29 mai 2026, 14:00

HO99O9

Interview theOGM et Eaddy


Peu après avoir retourné le Trabendo de Paris, ainsi que de nombreuses salles en France, HO99O9 s'apprête à passer à l'étape suivante avec une tournée passant par Lorient, La Rochelle, Tours et Toulouse en juin. Nous avons pu rencontrer Eaddy et theOGM à Paris afin de discuter de leur dernier album, l'excellent et explosif « Tomo99ow We Escape », mais aussi de la position unique du groupe dans la scène musicale actuelle, entre rap et punk, entre hardcore et musiques électroniques, mais complètement unique.
 

Vous avez sorti « Tomorrow We Escape » il y a quelques mois maintenant, et il a été très bien reçu par la critique, j'ai l'impression. Que pensez-vous des retours sur cet album ?
theOGM : On se sent plutôt bien, mec ! Je dis souvent ça : je me sens vraiment béni d'avoir le soutien qu'on a à ce stade. On fait ça depuis un petit moment, et c'est vraiment génial que nos fans hardcore continuent à nous suivre, et à comprendre qu'on va toujours pousser vers quelque chose de nouveau, et vers de nouveaux sons, en repoussant évidemment continuellement les limites. Mais c'est super ! C'est un de nos albums les plus cohérents, et j'en suis très content !

Est-ce que vous imaginiez qu'il fonctionnerait aussi bien quand vous le faisiez ?
theOGM : Carrément !
Eaddy : Oui, bien sûr ! Tu sais, quand tu sens que quelque chose est bon, et que tu sais que ça fera le boulot, généralement, ça le fait.
theOGM : Ouais, si les chansons sont bonnes, quand l'art est bon, ça fait ce que ça doit faire. J'aimerais dire qu'on crée les tendances. On a bon goût dans tout ce qu'on fait, et on sait ce qui fonctionne (rire) !

Il y a beaucoup d'émotions dans cet album, et Los Angeles a traversé beaucoup de choses ces derniers mois, avec les incendies, les émeutes, et les politiques qui ciblent systématiquement la ville ces dernières années. A quel point cela a-t-il impacté cet album ?
theOGM : C'est assez dingue parce que certaines des chansons ont été écrites avant-même que les événements n'aient lieu. En réalité, ça se passait depuis longtemps, et on le mettait en lumière. Et ce n'est que quand on a vu les choses arriver aux autres que les gens l'ont remarqué, et que les réseaux sociaux ont commencé à le montrer. Mais le message a toujours été là dans notre musique. Je ne dirais pas que ces choses ont spécialement inspiré la musique, mais ça faisait sens parce que ce dont on a toujours parlé a continué à arriver.
Eaddy : C'était toujours aligné.
theOGM : Oui, c'était aligné depuis toujours.

Vous avez travaillé avec les producteurs français Francis et Charles Caste sur une partie de l'album. Qu'ont-ils ajouté à votre son selon vous ?
theOGM : Francis et Charles sont géniaux ! Ils ont fait les quatre dernières pistes de l'album. Ils ont fait ''Tapeworm'', ''Immortal'' avec CHELSEA WOLFE, ''Godflesh'' et ''L.A. Riots'' ! J'aimerais faire une dédicace à ces gars, c'est super de travailler avec eux ! On connaît Charles depuis peut-être un peu plus de dix ans. On l'a connu à L.A. quand il a vécu à L.A. un petit moment, et il a toujours un peu fait partie de la famille, tu vois ? Quand on leur a dit qu'on voulait faire plus de chansons et de nouveaux albums, il était enthousiaste à l'idée de créer de nouvelles idées pour nous aider à aller où on avait besoin d'aller. Je me souviens être allé vers lui, et il connaissait déjà notre son, mais on lui a donné de nouvelles références parce qu'on veut toujours amener les choses au niveau au-dessus, et ils sont revenus vers nous avec un vrai buffet d'options (rire) ! On avait l'embarras du choix, et de dire « Je veux essayer ça, ça et ça. ». C'était vraiment comme un buffet (rire) !

