pouvoir assurer les deux postes et rester avec QUEEN EXTRAVAGANZA ? 
Je ne sais pas. Nous n’en avons pas parlé. Si je veux être honnête avec toi, je dirais que si je devais faire un choix, je préfèrerais rester avec ANGRA. Je discute avec Roger Taylor de temps à autres, je sais que le groupe m’apprécie, et réciproquement. On verra ce qui se passera…

Des trois chanteurs qui t’ont précédé dans ANGRA, Andre Matos, Edu Falaschi et Fabio Lione, quelle est ta période préférée ? 
« Holy Land » est mon album préféré, c’est un chef-d’œuvre. Mais j’aime aussi beaucoup « Temple Of Shadows », « Rebirth », et le dernier, « Cycle Of Pains », ce disque est dingue. C’est dur de trancher, car ce sont trois chanteurs bien différents, chacun possède son propre style. 

Quelles sont les chansons de ANGRA que tu vas sans doute bientôt interpréter sur scène et qui te donnent le frisson ?
Celles de « Holy Land » sont vraiment spéciales pour moi, et particulièrement « Carolina IV », j’adore ce titre, et c’est vraiment mon préféré en ce moment. Je tiens également en haute estime la reprise du « Wuthering Heights » de Kate Bush. J’espère vraiment m’y attaquer. Tout comme « Millenium Sun », de « Rebirth », « Late Redemption » de « Temple Of Shadows », « Tides Of Changes » et « Vida Seca », de « Cycles Of Pain ».

Que peux-tu nous dire à propos du concert au festival Bangers Open Air à Sao Paulo [il s'est tenu après cette interview, le 26 avril NdlR] ?
Le Bangers va être historique, puisque trois différentes formations d'ANGRA vont se succéder sur scène. Je chanterai les titres de la période Andre Matos, Fabio Lione les siens, puis Edu Falaschi, Kiko Loureiro et Aquiles Priester rejoindront le groupe pour les morceaux de l’époque Edu. Et à la fin du show, tout le monde sera sur scène. Je pense que ce sera magique !


Et pour Paris, à l’Olympia, le 23 septembre ?
Je t’ai déjà dit que j’adorais la France. Et j’ai déjà joué à l’Olympia, avec QUEEN EXTRAVAGANZA. Je vais te raconter une anecdote. Avant de rejoindre ANGRA, j’ai fait un tour sur YouTube, pour voir des extraits du groupe en concert en France avec Andre Matos. J’ai tout sauvegardé sur mon ordinateur, même si tout n’est pas de bonne qualité, et j’ai même une cassette vidéo achetée au Brésil il y a des années. Et je me suis toujours dit que si j’avais un jour l’occasion de donner un concert avec ANGRA et à l’Olympia, ce serait vraiment top. Tu peux donc imaginer quel est mon état d’esprit maintenant que ça va se produire et que je vais chanter des titres de « Holy Land ». Je t’assure que c’est un moment que j’ai attendu toute ma vie. Peut-être même plus, et je ne sais pas si je devrais dire ça, que le Bangers Open Air… 

Tu avais rencontré Andre Matos ?
Oui, et je sais qu’il appréciait ma voix. A moment donné, j’étais dans un groupe nommé KHALLICE, avec Marcelo Barbosa, et nous avons fait la première partie de SHAMAN, au Brésil, il y a une bonne vingtaine d’années. Je me souviens que j’avais parlé à Andre parce que je portais un tee-shirt de QUEEN, à l’effigie de l’album « News Of The World », et il m’avait dit qu’il adorait ce disque, que c’était son préféré, et on avait taillé le bout de gras un bon moment. Je me souviens aussi que, après notre première partie, il s’est mis à pleuvoir des trombes d’eau, et SHAMAN n’a jamais pu donner son concert ! Du coup, je n’ai jamais assisté à un concert de SHAMAN avec lui, j’ai dû me contenter de vidéos. 

Après les concerts, est-il prévu que tu enregistres de nouvelles chansons en studio avec ANGRA ?
Rien n’est calé pour l’instant, même si ça arrivera peut-être un jour. Mais là n’est pas la priorité. Notre objectif immédiat, c’est de fêter l’anniversaire de « Holy Land » et de célébrer tous ces grands disques. Kiko Loureiro sera là, ce sera énorme ! Pour l’instant, seuls ces concerts au Brésil et en France sont sur les rails, mais je suis sûr que notre management passe des coups de fil partout pour nous dénicher des opportunités.
 

Blogger : Michel Valentin
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