
Amateurs de rock alternatif de tous bords, et de tous âges, vous avez sans doute vu passer dans les années 2000 au moins un single de SKILLET. Que ce soit ''Monster'', ''Invincible'', ''Awake And Alive'' ou encore ''Whispers In The Dark'', impossible de passer à côté de ce quartet qui remplit les stades aux Etats-Unis depuis des années. En Europe, il aura fallu attendre 2026 pour les voir enfin remplir une arène, et pas n'importe laquelle : le Zénith de Paris ! Ce soir, la salle est comble pour accueillir John Cooper, Korey Cooper, Jen Ledger et Seth Morrison dans le cadre de leur tournée « Revolution », et tout le public est déjà présent pour accueillir les Français de STORM ORCHESTRA, qui ouvrent la soirée.
C'est avec une nouvelle intro que le trio français STORM ORCHESTRA fait son entrée, et dès l'arrivée de Loïc Fouquet, on réalise que le groupe a énormément progressé au niveau de sa production, tant les lumières sont travaillées ! Pour ceux comme moi qui les ont vus à l'Olympia avec THE WARNING ou BLACK STONE CHERRY et Ayron Jones, c'est un vrai plaisir de voir à quel point le show a progressé. Arrivent ensuite Maxime Goudard (chant, guitare) et Adrien Richard (basse, choeurs) et le rock alternatif débridé du trio peut emporter l'arène ! Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il fait mouche ! Dès ''Bright Soul'', la foule répond du tac au tac à Maxime, qui réalise assez vite qu'il peut largement s'amuser avec celle-ci. ''Piece Of You'' prend la suite avec ses riffs à la ROYAL BLOOD, avant que ''Drummer'' ne soit introduite par Loïc, demandant si des batteurs sont présents dans la salle (et effectivement, il y en avait). Les interactions sont nombreuses, et STORM ORCHESTRA se permet même de petites blagues, comme un sample de Marvin Gaye après avoir annoncé que la prochaine chanson parlerait d'amour. ''Superplayer'' est l'occasion de faire hurler la foule déjà chauffée à blanc, prête à jouer à qui gueule le plus fort et à enchaîner sur e plus heavy ''Tones Of The Thunder'', qui lancera un premier petit pogo dans la fosse du Zénith. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et STORM ORCHESTRA annonce que ''Suspect'' sera le dernier morceau, et la dernière occasion de chanter avec eux ce soir. L'occasion est saisie au vol par un public en délire, et c'est sous une véritable ovation que le trio français quitte la scène, un sourire gigantesque au coin des lèvres. STORM ORCHESTRA a énormément progressé grâce à l’album « Get Well », et il devient absolument incontournable de voir le groupe tant le show devient efficace au fil des mois. Un grand merci à la production et à SKILLET d'avoir choisi nos français en première partie, car on est déjà à bloc pour accueillir les Américains quelques minutes plus tard !

Après une intro grandiose, SKILLET, le quatuor de rock alternatif chrétien le plus connu du monde, monte sur scène. Devant plusieurs écrans en fond de scène, et un écran en forme du S du logo de SKILLET, le groupe lance les hostilités avec un ''Surviving The Game'' bien senti, qui emporte immédiatement l'adhésion du public à grand renfort de machines à fumée et d'effets de lumière travaillés. Tout est irréprochable dans leur jeu de scène et dans la mise en avant de celui-ci, et cela se confirme sur le désormais classique ''Invincible'' qui vient renforcer cette entrée en matière, ainsi que ''Rise'', qui termine ce trio de hits venant frapper comme un combo. Les Américains ont des chansons efficaces et connues et n'hésitent pas à s'en servir d'entrée de jeu ! Soudain, John Cooper enfile des lanceurs de fumée sur ses bras pour lancer un classique absolu : ''Awake and Alive'' ! Faisant diversion pour la foule impressionnée par cet effet de scène rare, il nous cache qu'un autre effet très rare se prépare sur le même morceau : Korey Cooper et Seth Morrison sont montés sur des plateformes aux allures de petits ascenseurs, et se meuvent verticalement durant tout le morceau, offrant un tableau aussi impressionnant que réussi.
Un petit discours plus tard, ''Sick Of It'' se voit introduit par quelques notes de ''Livin' On A Prayer'' de BON JOVI, avant que le public ne saute comme une seule personne. Un petit wall of death se forme dans la fosse pendant que John commence à filmer le Zénith avec son téléphone. ''Legendary'' sera l'occasion pour nous de nous concentrer sur les visuels projetés sur les écrans, bien animés et sans aucune IA, ceux-ci sont parfaitement synchronisés avec la musique jouée par SKILLET en avant de scène, et contribue énormément à la dynamique qu'on observe même de loin (Korey Cooper et son jeu de scène hyper énergique aussi, il faut le dire). Un passage un peu plus calme offre un instant d’émotion au public français, le poussant à allumer les lumières de téléphone pour les ballades ''Ash In The Wind'' et ''Never Surrender'', qui marquent la première moitié de ce concert quasi anthologique.