Je pense que ma chanson préférée de l'album est "LA Riots". Elle a un côté très metal industriel à l'ancienne, à la MINISTRY ou GODFLESH, qu'on retrouve sur le reste de l'album, mais de manière moins apparente. Est-ce que ça faisait partie de votre "moodboard", en concevant les parties instrumentales ?
Eaddy : C'est une des chansons qui est venue des riffs, et de certaines parties de batterie. On aime le côté un peu punk. Que ce soit dans le hardcore, ou dans la new wave, il y a certains rythmes qu'on retrouve, et il y avait certains rythmes et un style de guitare plutôt punk que j'aimais, et on s'est dit qu'il fallait incorporer ça. Il y a beaucoup de trucs « UK 82 » (un sous-genre du punk, ndlr) là-dedans.

Dans les paroles de cette chanson, une phrase en particulier m'a interpellé : « Authority screaming that it's not punk why you doing this ? » (« Les autorités crient « ce n'est pas punk, pourquoi tu fais ça ? » », ndlr). J'ai l'impression que le monde est arrivé à un point où les fascistes prétendent combattre les vrais fascistes selon eux, et se réclament du punk. Comment gardez-vous espoir à cette époque ?
Eaddy : Tout le monde essaie d'établir des règles sur tout. Mais il faut faire ce qu'on veut, être soi-même. Je ne m'occupe pas de toi, donc ne t'occupe pas de moi, et pour citer les paroles, « lâche moi la bite » (rire) ! C'est en gros ce que je dis dans la chanson. « Pourquoi tu fais ci ? Pourquoi tu fais ça ? » putain mais on s'en fout (rire) ! Qui en a quelque chose à foutre ? Tu es censé être punk, mais les punks s'en fichent, et moi je m'en fiche carrément (rire) !

C'est aussi pour ça que j'aime cette chanson (rire) ! Et tu as mentionné les riffs, certains passages semblent samplés mais le son est vraiment très proche sur chaque chanson, et certains passages semblent plus "live", et on trouve d'ailleurs les deux sur ''Upside Down''. Est-ce que vous enregistrez chaque guitare avant de les sampler ?
theOGM : C'est notre pote qui les joue ! Toutes les guitares que tu entends ont été jouées par quelqu'un. Ça sonne comme un sample, parce qu'on y ajoute un effet ou quelque chose, mais tout est bien joué en studio. Notre ami Yung Skrrt est le cerveau derrière ça, et le magicien. Lui aussi on vient le voir avec des idées, on lui dit « On imaginait ça aujourd'hui », puis il sort sa guitare, la branche et commence à caler des riffs, et nous demande « Vous aimez ça ? Et ça ? », puis on valide ou non, et c'est comme ça que la chanson commence toujours.

J'imaginais bien que c'était joué en live, car le son de guitare aide l'album à être cohérent au niveau du son.
theOGM : Oui, c'est important. Si on faisait des samples, ça ne serait pas aussi cool. Ça serait cool, mais il y a quelque chose dans le côté live qui le rend indispensable !

Une autre de mes préférées était ''Tapeworm'', sur laquelle Greg Puciato se lâche complètement ! Pouvez-vous nous parler de cette chanson, et de comment vous l'avez assemblée comme un patchwork de tous vos styles ?
theOGM : Eh bien c'est quelque chose qui est venu naturellement, après qu'on fasse la tournée d'adieux de THE DILLINGER ESCAPE PLAN au Royaume-Uni. On est naturellement devenus très proches, on a une bonne fraternité, et c'est un mec cool, direct et qui a les pieds sur terre. Donc après la fin de la tournée, je bossais sur cet album, et je lui ai dit « Yo, c'est la chanson parfaite pour que Greg vienne ! ». On y sentait comme une énergie à la THE DILLINGER ESCAPE PLAN mais avec notre propre touche personnelle. Donc c'était logique qu'il s'amuse avec ça, et quand il a posé le chant on s'est dit « Wow ! » ! C'était dingue !

C'est vrai que tous les invités sur l'album correspondent vraiment à votre univers !
theOGM : Oui, c'est très important. On ne veut pas forcer un featuring ou faire quelque chose qui nous trahisse. Mais en même temps, on aime jeter des trucs dans les rouages de temps en temps, et faire quelque chose auquel personne ne s'attendrait ! On aime toutes sortes de musique, donc on veut pouvoir travailler avec toutes sortes d'artistes. Mais ceux-là ont très bien marché !

Sur cet album ils font partie intégrante des chansons, tandis que par exemple Corey Taylor était comme une surprise, comme un « jumpscare » de film d'horreur, sur « Bite My Face » (présent sur l'album précédent, « Skin », ndlr) !
theOGM : Ouais (rire) ! Le moment où il arrive tu te dis « Oh merde ! » !

La collaboration la plus inattendue reste cependant ''Immortal'', avec CHELSEA WOLFE. Et ça donne un morceau magnifique qui semble très personnel. Combien d'énergie cela a-t-il pris d'enregistrer une si belle chanson ?
theOGM : A vrai dire, presque la même quantité d'énergie, parce qu'on ne l'a pas approchée de manière agressive. Mais la manière de la créer a pris longtemps. On l'a vue à un festival, on était fans d'elle, et un de mes amis la connaissait, et nous a mis en contact. Je lui ai envoyé de la musique, en lui proposant plusieurs options, et elle aimait plus celle-ci parmi ces propositions. Elle a donc renvoyé le chant, et quand j'ai entendu celui-ci, je me suis dit « C'est génial ! ». C'était l'équilibre parfait dont on avait besoin ! Et on a beaucoup travaillé sur la partie musicale, pour arriver à un stade où ça semblait puissant. C'était important que cette chanson semble puissante et belle, en juxtaposition. ''L.A. Riots'' est la chanson qui arrive juste après, ou quelque chose comme ça, donc il faut être capable d'aller d'une ambiance à une autre totalement différente.

C'est un peu une manière de travailler qui rappelle celle de Trent Reznor et NINE INCH NAILS...
theOGM : Exactement, oui !
Eaddy : On travaille vraiment sur les transitions, il faut que celles-ci soient fluides.

Quand vous chantez des chansons très émotives comme sur ''Immortal'', est-ce que vous travaillez un peu sur votre humeur, comme dans le théâtre, pour faire transparaître le sentiment que vous voulez exprimer ?
theOGM : C'est vrai, j'ai à vrai dire dû refaire cette partie plusieurs fois. Parce que c'est vrai, il faut entrer dans cette zone pour faire ressortir les sentiments. Je pourrais le faire n'importe quand, mais ça ne ressortirait pas pareil. Donc oui, ça m'a pris plusieurs essais pour y arriver ! C'est vraiment comme le théâtre (rire) !

D'habitude, avez-vous des sessions d'écriture pour vos paroles, ou écrivez-vous un peu comme ça vient, au fur à mesure ?
Eaddy : Il nous faut l'instrumentale en premier. On teste des choses en écoutant le beat, ou le son qui arrive en premier. Parce que ça dicte ce qu'on va écrire. La manière dont sonne le beat et ce qu'il te fait ressentir se projettent sur ce que tu écris et ce que tu dis.
theOGM : J'écris quand je suis chez moi. On travaille constamment sur la musique, donc j'essaie constamment d'innover. Sur de nouvelles chansons, je fais généralement des prises vocales sur lesquelles j'essaie des choses que je trouve cool, ou qui ne sont pas assez cool pour HO99O9 mais dont je peux amener le concept dans ce qu'on fait. Donc j'essaie constamment. J'essaie encore et encore. Mais comme Eaddy le disait, on écoute d'abord la musique. La musique te parle toujours, elle te mène toujours à te dire « OK, ça me fait me sentir comme ça, c'est vers là que je vais aller. ».

Quelle chanson de l'album correspondrait le mieux à votre humeur aujourd'hui ?
theOGM : Je suis d'humeur détendue, donc ce sera probablement soit ''Psychic Jumper'' soit l'intro, pour vraiment se relaxer, tu vois. Et c'est vraiment au milieu du chaos que le monde traverse maintenant. C'est pour ça que c'est parfait dans l'album, parce qu'il faut qu'il y ait des moments plus lumineux au milieu de tout ça. Donc je me sens plutôt comme ''Psychic Jumper'' dans cette pièce, là, tout de suite.
Eaddy : Je dirais que je suis dans le même état d'esprit.
theOGM : Demain je me sentirais peut-être d'humeur à écouter ''Target Practice'', là, je me sens bien, mais demain ce sera peut-être ''OK, I'm Reloaded'' (rire) !
Eaddy : Ouais, mais notre humeur aujourd'hui c'est vraiment ces deux chansons, c'est sûr.