Le hit ''Whispers In The Dark'' fait alors son entrée par surprise, et fait hurler les « millenials » présents dans l'arène de la Villette, alors que le riff suraigu de Seth Morrison leur rappelle leurs années collège (j'en fais partie, je vous l'avoue). Le morceau est simple et efficace, et les flammes projetées sur les écrans sont aussi efficaces que de vrais lance flammes. Après avoir déclaré son amour pour la France dans un français avec un accent « so American », John Cooper nous annonce qu'il s'agit de la date la plus grosse de la tournée pour le moment, et qu'il a du mal à croire la foule devant lui. Avant d'introduire ''Lions'', il annonce qu'ils vont devoir revenir, mais aussi qu'il estime que la musique « aide les gens à se sentir mieux dans un monde devenu fou », « peu importe le pays, les gens, la couleur de peau ou ce que vous pensez de la politique, le rock fait se sentir mieux et aide à traverser la dépression ». Il dit ne pas prêcher, ni imposer son avis, mais souligne que Jésus l'a sauvé, avant de lui dédier le hit ''Hero''. Ce discours, bien que tout le monde ne soit pas forcément religieux dans la salle, a le mérite d'être clair : chacun est accepté ici sous l'étendard de la musique ! Pour ''Hero'', il est aussi à souligner que Jen Ledger a un rôle encore plus prédominant au chant que sur les autres morceaux, et s'avance donc au même niveau que John Cooper, laissant temporairement la batterie à son drum tech, pour le plus grand plaisir des fans venus autant pour la voir que pour voir John, Korey et Seth.

L'enchaînement de hits continue tranquillement, et bien que John Cooper filme beaucoup (trop) la foule avec son téléphone, l'ambiance ne redescend pas une seconde, grâce à un enchaînement à l'efficacité absolument imparable : ''Unpopular'', single le plus apprécié de l'album « Revolution » laisse place à un solo de guitare assez court introduisant efficacement ''Psycho In My Head'', qui voit arriver des slammeurs de plus en plus nombreux grâce à son énergie quasiment metal. Mais le trio de morceaux final achève de convaincre le public parisien : ''Comatose'', fait se lever l'intégralité des gradins tant la chanson et l'ère à laquelle il renvoie est chère au public de SKILLET, qui reprend tout en cœur du premier au dernier mot ! John s'essouffle un peu, mais introduit ensuite ''Monster'', probablement la plus connue des Américains, avec des visuels cartoons très réussis sur les écrans, avant de quitter brièvement la scène. Bien entendu ce n'est que pour mieux introduite le rappel : ''The Resistance'' et son appel à l'amour, qui déclenche une véritable ovation.
Si SKILLET évoque la nostalgie des années 2000 aux trentenaires comme moi, on ne peut pas nier que l'efficacité du quatuor n'a pas baissé après plus de 35 ans de carrière, et on a du mal à réaliser en fin de set combien de hits on a vu défiler. SKILLET est une machine de guerre sur scène, et ce concert au Zénith de Paris le prouve ! Vivement la prochaine tournée pour voir jusqu'où ils peuvent aller dans nos contrées, encore en conquête pour eux si on compare leur popularité ici à celle qu'ils ont aux Etats-Unis... SKILLET a fait carton plein ce soir sur tous les plans, en tout cas !
Photos © Benjamin Delacoux - Porfolio