Vous avez joué plusieurs concerts complets en France en février et en mars. Comment ça s'est passé pour vous ?
theOGM : Mec, les concerts étaient si bons ! C'était génial ! Tous les concerts français étaient complets, ils ont été impressionnants ! Et Paris était si chaotique ! C'était probablement notre concert le plus chaotique de la tournée, parce que toute la soirée était dingue.
Eaddy : C'était un chaos absolument sublime !
theOGM : Ouais, il y avait constamment des gens qui sautaient sur scène, pendant toutes les chansons du début à la fin ! Tout le monde était en sueur. Il y avait un gars qui était vraiment bourré, et il s'amusait un peu trop. Je veux que les gens puissent venir passer un bon moment, et être comme ils sont, mais il faut venir avec du respect, par contre. Il faut contrôler ce que tu prends, que ce soit de la drogue ou de l'alcool, et il faut boire de l'eau, en faisant attention à ceux qui t'entourent. Amuse-toi, sois agressif, mais fais attention à ceux autour de toi. Et lui, il faisait n'importe quoi. La sécurité a dû le sortir. J'espère qu'il va bien ! Il avait notre t shirt donc il est venu par amour du groupe, et j'apprécie ce gars, mais la prochaine fois il faut qu'il y aille un peu plus doucement (rire) !

Vous avez joué avec N8NOFACE sur cette tournée. Je l'ai découvert sur la tournée avec LIMP BIZKIT l'année dernière, et je me demandais comment vous l'aviez choisi, car sa musique est très expérimentale, encore plus que la vôtre, bien qu'on y sente énormément d'émotions.
theOGM : Ouais, il a toujours été un de nos bons amis. On le connaît depuis avant-même d'avoir fondé le groupe ! Et on a toujours été partisans d'aider nos amis, notre communauté et notre famille autant qu'on peut. Donc quand on a l'opportunité, et qu'on voit que tu travailles dur, que tu es passionné et sérieux sur ce que tu fais, on va t'aider autant qu'on peut. On a toujours voulu l'emmener en tournée, et on avait essayé en 2017 ou 2018, mais il avait des soucis à l'époque et n'avait pas de passeport. Aujourd'hui il a réglé tout ça et a un passeport, donc on avait hâte d'exposer le monde à sa musique ! Et il raconte super bien les choses, c'est une être humain incroyable ! C'est un mec sympa, et même si sa musique est expérimentale, si tu écoutes les paroles, tu sais que ça vient du cœur. Il raconte des histoires vraies. Son parcours en lui-même est dingue... Vraiment, dédicace à N8NOFACE ! On est très heureux de l'avoir emmené sur la tournée.

Votre popularité en France semble vraiment aller toujours plus haut, que ce soit dans la scène punk ou la scène hardcore. Comment sentez-vous que votre relation à la France a évolué ?
Eaddy : C'est magnifique, mec !
theOGM : Parfois on a du mal à le croire, parce qu'on est toujours deux gamins, pas vrai ? Enfin, on n'est plus jeunes, mais on est toujours ces deux gamins de quand on a démarré. Et d'être aussi loin de chez nous... Évidemment, on est basés à Los Angeles maintenant, mais d'être si loin de chez nous et recevoir tant d'amour dans un autre pays, et dans d'autres parties du monde, c'est dingue. Je suis très reconnaissant de la France en général. Tous les concerts étaient complets, on a joué 5 ou 6 concerts et c'était plein à chaque fois ! Donc on reçoit beaucoup d'amour ici.

On vous reverra bientôt, non (retrouvez HO99O9 en tournée en juin dans toute la France, ndlr) ?
theOGM : Ouais, on veut sortir plus de musique. Cette fois on ne veut pas prendre autant de temps pour sortir le prochain album, donc on va travailler dessus. Et une fois qu'on aura de nouvelles chansons, et qu'on se sentira confiants à propos de celles-ci, on ressortira en tournée !

Quel type d'esthétique voulez-vous explorer pour vos prochaines chansons ?
Eaddy : C'est la vie de tous les jours qui nous inspire. C'est ce qui nous viendra sur le moment. On va exprimer ce qu'on traverse ou ce que quelqu'un d'autre traversera. C'est un signe du temps.
theOGM : Ouais, ce sera encore plus personnel, et on va pencher des deux côtés, c'est à dire que ce sera toujours très hard, mais on se penchera aussi vers la beauté, parce que ça correspond à ce que je vis actuellement. Parce que j'ai un fils qui a quatre ans, donc il y a des moments où je réalise à quel point être père est cool. En plus il adore la musique qu'on fait, et d'ailleurs il aime des trucs encore plus hard que ce qu'on fait (rire) ! C'est trop cool de voir ça, donc je veux pouvoir parler de ces choses, et mettre ça en musique. On va donc pencher des deux côtés. Le prochain album sera toujours putain de puissant, mais il y aura aussi de beaux moments. On va continuer à faire ça. On a déjà des idées !

On voit beaucoup la scène hardcore et la scène rap se rapprocher à nouveau, j'adore ça !
theOGM : Les deux scènes ont été proches auparavant, mais je pense que les jeunes commencent à mieux le comprendre, mais ça a toujours été un peu là, pas vrai ?
Eaddy : Oui.
theOGM : Je pense qu'il y a toujours eu des hauts et des bas entre le rock et le rap. Il y a toujours eu ça. Quand le rock était numéro un, le rap était en arrière-plan. Aujourd'hui le rap est numéro un, et le rock est encore là ! Et ça revient à se demander où ils peuvent se rencontrer à nouveau.


​Comment la scène rap vous perçoit-elle aux Etats-Unis ? Parce qu'ici vous êtes vraiment acclamés, notamment par la scène punk...
theOGM : C'est un peu plus difficile, parce qu'on n'a pas pris la route de faire du rap traditionnel, ou des chansons hip hop traditionnelles. Et ce n'est pas qu'on n'aime pas ça, on vient de là, et on a des morceaux comme ça qu'on ne met juste pas dans les albums. Mais je pense que si on le faisait plus souvent, les gens commenceraient... Peut-être pas à l'accepter parce que c'est déjà le cas, vu qu'on en vient, mais je pense que c'est à nous de continuer à pousser cette narration. Plus on montrera aux gens que c'est ce qu'on fait, plus ce sera facile pour eux de le comprendre, tu vois ? C'est juste qu'on ne fait pas trop d'effort pour ça. On ne veut vraiment pas faire ce que d'autres font. Ça a toujours été notre devise. Même si c'est quelque chose comme une boucle jazz, on aura peut-être une approche du chant totalement différente. Même sur une chanson trap, on approchera les paroles ou le sujet de manière totalement différent. On ne parle pas de voitures et d'argent, tu vois ? Ce sera donc toujours une approche différente, et c'est, je pense, ce qui nous différencie un peu du rap. Mais c'est intéressant car les rappeurs veulent aussi être des rockstars... Donc je ne sais pas, je pense qu'il faut que chacun fasse ce qu'il veut et s'éclate avec ça ! Et on fera toujours ce qu'on veut. On n'a jamais trop fait attention à ce que la scène rap pense de nous. Mais c'était intéressant, on a joué à Rolling Loud (le plus grand festival rap du monde, ndlr). C'était notre première fois là-bas, et c'est là que j'ai ressenti qu'il fallait qu'on travaille dur sur ce côté de notre musique. Parce qu'on a passé beaucoup de temps à se concentrer sur la scène rock... La plupart des festivals où on a joué ont été un mélange de festivals rock, ou de festivals plus généralistes, avec de la musique électronique, industrielle, et tout ça. Mais on n'avait jamais fait de grand concert de rap comme ça ! Mais on peut aussi faire ça. On avait joué un concert avec Ghostface Killa et Denzel Curry, et c'était dingue ! On a joué avec Lil B... On a même ouvert pour Lil Uzi Vert ! On pourrait être dans tous ces espaces, mais je pense juste que les gens essaient de nous comprendre. Ils se demandent un peu qui on est, et ce qui se passe. Ils nous trouvent un peu bizarres. La culture rap est un peu fermée, aussi ouverte qu'elle soit. Parce que notre manière d'être, notre manière de nous habiller, notre style et le type de musique qu'on fait nous exclut un peu, tu vois ? Donc c'est là que se fait la différence.

C'est bizarre parce que c'était l'approche de Kendrick Lamar sur « To Pimp A Butterfly » aussi, mais lui a été acclamé par tout le monde parce que c'était plus calme musicalement.
theOGM : Exactement, il faut faire ce qu'on veut dans la vie. Il a sorti l'album que les gens voulaient entendre avec « Good Kid M.A.A.D. City », avec tous les hits et le scénario qui s'enchaînent, puis il a sorti « To Pimp A Butterfly », qui était de la musique qui provoquait plus de réflexion... Et c'est toujours aussi génial ! Donc finalement, autant continuer à faire ce qu'on veut, tant que c'est sincère. Si tu racontes ta vérité, et que c'est sincère, ça va aller. Tout va bien se passer.

Blogger : Jed Mosley
Au sujet de l'auteur
Jed Mosley
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK